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Éducation

Rentrée à l'université du Mans : toujours plus d'étudiants, mais pas assez de profs

mercredi 5 septembre 2018 à 19:18 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine

Alors que l'université accueillera cette année près de 11 500 étudiants, le manque d'enseignants n'a jamais été aussi important. D'après un calcul du ministère lui-même, le déficit s'élève à 150 postes. Résultat : des équipes parfois en surchauffe, comme en Staps.

C'est la rentrée à l'université du Mans
C'est la rentrée à l'université du Mans © Radio France - Ruddy Guilmin

Le Mans, France

C'est l'heure de la rentrée à l'université du Mans. Cette année, 11 500 étudiants vont prendre place dans les amphis manceaux, soit 5 % de plus que l'an passé. Depuis plusieurs années, les effectifs augmentent de manière constante car si l'on regarde 20 ans en arrière, l'université mancelle ne comptait que 7 ou 8 000 étudiants. C'est donc le signe d'une belle dynamique. Problème : les moyens, eux, n'ont pas franchement suivi. Et le manque de professeurs atteint aujourd'hui des niveaux stratosphériques. L'an dernier, pour boucher les trous, les 500 enseignants de l'université du Maine ont ainsi assuré 33 000 heures supplémentaires : "Ça correspond à 150 postes", analyse Pierre Jolive, prof de physique et représentant du Snesup, le syndicats des enseignants du supérieur.

Le fonctionnement de l'université repose sur notre bon vouloir à travailler plus que ce qu'on devrait

En 2014, le ministère de l'enseignement supérieur lui-même avait fait le calcul en estimant le déficit à 159 postes. Les raisons ? "On nous demande de nous développer, de faire plein de choses, des tas de projets, mais les moyens ne suivent pas, estime Pierre Jolive. Ça fait 25 ans que l'Etat nous donne 83 % de ce qu'on devrait avoir en dotation de fonctionnement. Donc c'est une accumulation de manque de moyens qui se répercute d'année en année." Résultat : les enseignants travaillent en moyenne à 125 % et le fonctionnement de l'université "repose sur notre bon vouloir à travailler plus que ce que l'on devrait", conclut le syndicaliste.

Vingt-et-un profs et deux agents administratifs pour mille étudiants

En Staps (Sciences et techniques appliquées à la pratique sportive) par exemple, la capacité d'accueil en première année a été augmentée de 300 à 400 étudiants, à la demande du rectorat. Quelques moyens supplémentaires ont bien été alloués, mais pas assez reconnaît Anne Désert, vice-présidente de l'université en charge des formations : "Sur la première augmentation de capacité, on a eu rapidement deux postes supplémentaires d'enseignants, mais aussi une enveloppe pour des heures supplémentaires. Et ça, ça ne convient pas." Cette année, de nouveaux moyens doivent arriver... Mais ils ne sont pas encore officialisés et le recrutement des enseignants ne pourra se faire tout de suite. Conséquence : une rentrée un peu chaotique, des groupes de TD surchargés avec 21 profs et deux agents administratifs pour un millier d'étudiants, de la licence au doctorat.

Le président de l'université, Rachid El Guerjouma, reconnaît le dévouement de ses équipes pour faire tenir le château de carte. "Ils compensent en assurant des services au-delà du raisonnable. Et donc à un moment donné, il faut que le ministère, mais aussi les collectivités, nous accompagnent de manière plus soutenue." Le message sera-t-il entendu ?