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Éducation

Savoie : un diplôme universitaire obligatoire pour les futurs aumôniers

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Par , France Bleu Pays de Savoie

INTERVIEW - Passe ton diplôme universitaire d'abord ! Tous les futurs aumôniers payés par les pouvoirs publics doivent désormais avoir un diplôme reconnu par l'Etat. Vingt-cinq formations sont agrées en France dont celle de l'Université Savoie Mont-Blanc. Clément Benelbaz en est le responsable.

Quinze étudiants en "Laïcité et République" feront leur rentrée en septembre
Quinze étudiants en "Laïcité et République" feront leur rentrée en septembre - capture écran - site de l'Université Savoie Mont-Blanc

Jacob-Bellecombette, France

Depuis le décret du 3 mai 2017, tous les futurs aumôniers, quelle que soit leur religion, qui veulent intervenir dans les hôpitaux, dans les prisons ou encore en milieu militaire doivent obligatoirement avoir un diplôme en poche. 

Ce diplôme doit être agréé par le ministère de l'Intérieur.  Vingt-cinq formations en France propose ce diplôme reconnu par l'Etat. Cette formation (DU) appelée "Laïcité et république : formation civile et civique" existe à l'Université Savoie mont-Blanc à la faculté de droit située à Jacob-Bellecombette. 

"Il faut dédramatiser et arrêter d'instrumentaliser la laïcité"

Quinze étudiants feront leur rentrée en septembre 2019 pour cette toute nouvelle formation en continue.

Ouverte à tous les aumôniers sans condition de diplôme, professionnels titulaires d'un baccalauréat et aux étudiants en Licence 2, la formation représente 138 heures de cours au total.

Clement Benelbaz, le responsable du DU, veut croire que cette formation purement académique ouverte à tous permettra d'apaiser les débats autour des questions sur la laïcité.

Cette formation est-elle devenue obligatoire pour les aumôniers intervenant en prison pour lutter contre la radicalisation des détenus ?

La laïcité ne doit pas se confondre avec la lutte contre la radicalisation. La laïcité est un principe, avant tout juridique et nous, avec cette formation, on va donner aux étudiants une formation historique, sociologique, philosophique pour avoir les outils nécessaires lorsqu'ils sont confrontés à une question de laïcité ou à l'application du fait religieux. Les questions de radicalisation ne dépendent pas de la laïcité, ce sont des questions d'ordre public et de police.

"Le premier piège sur la laïcité est de faire des amalgames"

Si l'Etat impose cette formation, c'est bien pour exercer un pouvoir de contrôle ? 

Dans la mesure ou les aumôniers interviennent au sein de services publics, il est logique que l'Etat puissent avoir un certain regard sur leur formation, d'autant qu'ils sont payés par les pouvoirs publics mais il n'est pas question dans cette formation, de dire aux aumôniers comment ils doivent inculquer leur religion auprès des prisonniers. En aucun cas, on peut s’immiscer dans la croyance d'un étudiant en jugeant que ces positions sont intégristes ou radicales. Le premier piège sur la laïcité est de faire des amalgames. Nous, on sensibilise sur les valeurs républicaines mais pas sur le contenu même de la croyance, qu'importe la croyance.

La formation est ouverte à tous, qu'importe la religion des étudiants. Les débats risquent d'être houleux sur la laïcité ?

Le but de cette formation est de permettre des rencontres entre des personnes qui ne se seraient pas parler. Il s'agit ici d'avoir du recul sur ces questions en expliquant ce qu'est la laïcité de manière pédagogique pour pouvoir en discuter sereinement. Il faut dédramatiser et arrêter d'instrumentaliser la laïcité. Chacun en a une conception et chacun va l'invoquer avec plus ou moins de raison. Parfois, elle est utilisée pour taper sur certains ou au contraire pour en favoriser d'autres mais la laïcité, ce n'est pas du cas par cas. C'est un ensemble de règles qui sont communes. La laïcité n'est pas contre une croyance, c'est la liberté.