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Éducation

Reims : l'école privée d'Espérance Banlieues ne veut pas déménager et recrute plus d'élèves

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Le Cours Colibri, l'école du Réseau Espérance Banlieues, veut repartir pour une deuxième année à Reims. Elle veut rester dans les locaux de l'école Louis-Barthou, qui doit donner son avis lundi. Pourtant, le mois dernier, la convention d'occupation a été résiliée par le tribunal administratif.

Le Cours Colibri ne veut pas quitter les locaux de l'école Barthou.
Le Cours Colibri ne veut pas quitter les locaux de l'école Barthou. © Radio France - Thomas Coignac

Reims, France

C'est un sac de nœuds juridico-éducatif, qui n'a pas l'air de toucher à sa fin. Fin avril, le tribunal administratif condamnait le Cours Colibri à déménager des locaux de l'école publique Louis-Barthou, dans le quartier Wilson, en résiliant la convention qui liait Espérance Banlieue et la mairie, propriétaire des locaux. Elle leur reprochait de ne pas avoir consulté le conseil de l'école publique. 

Mais Espérance Banlieues veut rester. Alors, ce lundi, le sujet devrait, enfin, être à l'ordre du jour du conseil de l'école Barthou, même si la mairie de Reims refuse de le confirmer.

Le personnel de  l'école, les parents d'élèves et les Délégués départementaux de l'Education nationale vont se prononcer sur la volonté de rester de leurs voisins du privé. Une formalité, qui, quelque soit la décision du conseil de l'école, permettrait de signer une nouvelle convention entre la mairie et Espérance Banlieues, qui continuerait d'occuper les locaux de Louis-Barthou. 

Normalement, nous resterons ici, affirme Alix Pelletreau. - Radio France
Normalement, nous resterons ici, affirme Alix Pelletreau. © Radio France - Thomas Coignac

"Normalement, nous resterons ici, se projette Alix Pelletreau, directrice de l'association qui gère l'école. La mairie a œuvré pour que ce soit inscrit au conseil d'école. Il faut faire les choses dans le bon sens, dans le respect des uns et des autres. Les enfants sont attachés à cette école, les parents trouvent que l'endroit est idéal [...] Je ne vois pas pourquoi deux écoles ne pourraient pas être au même endroit".

Au moins 12 élèves à la rentrée

Et même sans avoir de certitude sur son lieu d'implantation à la rentrée, Espérance Banlieues organise tout de même des journées portes ouvertes, comme ce mercredi, à l'école Louis-Barthou. Une autre aura lieu le samedi 15 juin. 

Une des deux classes du Cours Colibri, ce mercredi. - Radio France
Une des deux classes du Cours Colibri, ce mercredi. © Radio France - Thomas Coignac

Sept élèves étaient scolarisés cette année au Cours Colibri, de la grande section de maternelle au CM2. Ils seront davantage à la rentrée 2019, puisque l'école a déjà reçu 12 pré-inscriptions. Ce mercredi Kady Macalou est venue à ces journées portes ouvertes. Elle envisage de sortir deux de ses enfants de l'école publique, pour les inscrire au Cours Colibri. "Cette école véhicule des valeurs qui m'ont beaucoup attirées. Le respect, la laïcité, le vouvoiement..."

Je penne qu'ils ont besoin d'aimer leur pays

Il faut dire que dans cette école, les professeurs vouvoient les élèves, qui portent des uniformes : veste verte pour les garçons, rose pour les filles. La semaine type, présentée sur le site du Cours Colibri, prévoit aussi un lever du drapeau français et La Marseillaise deux fois par semaine. Le matin, les personnels serrent la main de chaque enfant, pour leur dire bonjour. "Ce sont des valeurs profondes. Je penne qu'ils ont besoin d'aimer leur pays, poursuit Alix Pelletreau. Parfois, ils se demandent pourquoi ils sont en France. Nous, notre but, c'est de leur dire que la France [les] aime et que les Français [les] aiment". 

Le cours Colibri a ouvert ses portes ce mercredi. - Radio France
Le cours Colibri a ouvert ses portes ce mercredi. © Radio France - Thomas Coignac

Au quotidien, la petite vingtaine de personnes qui enseignent à l'école applique son propre programme, en s'inspirant de la Méthode Singapour et de celles des écoles Montessori. "Par exemple, lorsque l'on apprend les multiplications, on modélise tout cela, explique Elisabeth-Marie Chauvet, enseignante en service civique. Pour leur expliquer combien font sept fois deux, on leur donne deux tas de sept étiquettes". 

Arrivée en décembre, elle affirme avoir vu de gros progrès des élèves "tant dans le travail que dans le comportement". L'avantage, reconnu par tous, c'est en tout cas que les petites classes permettent aux professeurs d'être plus à l'écoute des élèves. "Ils font vraiment au cas par cas, explique une mère devant le portail. Ils ont compris mon fils, ses difficultés, ce qui n'était pas le cas dans le public."

Les peites classes permettent aux professeurs d'être plus attentifs à chaque élève. - Radio France
Les peites classes permettent aux professeurs d'être plus attentifs à chaque élève. © Radio France - Thomas Coignac

Reste désormais à savoir si la rentrée 2019 pourra se faire dans les même lieux. Si une nouvelle convention était signée entre la mairie et Espérance Banlieues, l'opposant à la mairie Eric Quénard, qui avait saisi le tribunal administratif la première fois, n'exclut pas de nouvelles poursuites. Pour lui, les arguments qu'il avait présenté sont toujours valables, notamment le fait que la moitié de la cour de récréation de l'école publique Barthou a été attribuée au Cours Colibri, et que la clôture, construite pour séparer les deux entités a été facturée, pour 40 000 euros, à la Ville de Reims. Au mois d'avril, ces arguments n'avaient pas été examinés par le tribunal administratif.