Éducation

Réforme de la plateforme APB : "ne surtout pas introduire de pré-requis à l'entrée en fac" demande l'AGEMP à Toulouse

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse vendredi 13 octobre 2017 à 8:55

L'Université Jean Jaurès à Toulouse accueille l'UFR psychologie, l'une des filières les plus saturées.
L'Université Jean Jaurès à Toulouse accueille l'UFR psychologie, l'une des filières les plus saturées. © Radio France - Bénédicte Dupont

Le Salon de l'Etudiant ouvre ce samedi 14 octobre au Parc des Expos de Toulouse. Il y sera question d'orientation, une nouvelle plateforme d'admission post-bac est sensée voir le jour dans les prochains mois. C'est la réforme du très polémique dispositif APB. Décryptage.

Ce fut le feuilleton de l'été. La saturation du portait internet d'admission post-bac, l'APB, créé en 2003 et généralisé en 2009, avec 40.000 bacheliers supplémentaires, le système a craqué. La faille a obligé 100.000 étudiants à se réorienter, et ce à cause de la multiplication des tirages au sort pour les filières où les demandes sont supérieures aux place. 65.000 candidats se sont retrouvés sans réponse avant l'été et quelque 3.700 étaient toujours sur le carreau fin septembre. Le Ministère de l'Education planche actuellement avec les syndicats étudiants sur un nouveau dispositif.

Maryse Rossi, étudiante sage-femme à Paul-Sabatier et présidente de l'Agemp, l'Association Générale Etudiante de Midi Pyrénées, membre de la Fage, était notre invitée ce vendredi 13 octobre.

Maryse Rossi, présidente de l'Association Générale Etudiante de Midi Pyrénées (AGEMP). - Radio France
Maryse Rossi, présidente de l'Association Générale Etudiante de Midi Pyrénées (AGEMP). © Radio France - Alban Forlot

INVITÉE - Maryse Rossi, présidente de l'Association Générale Etudiante de Midi Pyrénées (6'00'')

Bénédicte Dupont : Que s'est-il passé cet été pour ces bacheliers qui attendaient de savoir si leurs vœux universitaires étaient exaucés ?

Le site a saturé, et il y avait de nouvelles modalités avec des "pastilles" pour les filières sous-tension, mais ces filières là se sont retrouvées sur-surbookées quand même. Résultat, des étudiants n'avaient pas de solution. Aujourd'hui encore, des lycéens sont dans des formations inadéquates par rapport à leur projet, ou alors dans le privé ce qu'ils n’avaient pas prévu à la base. Certains ont même abandonné la poursuite d'études. Et puis, des étudiants en 3ème année de licence, notamment à Paul-Sabatier, n'ont pas de place en Master.

À cause d'APB, certains bacheliers se retrouvent cette année dans des formations dont ils ne voulaient pas, obligés d'aller dans le privé, ou pire ils ont arrêté leurs études.

Quel est le problème ?

Il n'y a pas assez de places, notamment en Staps, et en économie. Il y a un problème d'information des étudiant à la base : on n'amène pas forcément les bons étudiants dans la bonne filière, c'est le cas pour les Staps. Il y a aussi une mauvaise lisibilité de la formation et sur ses débouchés, les étudiants s'orientent mal. On n'arrive pas à définir les compétences que les étudiants acquièrent dans ces études, ça les empêche de bien s'insérer ensuite dans le marché du travail.

Vous voulez dire que les jeunes connaissent mal les métiers et les filières de formation ?

Oui il y a un problème dès le collège sur l'orientation. Les collégiens s'orientent soit vers un bac pro, soit vers le général, il y a une ségrégation, disons une orientation définie, dès le collège. Ils connaissent mal les débouchés des formations. Il faudrait des ateliers de découverte des métiers et des formations, dès le collège.

Les lycéens n'ont pas assez d'information sur les débouchés des filières.

Paul Sabatier (Toulouse III) gère les STAPS, où le tirage au sort est appliqué. - Radio France
Paul Sabatier (Toulouse III) gère les STAPS, où le tirage au sort est appliqué. © Radio France - Bénédicte Dupont

La plateforme APB va disparaître, pour laisser place à un nouveau dispositif. En savez-vous davantage ?

Rien n'est fixé, les concertations sont toujours en cours au ministère, on aura une réponse définitive le 19 octobre. Les négociations auront encore lieu ensuite, donc on devrait savoir si APB disparaît cette année mi-novembre.

Tout le monde est d'accord en tous cas sur l'arrêt des tirages au sort...

Oui, cela existe à Toulouse chez les Staps (Paul-Sabatier) et en économie (Capitole), pour désigner au hasard ceux qui peuvent rentrer. Il faut l'éliminer mais il ne faut pas mettre n'importe quoi à la place du tirage au sort. Nous sommes contre les pré-requis, les conditions d'accès à l'université, par exemple avoir un bac scientifique pour entrer en Paces (médecine) ou en bio. Il y a déjà une orientation en amont, et elle est sociale : les jeunes qui vont en bac techno ou pro seraient de fait empêchés de se réorienter ensuite vers des filières universitaires plus longues.

On ne veut pas de condition d'accès aux filières, cela discriminerait ceux qui ont choisi un autre bac que le général.

On parle beaucoup de l'apprentissage en ce moment. Ça ne séduit toujours pas les jeunes ?

C'est vrai qu'il est entaché d'une image négative : ceux qui ont de mauvaises notes vont en filière professionnelle ou technologique. Ça n'est pas souvent un véritable choix, une orientation choisie de la part des enseignants et des étudiants.

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