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Éducation

REGARDS CROISÉS – Maëva et sa maman racontent sept ans de phobie scolaire

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Par , France Bleu

Maëva a souffert de phobie scolaire de la sixième à la terminale. Pour essayer de comprendre pourquoi et comment cette phobie s'est développée, elle nous explique, au côté de sa mère, son histoire.

La phobie scolaire, cette peur inexplicable d'entrer dans une salle de classe est une peur quasi-inconnue. Qui pourrait imaginer qu'un(e) enfant ou un(e) adolescent(e) puisse être mal au point de ne pas pouvoir aller à l'école ? C'est ce qu'a vécu Maëva. Sous des apparences de jeune fille, cette jeune femme de 20 ans aujourd'hui a connu l'enfer pendant son adolescence.

"La phobie scolaire, ce n’est pas une maladie."

Non, « ce n’est pas une maladie » selon Maëva. C’est une peur irrationnelle. Peur de l’école et des personnes qui peuvent s’y trouver. Le collège est une étape difficile pour tous les enfants, mais elle est encore plus difficile pour des enfants angoissés, elle l’était. « J’avais l’impression de me trouver comme dans une fosse avec des lions. » Elle ne connaissait personne et s’est vite sentie à l’écart. Elle a rencontré une amie qui a « beaucoup contribuée » au développement de sa phobie scolaire. Insultes, jugements sur le physique… Autant de blessures qui ont atteint la jeune fille jusqu’à même parfois vouloir mourir.

"Elle avait un visage triste, elle faisait une dépression."

Maëva n’a pas été la seule personne atteinte par cette phobie. Lorsqu’elle se développe chez l’enfant, les impacts sur la famille sont énormes. La mère de Maëva, Marie, s’est très vite sentie seule face aux maux de sa fille. Est-ce un caprice ? Vers qui dois-je me tourner pour me faire aider ? Est-ce que je dis à ma fille de ne peut plus aller à l'école ? Est-ce que je la force à y aller ? Des questions qui ont mis des années à trouver une réponse.
 

La maman de Maëva ne se rendait pas forcément compte au début que sa fille allait si mal. Il a fallu environ 3 ans pour que des mots soient posés sur ses angoisses.

Marie ne pouvait pas trouver de réconfort auprès de sa famille, des enseignants ou de ses amis. L’incompréhension était totale, Marie était considérée comme une maman trop laxiste. « Un bon coup de pied au cul et elle va y retourner, qu’est-ce-que c’est que ce caprice ? L’école est obligatoire. » Sauf que non. Le coup de pied au cul n’aurait rien donné, Marie n’avait aucune solution pour faire en sorte que sa fille retrouve les bancs de l’école.

"On a peur de croiser les gens du collège" 

Comme il était impossible pour Maëva de retourner au collège, à partir de la 3ème, sa mère a mis en place les cours par correspondance avec le CNED. Un soulagement pour la mère et la fille qui pensaient avoir trouvé la solution. Néanmoins, les cours par correspondance ne traitent pas la dimension sociale. Maëva a développé une phobie sociale.
Elle ne sortait plus. Même pour aller se balader avec sa mère, faire du shopping, c’est fini. Comme l’explique Marie, « ça se réduisait à peau de chagrin, elle s’occupait de son animal de compagnie. Elle vivait chez ses grands-parents. Son réseau, sa vie sociale s’arrêtaient là. »

Elle avait peur de tout. Peur d’un attentat dans son petit village de campagne, peur de croiser ses anciens camarades de classes, elle avait l’impression d’être « un poids pour la société ».

« Aujourd’hui, elle va bien, c’est important de le dire »

Maëva a aujourd’hui 20 ans et elle va bien. Elle a obtenu son bac en candidat libre avec mention bien. Elle n’a pas continué les études par la suite. Elle a enchaîné avec un service civique auprès de personnes âgées dans une maison de retraite. Une expérience enrichissante pour la jeune femme qui a découvert qu’elle était capable de réussir. Depuis elle travaille au sein d’une organisation nationale française. Très épanouie, elle a repris goût à la vie. Elle a une vie sociale, un travail, un appartement. Tout ce qui lui permet d’être épanouie et d’avancer sereinement dans la vie.

Avec le recul, mère et fille peuvent à présent définir la façon de réagir et de se comporter dans une situation de la sorte. Toutes les deux sont d’accord pour dire qu’il ne faut pas croire qu’il n’y a que le système scolaire classique. Bien que l’école soit obligatoire jusqu’à 16 ans en France, il est possible pour l’enfant d’effectuer sa scolarité par correspondance tout en continuant de garder du lien social avec des activités extra-scolaires qui lui plaisent. Il existe aussi des classes qui accueillent des élèves en Phobie Scolaire. Cela peut être une solution puisque l’enfant ne se sentira pas seul face à ce problème. Le parent non plus, il pourra aussi trouver conseil envers des parents dans le même cas.

« Ce n’est pas si grave, c’est peut-être vous qui avez raison », Marie souhaite faire comprendre qu’il faut savoir écouter son enfant et surtout savoir s’adapter parce que, selon elle, le système scolaire classique n’est pas adapté à tous les enfants.

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