Éducation

A Saint-Denis, les professeurs du lycée Suger en grève après l'agression d'un surveillant

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région mercredi 7 septembre 2016 à 20:16

Le lycée Suger de Saint-Denis
Le lycée Suger de Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Lundi, un surveillant a été frappé par un individu qui tentait d'entrer dans le lycée et par des élèves qui le connaissaient. Depuis, les professeurs sont en grève pour dénoncer des violences récurrentes et un manque d'effectifs de surveillants.

Le surveillant du lycée Suger de Saint-Denis se trouvait seul à la grille lundi matin quand un individu a tenté d'entrer. Il s'en est pris violemment à l'agent qui a été frappé au visage. Des élèves de l'établissement ont aussi pris part aux violences, qui se sont déroulés devant et à l'intérieur de l'établissement, selon des témoins. Le surveillant a été hospitalisé et il souffre de plusieurs fractures au crâne et au nez.

Pour les élèves et les professeurs, ce type de violence est malheureusement récurrent. "Je viens avec la boule au ventre (...) cela fait quatre ans que je suis là et que cela existe : des profs, des élèves, qui se font agresser" raconte Shéhérazade, en terminale. Axel, étudiant en BTS audiovisuel assure que certains de ses camarades ont abandonné leur scolarité à cause des problèmes d'insécurité.

Les professeurs et les élèves dénoncent des violences récurrentes. Rémi Brancato

"Nous manquons d'effectifs" assurent les professeurs

"C'est un lycée qui a été construit en 1994 avec ce pari qu'on pourrait survivre en plein cœur de la cité du Franc Moisin" rappelle Aurélie Gigot, professeure d'anglais. Le lycée attire des élèves de toute la France avec son BTS audiovisuel. "Néanmoins les logiques de territoire sont encore très prégnantes", regrette la professeure estimant qu'on a voulu "rappeler [au surveillant agressé] qui a le contrôle du territoire".

Aurélie Gigot, professeure d'anglais au lycée Suger

Les professeurs dénoncent donc un "manque de moyens" pour faire face. Il y a 9 surveillants au lycée pour 1300 élèves. "Ce surveillant était seul à la grille car nous manquons d'effectifs et il n'aurait pas dû l'être" dénonce encore Aurélie Gigot. Selon elle, il faudrait "l'équivalent de 12 postes et demi" dans l'établissement.

Le rectorat de l'académie de Créteil étudie actuellement cette demande. Une étude a été lancée après cette agression : un diagnostic de sécurité de l'établissement et une réponse rapide devrait être fournie aux professeurs grévistes. Ils ont d'ailleurs été reçus mardi à la direction académique de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. Les professeurs assurent vouloir poursuivre le mouvement de grève tant qu'aucun renfort n'est annoncé dans l'établissement.

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