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Éducation

"Sa vie est devenue un enfer" témoignage de la maman de Manon, une élève côte-d'orienne

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Par , France Bleu Bourgogne, France Bleu

Manon 9 ans, bénéficiait de l'accompagnement d'une AESH à raison de 18h par semaine pour l'aider en classe. Cet accompagnement était le seul moyen pour elle de suivre une scolarité à peu prés normale. Mais depuis la rentrée la dotation horaire a été réduite de moitié. Et Manon est déscolarisée.

Sophie a arrêter de travailler pour s'occuper de sa fille, la conduire chez les différents spécialistes ou lui faire faire les devoirs à la maison
Sophie a arrêter de travailler pour s'occuper de sa fille, la conduire chez les différents spécialistes ou lui faire faire les devoirs à la maison © Radio France - Thomas Nougaillon

Dijon - France

Elle s'appelle Manon*, cette petite Dijonnaise de 9 ans était scolarisée en CM1 malgré son handicap. Elle souffre de troubles neuro-comportementaux. Pour suivre la classe elle était suivie par un AVS, un Auxiliaire de Vie Scolaire, ou plutôt un AESH, un Accompagnant d'Élèves en Situation de Handicap comme il convient désormais d'appeler ces professionnels. Mais depuis la dernière rentrée ses heures d'AESH ont été divisées par deux passant de 18 à 9h. Or, sans cette aide difficile de bien intégrer les consignes de son enseignant ou encore de comprendre un énoncé.

Un état de santé pas compatible avec une activité scolaire

Et pour Manon, la vie en classe est vite "devenue un enfer" selon ses propres mots rapportés par Sophie, sa maman. C'est pour cette raison que cette petite brune pétillante est déscolarisée depuis fin septembre. Un médecin du CHU de Dijon a même certifié par ordonnance que l'état de Manon "n'est pas compatible avec une activité scolaire". "J'ai un mot de son médecin effectivement parce qu'il a fallu qu'on aille consulter. Ma petite fille n'allait pas bien. Elle s'est retrouvée en surcharge cognitive et hyper fatiguée" explique calmement Sophie, pourtant à deux doigts de craquer nerveusement.   

"Une auxiliaire de vie depuis l'âge de 5 ans"

"Il faut savoir que les enfants porteurs de troubles ça leur demande beaucoup d'effort pour faire les choses. Et quand on leur retire la moitié des heures (d'AESH ndlr.) dont ils ont besoin ça devient très compliqué pour eux" fulmine la maman désemparée. Manon a une "auxiliaire de vie depuis l'âge de 5 ans, si elle doit aller à l'école à temps plein, il lui faut absolument son AESH en individuel et à plein temps ; se concentrer, comprendre, elle ne peut pas le faire toute seule!" Le soucis c'est qu'à la dernière rentrée scolaire l'AESH qui était dédiée à Manon a été "mutualisée" selon Sophie. C'est à dire qu'elle s'occupe désormais d'autres enfants sur le temps qui était jusque là dévolu à la petite fille. 

"Une assistante de vie c'est important"

Sans AESH, Manon explique qu'elle ne se "concentre pas" et fait "n'importe quoi" en classe. Avec les différents troubles associés à ses troubles neuro-comportementaux , ses insomnies toutes les nuits "c'est une vraie pile électrique" selon Sophie. En classe, l'enseignant, a bien tenté de compenser comme il le pouvait mais l'expérience a fait long feu. "Il ne peut pas tout gérer, il a fait comme il a pu. C'est pour ça qu'une assistante de vie, une AESH, oui c'est important" tempête Sophie. 

Manon et sa maman - Radio France
Manon et sa maman © Radio France - Thomas Nougaillon

Le SE-UNSA pointe du doigt un manque d'AESH

Est-ce que cela signifie qu'on manque d'Auxiliaire de Vie Scolaire ou d'AESH en Côte-d'Or? Julie Petit, représentante départementale des AESH au SE-UNSA, explique qu'il y avait encore à la rentrée de septembre 2019, "100 enfants sans AESH". Et selon son syndicat une bonne partie de ces élèves seraient encore non accompagnés.

Les explications de l'Éducation Nationale de Côte-d'Or 

Antoine Cuisset, secrétaire général de la Direction des services de l'Education Nationale de Côte-d’Or, temporise. Si on compare à l'année dernière les AESH seraient même plus nombreuses. "Il y a eu au moment de la rentrée, comme il peut encore y avoir, quelques situations d'élèves qui ne sont pas encore accompagnés ou en tout cas pas de façon optimale compte tenu des défections qui n'ont pu être anticipées". 

Plus de 800 AESH sous contrat actuellement

"Il faut savoir -poursuit Antoine Cuisset- que certains candidats ne nous ont pas dit qu'ils refusaient les promesses d'embauches que nous leur avions faites". Et la Direction des services de l'Education Nationale assure dans un communiqué qu'avec "plus de 800 AESH sous contrat" -pour s'occuper d'un peu plus de 1 000 enfants bénéficiant de notifications- il y a actuellement "140 personnels de plus que l'an dernier à la même période". Et les recrutements se poursuivent. 

Sans AESH Manon devrait intégrer le privé

Dans le cas de Manon c'est la Maison Départementale des Personnes Handicapées qui aurait décidé de diviser par 2 la dotation horaire d'AESH explique sa maman qui a demandé à être reçu par cette MDPH. Si elle n'obtient pas le rétablissement des 18 heures d'AESH de sa fille, Sophie, serait contrainte, dit-elle, de placer Manon dans une école privée "hors contrat", où il n'y pas de problèmes de prise en charge de ces enfants dit-elle. Mais ce serait alors à ses frais ce qui entraîne de graves incertitudes financières. Sophie "maman solo" a du en effet abandonner son travail pour s'occuper de sa fille. La petite famille ne survit que grâce au RSA.

Si vous êtes concerné par des soucis d'AESH, les services de l'Éducation Nationale de Côte-d'Or  indiquent un numéro de téléphone : le 03 80 44 87 21. Depuis la dernière rentrée et l'avènement de l'école inclusive, une cellule d'écoute de la Direction Académique est censée vous répondre tous les matins.   

*le prénom de la fillette et de sa maman sont des prénoms d'emprunts

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