Éducation

Rythmes scolaires : trois écoles, trois organisations différentes à Bonchamp-lès-Laval

Par Armêl Balogog, France Bleu Mayenne mercredi 30 août 2017 à 17:00

Difficile organisation des temps d'activités périscolaires à Bonchamp-lès-Laval en Mayenne - Photo d'illustration
Difficile organisation des temps d'activités périscolaires à Bonchamp-lès-Laval en Mayenne - Photo d'illustration © Maxppp - Thierry Gachon

Toutes les écoles de cette ville de la Mayenne ont conservé les temps d’activités périscolaires (taps) pour l’année scolaire 2017/2018. En revanche, chacune a sa propre organisation. A quelques jours de la rentrée scolaire, la situation déplaît au maire de Bonchamp-lès-Laval.

Un peu désabusé, Gwenaël Poisson. Le maire de Bonchamp-lès-Laval aimerait bien uniformiser l’organisation des temps d’activités périscolaires (taps) dans les trois écoles de sa ville – histoire de ne pas se retrouver à devoir gérer 650 enfants à la fois, comme l'an dernier, en 2016/2017. Il avait fallu recruter 47 encadrants pour seulement 45 minutes.

Trois écoles, trois organisations différentes des taps

"On alternerait, un jour sur deux, explique-t-il. On a le personnel disponible pour le faire. Donc on aurait une école le lundi, une autre école le mardi. On aurait un gain de temps aussi pour les services dans la préparation puisqu’ils pourraient proposer les mêmes activités aux deux écoles."

Mais le maire n'a pas réussi à mettre tout le monde d'accord. Résultat, les emplois du temps se superposent parfois, et les trois écoles auront trois systèmes de taps différents cette année :

  • l'école primaire publique propose trois fois une heure d'activités par semaine, au lieu de quatre fois 45 minutes comme l’an dernier,
  • modèle qui convainc toujours l'école maternelle publique,
  • en revanche l'école maternelle et primaire privée prévoit deux fois 1h30 de taps par semaine.

Les 45 minutes d’activités décriées par la mairie

A la mairie, les 45 minutes de taps sont vues d’un mauvais œil. Un peu moins quand il s’agit uniquement des maternelles, mais quand même.

"Vous savez, 45 minutes, le temps de prendre son cartable, le temps de se déshabiller, le temps de pointer, le temps de se rhabiller, le temps de partir, ça y est, vous n’êtes plus qu’à 20 minutes d’activités", estime Philippe Goudet, le directeur du service jeunesse et sport de Bonchamp-lès-Laval.

"En 1h30, continue-t-il, vous pouvez aller dans la salle d’échecs, à la médiathèque… Une demi-heure de déplacement - pour certain c’est un quart d’heure, vingt minutes - il vous reste 1h à 1h10 d’activités, vous vous rendez compte de la différence ?"

1h30, c’est plus de temps et des taps plus intéressants pour les enfants, selon les deux hommes. Ils détaillent : atelier sécurité routière avec la police municipale, cours de tir à l’arc, jeux de raquette, etc.

La solution plébiscitée : 1h30 de taps, deux fois par semaine

"C’est bien maintenant parce que c’est un peu plus long, donc les enfants viennent jusqu’à la salle de sport, le temps de se déplacer, de s’installer, ils en profitent un peu plus, parce que sinon c’est vrai que ça faisait court, commente Peggy, mère de deux garçons, rencontrée à la base de loisirs de la ville. C’est le mardi et le vendredi. C’est mieux quand c’est regroupé sur deux journées qu’un peu tous les soirs."

Plus longtemps et sur deux jours c’est très bien comme ça. – Peggy, mère d’élèves de l’école privée de Bonchamp-lès-Laval

D’ailleurs, cet emploi du temps ne change en rien celui des parents, ajoute-t-elle. "Ils finissent l’école à la même heure. Ils finissent les cours plus tôt, certes, mais l’école finit à la même heure. Tout pareil. Pour nous parents, ça ne change rien à nos horaires."

La mairie s’agace

Mais les conseils des deux écoles publiques ne sont pas d'accord. Contre l’avis de la mairie, ils n’ont pas souhaité passer à deux sessions de taps d’1h30 par semaine. Une décision qui agace.

Non, il faut qu’on arrête, là. On est partis sur du n’importe-quoi. – Philippe Goudet, de la mairie de Bonchamp-lès-Laval

"On est passés à trois systèmes, il va falloir que ça s’arrête !, s’impatiente le responsable du service jeunesse et sport. Alors, on repasse à quatre jours, on arrête tout, on regarde l’intérêt de l’enfant. Positif, pas positif ?"

Le maire conclut que "s’il faut rester à cette semaine de neuf demi-journées avec les cinq matinées de classe, on est capables de le mettre en place, mais sous certaines conditions."

Trop tard pour tout changer cependant, à quelques jours de la rentrée scolaire. En revanche, le maire compte réunir tous les acteurs de la commune autour d’une table, dès le mois d’octobre, pour uniformiser les taps en vue de l’année scolaire 2018/2019. Gwenaël Poisson souhaite aussi consulter l’ensemble des parents d’élèves des trois écoles.