Éducation

Rythmes scolaires : 110 communes de la Loire souhaitent revenir à la semaine de quatre jours dès septembre

Par Tifany Antkowiak, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 6 juillet 2017 à 15:17

Il ne devrait plus y avoir classe le mercredi matin à partir de septembre dans une centaine de communes de la Loire.
Il ne devrait plus y avoir classe le mercredi matin à partir de septembre dans une centaine de communes de la Loire. © Maxppp -

Dans la Loire, 110 communes ont demandé le rétablissement de la semaine de quatre jours à l'école, a annoncé jeudi le directeur académique du département. Ce retour est rendu possible par un décret "d'assouplissement des rythmes scolaires" publié la semaine dernière.

La semaine de quatre jours à l'école sera à nouveau la règle à la rentrée de septembre dans une centaine de communes de la Loire. 110 communes exactement ont demandé le rétablissement de l'ancien rythme, rendu possible par un décret "d'assouplissement des rythmes scolaires" publié le 28 juin, a indiqué jeudi le directeur académique de la Loire, Jean-Pierre Batailler.

Demande des parents et des enseignants

"Ce sont des petites communes qui se sont essentiellement exprimées", détaille le directeur académique, précisant que Feurs est la commune la plus importante à avoir demandé le retour de la semaine de quatre jours. L'une des premières demandes arrivées sur le bureau du directeur académique est celle de Saint-Médard-en-Forez, où la fronde contre la semaine de quatre jours et demi avait été très forte en 2014. Le maire, Evelyne Flacher, avait mené une grève de la faim pour s'opposer au travail le mercredi matin pour les écoliers. Trois ans plus tard, sa position n'a pas changé : "Notre système scolaire est déjà stressant pour les enfants, mais alors là cette organisation-là a fini malheureusement de les épuiser".

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Selon le directeur académique de la Loire, l'initiative d'un retour à la semaine de quatre jours dans les communes qui se sont signalées est "rarement" celle des maires, mais est plutôt "une demande de leurs administrés et de leurs enseignants". Les demandes doivent être validées avant le 8 juillet, afin que toutes les familles sachent dans quelles conditions horaires se fera la rentrée des classes pour leurs enfants. Les horaires des écoles seront ensuite publiés sur le site education.gouv.fr, d'ici le 13 juillet. La direction académique précise que plusieurs conditions ont été posées avant le retour à la semaine de quatre jours, notamment une délibération en conseil municipal et l'avis favorable des conseils d'école ainsi que le respect de journées limitées à six heures de classe, avec une pause méridienne importante, et pas de demi-journée supérieure à trois heures et demi de classe.

Pas forcément de changement en 2018 dans les principales communes

En septembre, il y aura toujours classe quatre jours et demi par semaine en revanche dans les écoles des principales communes du département : Saint-Étienne, Roanne ou encore Saint-Chamond ont décidé d'attendre la rentrée 2018 avant une éventuelle modification de l'organisation horaire dans leurs établissements. "Nous ne sommes pas sûrs qu'elles demandent à changer", souligne Jean-Pierre Batailler. Il estime que "les cinq matinées présentent un intérêt" et s'interroge par ailleurs sur le devenir des enfants libérés le mercredi matin dans les zones rurales isolées et certains territoires urbains en zone prioritaire.

"Étant donné que le décret tardait, il était hors de question, à dix jours de la fin de l'année scolaire, de poser un débat pour savoir ce qu'on faisait en septembre", commente Samy Kéfi-Jérôme, adjoint au maire de Saint-Étienne en charge de l'éducation. Pas de changement à la rentrée de septembre dans les écoles stéphanoises donc, mais il y aura une discussion "en septembre, octobre, avec l'ensemble de la communauté éducative" au sujet des rythmes scolaires pour la rentrée 2018. L'adjoint au maire ajoute : "les quatre jours et demi tels qu'ils sont mis en place actuellement ne sont pas satisfaisants, parce que l'objectif d'offrir des activités après l'école dans un cadre aussi restreint en terme d'horaires ne permet pas des recrutements durables". Et au sujet de la semaine de quatre jours, Samy Kéfi-Jérôme rappelle que "pas un seul chronobiologiste ou scientifique ne vous dira que quatre jours est pertinent pour l'enfant".

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