Éducation

Réfugiés : au Mans, l'Université met les bouchées doubles sur les cours de français

Par Alexandre Chassignon, France Bleu Maine jeudi 15 décembre 2016 à 5:00

Une vingtaine de personnes, autour d'E.Elmaleh et P.Salam (au centre) interviennent dans les cours donnés aux réfugiés comme Marianna (à droite)
Une vingtaine de personnes, autour d'E.Elmaleh et P.Salam (au centre) interviennent dans les cours donnés aux réfugiés comme Marianna (à droite) © Radio France - Alexandre Chassignon

L'Université du Maine va plus que doubler son dispositif d'enseignement du français aux réfugiés et demandeurs d'asile. C'est une info France Bleu Maine : ces cours accueilleront 60 personnes dès janvier. Ils sont réservés à des candidats choisis sur dossier en vue de reprendre des études.

Il y a un an, ils n'existaient pas. A la rentrée de janvier les cours de français que l'Université du Maine dispense aux réfugiés et aux demandeurs d'asile concerneront 60 personnes.

Faute de budget, le dispositif s'appuie sur des bénévoles, enseignants ou non. Ils ont été formés pour pouvoir encadrer ces groupes de niveaux. Une partie des cours est commune avec les étudiants étrangers inscrits dans diverses filières.

D'abord le français, ensuite une spécialité

L'objectif est que les réfugiés atteignent un niveau suffisant pour comprendre des cours magistraux. Ils rejoindront alors une filière classique. "On ne les envoie pas au casse-pipe", résume Pierre Salam, professeur de français et directeur du centre de ressources en langues, qui coordonne ces efforts.

Les réfugiés en cours, "un public très volontaire, parce qu'il y a un projet" — Pierre Salam

Avant même d'entamer les cours, les candidats sont sélectionnés. Ils doivent préciser leurs attentes dans une lettre de motivation, car l'Université concentre ses efforts sur ceux qui veulent entamer ou reprendre des études. "C'est notre public naturel" insiste Eliane Elmaleh, enseignante d'anglais et vice-présidente aux relations internationales.

Les filières les plus demandées sont plutôt scientifiques : biologie, chimie, informatique... deux jeunes réfugiés veulent faire médecine, d'autres du droit. Marianna, une Syrienne de 24 ans, vise une licence de littérature anglaise. Elle fréquente le campus manceau depuis 6 mois et suit déjà quelques cours en auditrice libre. Les Syriens sont les plus nombreux parmi les 25 premiers élèves mais 16 nationalités sont représentées.

Des dizaines de demandes

Avoir un projet d'études change beaucoup des choses, explique Moises, étudiant en master 2 "métiers du Français langue étrangère" (FLE). Il donne aussi des cours depuis la rentrée et a remarqué que ces réfugiés sont des élèves appliqués et que beaucoup ont vite progressé.

"Les résultats des tests de fin d'année sont bons", confirme Fanny Laude-Molina, l'une des employées du service international. Plusieurs dizaines de réfugiés ont ainsi passé sa porte cette année : 70 dossiers déposés pour le premier semestre, 50 pour le second. Le service vient de renforcer son équipe administrative pour mieux suivre à la fois les bénévoles-enseignants et les "apprenants". L''Université du Maine s'attend à ce que la demande pour ces cours reste très importante dans les années qui viennent.