Éducation

Rentrée des classes: votre enfant hurle, pleure, a mal à la tête? Peut-être une phobie scolaire !

Par Nina Valette, France Bleu Armorique lundi 29 août 2016 à 6:00

La phobie scolaire un vrai calvaire pour certain enfant
La phobie scolaire un vrai calvaire pour certain enfant © Maxppp - PHOTOPQR/VOIX DU NORD

A quelques jours de la rentrée des classes, tout le monde s'active. Une période toujours stressante pour les enfants et leurs parents. Mais pour certains, le mois de septembre est un vrai calvaire. Il s'agit des 1 à 5% d'enfants scolarisés dans les pays occidentaux qui souffrent de phobie scolaire.

Ne pas confondre caprice et phobie scolaire. D'après l'association phobie scolaire  cette angoisse " correspond à la situation de jeunes qui n’arrivent pas à aller à l’école pour des raisons irrationnelles. C’est un symptôme correspondant à des causes extrêmement diverses. "

Un mal méconnu    

Les symptômes et les raisons de cette phobie ou angoisse, changent selon les individus et leurs histoires. Mais d'après l'association Phobie Scolaire, des facteurs communs existent comme la peur excessive de l'échec, du jugement de l'autre, le harcèlement. Ces angoisses peuvent être déclenchés par un événement traumatisant, comme la mort d'un proche ou une séparation. Ou même par la crainte qu'un tel événement survienne.

Pour Apolline, lycéenne à Cancale, il n'est plus possible de passer les barrières de l'établissement scolaire. Les angoisses ont démarrées le 25 décembre 2008, alors que cette petite fille de 9 ans fête Noël en famille. Mais l'ambiance n'est pas au rendez vous. La première crise d’angoisse se déclenche et dure alors deux à trois heures " chez moi une crise se manifeste par des tremblements, des gestes incontrôlés, souvent violents, puis des difficultés à respirer".

Très en avance pour son âge, cette jeune fille subissait les railleries de ses petits camarades. Malgré ses appels au secours auprès des enseignants, personne n'a pris en compte sa détresse.  Perfectionniste, Apolline visait le 20/20. Pour cela, elle a passé des nuits entières à réviser ses tables de multiplication " à cette époque là, je travaillait beaucoup trop, et ce n'était jamais assez ". Aujourd'hui, elle suit des études par correspondance.

 Comment reconnaître un phobie scolaire 

La taux d'absentéisme d'un phobique scolaire est souvent très élevé. Mais comment reconnaître une phobie scolaire d'un caprice ? Avec la phobie, les symptômes sont souvent psychologiques, il n'est donc pas impossible que douleurs et angoisses disparaissent dès que l'enfant n'est plus obligé  de se rendre à l'école. Autres signes avant-coureurs : l'anorexie,  la scarification, le renfermement, les troubles du sommeil, le refus répété de se lever.

La phobie scolaire n'est souvent que la partie visible de l'angoisse. Pourtant, le plus difficile se passe parfois entre les quatre murs de la maison ; "À ce stade, les parents ont déjà tout tenté pour l'obliger à retourner en cours : la douceur, la négociation, les menaces. L'enfant fait ce qu'il peut pour retourner à l'école mais n'y parvient pas" peut-on lire sur le site internet phobiescolaire.org

Mais il est courant que la phobie dépasse le milieu scolaire. Et les conséquences sur la vie familiale sont souvent difficiles pour les parents. Le jeune refuse petit à petit de sortir de chez lui, arrête toutes activités sportives et renonce aux loisirs. Il ne voit plus ses amis et reste seul. Apolline âgée de 16 ans, arrive aujourd'hui à se promener au bord de la mer ou à sortir pour dessiner: une passion laissée de côté pendant près de 7 ans. Mais en janvier dernier la mère d'Apolline a pris la décision de sortir sa fille du système éducatif classique et de l'inscrire au CNED, le Centre National d'Education à Distance, une véritable bouffée d’oxygène pour cette famille.

Des médecins pas toujours au courant

Sur les conseils d'un médecin de famille, la maman d'Apolline a hospitalisé sa fille dans un centre pour jeunes en difficultés pendant quelques mois. Un grosse erreur selon la jeune fille: "j'étais entouré de jeunes qui vivaient des situations souvent très difficiles comme une grossesse à 14 ans, la mort de parents, l'anorexie... Je ne critique pas l'établissement, mais il n'était pas adapté à mon cas."

L'association Phobie Scolaire regrette le manque de connaissance de cette angoisse. La multiplicité des causes et l'absence de diagnostique rendent l’estimation de l’impact de la phobie scolaire très difficile. Quant à Apolline, elle met tout en œuvre pour avoir son bac "J'aimerais réussir à avoir une vie épanouie et heureuse ... une vie normale".

Partager sur :