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Éducation

Saint Pée sur Nivelle : Herri Urrats, une fête sur fond de bras de fer

dimanche 13 mai 2018 à 19:22 Par Valérie Menut, France Bleu Pays Basque

La 35e édition d'Herri Urrats se déroulait ce dimanche 13 mai sur les bords du lac de St Pée sur Nivelle. La traditionnelle fête des ikastola (écoles immersives en langue basque) s'est tenue sur fond de bras de fer entre Seaska et l'Education nationale.

L'augmentation des effectifs dans les établissements immersifs en langue basque et le manque d'enseignants au coeur de la traditionnelle prise de parole de cette 35ème édition d'Herri Urrats
L'augmentation des effectifs dans les établissements immersifs en langue basque et le manque d'enseignants au coeur de la traditionnelle prise de parole de cette 35ème édition d'Herri Urrats © Radio France - Valérie Menut

Saint-Pée-sur-Nivelle, France

Tout le monde s'est mis derrière la table mais chacun a campé sur ses positions ! Le Directeur académique des services de l'Education nationale (DASEN), Pierre Barrière, a été un des premiers à prendre la parole lors de la traditionnelle conférence d'Herri Urrats. Un peu seul contre tous. Mais "on n'échappe pas à ses responsabilités ou à ses devoirs en jouant les abonnés absents, donc je suis là" a-t-il pris soin de préciser en préambule. Et s'il s'est réjoui de l'augmentation des effectifs dans les écoles immersives en langue basque (230 élèves supplémentaires attendus à la rentrée de septembre), il n'a pas pour autant changé de discours. L'Education nationale octroie 4 postes d'enseignants supplémentaires à la rentrée de septembre. Pas un de plus. "La langue basque n'est pas stigmatisée. Il y a peu de postes attribués, c'est un phénomène général" a-t-il argué, et de soulever également le problème du recrutement d'enseignants en basque (encore trop peu de candidats). 

"4 postes supplémentaires, c'est déjà bien, il faut être raisonnable" détaille le DASEN, qui prône une éventuelle ré-organisation des ikastola.

Un discours auquel Seaska, la fédération des ikastola, refuse de se plier. Elle réclame 25 postes d'enseignants supplémentaires. Une requête non-négociable a encore martelé Paxkal Indo, son président. Et pour faire pression, Seaska a rompu le dialogue et refuse de travailler au renouvellement de la convention qui la lie avec l'Education nationale et l'Office public de la langue basque.

"Il y aura de toute façon ces 25 postes à la rentrée (...) on n'a pas envie de pacifier le débat !" - Paxkal Indo

Seaska est soutenue dans sa démarche par Jean-René Etchegarray, le président de l'agglomération Pays basque, qui a symboliquement débuté son discours en euskara ce dimanche et n'a pas mâché ses mots pour relever "le mauvais jeu de l'Education nationale qui ne veut pas reconnaître la progression de la langue basque". Une langue défendue par l'agglomération qui lui consacre cette année un budget de 2,3 millions d'euros. Jean-René Etchegarray en fait même une question politique : "si ces postes ne sont pas accordés par l'Etat, ce sont le territoire et la culture basques qui ne sont pas respectés". 

Jean-René Etchegarray, prêt à entrer dans "une forme de militance"

Seaska a émis une motion auprès de tous les élus basques ce dimanche. Et a demandé au sénateur Max Brisson, et au député de la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, Vincent Bru, présents à cette assemblée, de plaider sa cause auprès du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer. 

Le sénateur Max Brisson soutient Seaska sur le fond, mais ne cautionne pas la forme, la méthode employée par la fédération des ikastola pour parvenir à ses fins.