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Reprise de l'école en Bretagne : l'enseignement privé se prépare et s'adapte

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu Armorique

40% des élèves bretons sont dans l'enseignement privé. Celui-ci s'adapte au protocole sanitaire que présente le gouvernement ce vendredi : distanciation sociale, rotation des classes, masques au collège et incertitude sur la reprise des internats.

Plaque d'école
Plaque d'école © Radio France - Lagain Aurelie

Le gouvernement va présenter son protocole sanitaire ce vendredi en vue de la reprise de l'école à partir du 11 mai prochain.  Un peu plus de deux millions d'élèves sont dans l'enseignement privé en France dont plus de 250 000 en Bretagne, région où la part du privé est la plus importante dans l'enseignement avec les Pays de la Loire.  Dans le détail, l'enseignement privé accueille 64 000 élèves dans le Finistère, 85 000 en Ille et Vilaine, 69 000 dans le Morbihan et 35 000 dans les Côtes d’Armor.

L'enseignement catholique a multiplié les réunions (par visioconférence) nationales et départementales ces dernières heures pour mettre en place les mesures sanitaires à la rentrée des classes.

15 élèves, ou moins, par classe

Stéphane Gourau, directeur de l'enseignement catholique du Morbihan qui compte 240 écoles, 45 collèges, 20 lycées et une douzaine d'internats indique que l'accueil des élèves se fera entre le 12 et 14 mai.  Les classes seront limitées à 15 élèves maximum mais ce sera parfois moins "en fonction des possibilités de chaque établissement". 

Dans le Finistère (273 établissements dont 184 écoles), la préoccupation majeure "est celle du respect de la distanciation physique notamment pour les plus jeunes" explique Patrick Lamour, le directeur de l'enseignement catholique. "Il va falloir le respecter sur le temps d’accueil, le temps de garderie, le temps de cantine, le temps de sieste ou le temps de récréation. Et cela va réclamer beaucoup d’attention". L’idée est de limiter les groupes à 15 voir à moins si les locaux le permettent, et ce, tout au long de la journée.

Dans les Côtes d'Armor (département qui compte 141 écoles, 31 collèges, 20 lycées de l'enseignement privé), Françoise Gautier, la directrice départemental est plus optimiste :"Il y aura peut-être des rotations sur deux fois deux jours si l’espace est trop petit. Mais ça pourrait se faire aussi sans rotation s’il y a suffisamment de places pour tous les élèves et suffisamment d’enseignants et de personnel. Il y aura peut être un groupe en étude avec du personnel non enseignant par exemple". 

Une chose est sure : les enfants de personnels soignant, de forces de l'ordre, de pompiers ou d'enseignants resteront prioritaires dans les 4 départements bretons.

Priorité aux élèves en difficulté

En Ille-et-Vilaine, Michel Pellé, le responsable départemental de l'enseignement catholique qui compte 252 écoles, 46 collèges et 33 lycées et établissements d'enseignements supérieurs précise que chaque établissement sera responsable de la communication auprès des familles : "La règle sera bien le respect strict du protocole sanitaire : accueils par groupe et distanciation sociale. Ce qui peut nous limiter dans le volume d’accueil d’enfants. Ou au contraire, augmenter le nombre total si les bâtiments et le personnel mobilisable le permettent". La priorité sera donnée aussi aux élèves en difficulté : "On sait que le 12 mai, on va pouvoir accueillir tous les élèves du 1er degré. On va donc devoir prioriser auprès des élèves en difficulté notamment en incitant les familles". Un constat similaire est fait dans le Finistère : "les élèves qui ont un accès difficile au matériel informatique ou qui ont été globalement plus éloignés de l'accompagnement pédagogique et éducatif à distance seront en quelque sorte ciblés " explique Patrick Lamour.

La classe en alternance 

La classe pourra se faire un jour sur deux pour les élèves ou une semaine sur deux, là-encore "la liberté sera donnée aux chefs d'établissements en lien avec l'équipe éducative" précise Stéphane Gourau dans le Morbihan. En Ille-et-Vilaine, l'alternance est aussi en phase de réflexion explique Michel Pellé : "On va sans doute proscrire l'alternance à la demi-journée qui pose des problèmes logistiques trop importants pour les familles et les établissements. L'alternance deux jours / deux jours semble une bonne idée pour les écoles. Par exemple, sur 28 élèves, 14 sont accueillis le lundi et le mardi et 14 sont accueillis le jeudi et le vendredi". L'alternance hebdomadaire semble plus adaptée au second degré ajoute-t-il.

Les enseignants vont devoir composer avec ces différents groupes "sans oublier, et ce sera là la difficulté, les élèves qui seront en 100% distanciel. Il faudra de toute évidence que l’enseignant assure un certain suivi" rappelle Michel Pellé.

Temps de parole et d'accueil

Dans le Morbihan, l'idée sera aussi de permettre aux enseignants, à partir du 11 mai, puis aux élèves en fonction des dates de rentrée décidées localement, de s'exprimer : "On a un groupe de psychologues et de chefs d'établissements qui ont défini ce temps d'échange et de partage pour que les enseignants et les élèves puissent exprimer leurs émotions, leurs difficultés, leurs vécus pendant la période que nous venons de traverser". 

Cantines adaptées ou repas en classe

La priorité sanitaire reste de respecter la distanciation sociale, puisque les masques ne seront pas obligatoires à l'école : "Il y aura une contrainte de distanciation, y compris sur les temps de pause - récréation ou jeux - et à la cantine" confirme Stéphane Gourau. Le travail d’explication pour les maternels va demander de "redoubler de créativité et de pédagogie" confirme Françoise Gautier, sa collègue des Côtes d'Armor. Dans le Finistère, Patrick Lamour indique que les récréations, les accueils du matin, du soir et la cantine se feront par petits groupes. Quand la cantine ne sera pas assurée, les élèves auront la possibilité d'emmener leur repas qu'ils prendront en classe ou dans un espace dédié. 

Attente de l'arrivée des masques dans les collèges

Dans les collèges, les masques seront obligatoires à compter de la reprise la semaine du 18 mai (pour les 6èmes et les 5èmes qui vont reprendre en premier). L'éducation nationale va les fournir aux différents établissements. "Nous ne les avons pas encore reçu mais nous ne sommes pas inquiets, ils vont arriver" indique Stéphane Gourau. Masques qui seront également obligatoires dans les transports scolaires qui devraient également reprendre. 

L'incertitude des internats...

La question des internats est plus compliquée et n'est pas encore tranchée : "Il faut bien regarder le protocole sanitaire pour prendre une décision. Dans la plupart des internats, les élèves sont plusieurs par chambre. Cela pourrait nous amener à faire fonctionner les internats en mode dégradé avec certains élèves qui continueraient à travailler à distance". Dans le Morbihan, les familles seront prévenues de toutes les décisions d'ici la fin de la semaine prochaine (entre le 4 et le 7 mai). Les internats en Ille-et-Vilaine concernent essentiellement les lycées donc la question ne se pose pas pour l’instant car on évoque une rentrée pour le 2 juin. Ce qui est sûr, indique Michel Pellé, "c’est qu’il n’y aura pas plusieurs élèves dans une même chambre". Le constat est le même dans le Finistère explique Patrick Lamour. 

...et des familles !

Dans le Morbihan Stéphane Gourau constate la grosse incertitude des familles : "On a 10% des familles déterminées à ne pas remettre les élèves, 10% qui au contraire veulent absolument le retour en classe et environ 80% qui attendent et qui doutent".

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