Éducation

Retour de la semaine à 4 jours dans 20% des communes mayennaises à la rentrée

Par Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne mardi 11 juillet 2017 à 18:05

En Mayenne, bientôt le retour des grasses matinées le mercredi matin pour certain(e)s
En Mayenne, bientôt le retour des grasses matinées le mercredi matin pour certain(e)s © Maxppp - François Destoc

Après la réforme des rythmes scolaires en 2013, la semaine d'école primaire va être raccourcie à la rentrée prochaine. Une cinquantaine de communes mayennaises ont obtenu une dérogation du directeur académique du département.

Bientôt le retour des grasses matinées le mercredi matin. Du moins pour certains chanceux en Mayenne. Une cinquantaine de communes ont reçu le feu vert du directeur académique des services de l'éducation nationale en Mayenne. Résultat chez eux : la semaine passera en septembre de 4 jours et demi à 4 jours. Ce ne sont pas les grosses villes du département qui y ont recours, mais des communes rurales. Voici la liste au 11 juillet 2017.

Andouillé, Assé le Bérenger, Ballots, Bouchamps les Craon (RPI Chérancé), Boulay les Ifs, Champfrémont, , Chantrigné, Charchigné, Châtillon sur Colmont, Châtres la Foret, Chérancé, Congrier, Cossé le Vivien, Craon, Cuillé, Fromentières, Gesvres, Izé, Javron les chapelles, La Chapelle au Riboul, La Pellerine, La Rouaudière, La Selle Craonnaise, Lignières-Orgères, Marcillé la Ville, Martigné sur Mayenne, Mée, Montjean, Moulay, Neau, Neuilly le Vendin, Pommerieux, Pré-en-Pail, Quelaines-Saint-Gault, Ravigny (RPI Boulay - Champfrémont), Renazé, Saint Aignan sur Roë, Saint Baudelle, Saint Christophe du Luat, Saint Jean sur Mayenne, Saint Aignan de Couptrain (RPI), Saint Calais du désert (RPI), Saint Cyr en pail (RPI), Saint Georges sur Erve, Saint Pierre sur Orthe (RPI avec Vimarcé), Torcé-Viviers-en-Charnie, Trans, Vimarcé, Voutré. (RPI pour Regroupement pédagogique intercommunal)

"Au moins on aura essayé..."

Et pour cause, les communes rurales ont eu du mal à financer et organiser les activités périscolaires sur la fameuse demi-journée en plus. "On a presque jamais eu ou alors rarement les 23 animateurs pour nos 450 élèves", glisse Christophe Langouët, maire de Cossé-le-Vivien. Pour la commune, même avec les aides de l'Etat, le coût était de 80 000 euros par an. Pas négligeable. Mais renoncer à la mesure phare de la réforme des rythmes scolaires n'est pas une libération pour l'édile. "Je reste persuadé que la 5e matinée est une bonne chose comme ont pu me le dire certains enseignants. Les enfants seraient plus disposés, plus frais. Mais il y avait beaucoup de fatigue au final pour les enfants. On a essayé, c'est ce qu'il faut se dire. On raccourcit le temps scolaire, c'est une bonne chose. Mais on ne raccourcit pas la journée de l'enfant. Pour ceux dont les parents travaillent, ils resteront en garderie de 7h30 à 18h30 le soir. Et puis surtout, ces activités périscolaires, c'était un bon moyen pour les enfants de découvrir la culture et le sport".

Le maire de Cossé-le-Vivien, Christophe Langouët - Radio France
Le maire de Cossé-le-Vivien, Christophe Langouët © Radio France - Fabien Burgaud

Des activités chères, pas simples à organiser, comme à St-Jean-sur-Mayenne et ses 260 écoliers. Passer à la semaine de quatre jours permet à la mairie d'économiser 2000 euros par mois, le prix d'un animateur. C'est pas de trop, maintenant chaque centime compte pour le maire Olivier Barré. "Avec toutes les réformes annoncées.. notamment la taxe d'habitation, on va perdre une importante source de revenus pour les municipalités. Ça finance notamment les agents ! L'Etat dit qu'il va compenser, mais j'attends de voir. On s'attend à perdre de l'argent, donc on fait des économies".

Pour avoir cette dérogation, tout est allé vite. C'est parti d'un décret du 28 juin du ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer avant les premières réponses début juillet, histoire de s'organiser rapidement. Denis Waleckx est le directeur académique de la Mayenne. "On a reçu des demandes de communes vendredi matin et le soir-même on répondait positivement ! raconte-t-il. Si les conseils d'école et les municipalités sont d'accord, aucune raison de s'opposer au retour de la semaine de 4 jours".

Et les enfants, les principaux concernés, ils en pensent quoi ? Que du bien, à écouter Nicolas Besnier, le président d'une association de parents d'élève à Cossé-le-Vivien. La semaine de 4 jours et demi, ça n'allait pas du tout. "Les enfants étaient énervés en rentrant à la maison. Ou alors pas intéressés car sans moyens, les activités n'étaient pas aussi intéressantes que prévues au départ". Tout ça, c'est de l'histoire ancienne pour cette cinquantaine de communes. La rentrée est prévue le 4 septembre.