Éducation

"In Situ" : 10 ans de résidences d'artistes dans les collèges du 9-3

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris lundi 12 décembre 2016 à 20:25

Le dispositif "In situ - artistes en résidence dans les collèges" a été lancé en 2007
Le dispositif "In situ - artistes en résidence dans les collèges" a été lancé en 2007 - Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis

Depuis dix ans, les collèges de Seine-Saint-Denis accueillent des artistes pour des résidences d'une année. Objectif : s'implanter dans les établissements et mener à bien un projet avec une classe référente. Chaque année dix collèges sont concernés.

Un artiste qui passe une année au collège. Le dispositif "In Situ - artistes en résidence dans les collèges" a été lancé en 2007 par le département de Seine-Saint-Denis. Ce lundi des collégiens, des artistes ont été invités à célébrer son dixième anniversaire à la Philarmonie, à Paris. Cinéastes, musiciens, plasticiens ou encore écrivains : depuis 10 ans, chaque année, ce sont une dizaine d'artistes qui passent une année dans un collège pour accompagner une classe sur un projet.

C'était le cas par exemple de l'écrivaine Maylis de Kérangal, du musicien Alexis HK ou encore du réalisateur Olivier Babinet, dont le film Swagger, sorti récemment en salles, met justement en scène les enfants du collège Debussy d'Aulnay sous Bois, où il a effectué sa résidence. Cette année encore dix collèges accueillent des artistes.

"C'est une mission de faire entrer l'art au collège"

Au college Louise Michel de Clichy-sous-Bois, par exemple, la chorégraphe Dominique Brun et l'association du 48 accompagnent la classe de 5ème 6 d'Aya. Elle dit vouloir capter les "traces" des élèves, leurs souvenirs. "C'est ma cicatrice" raconte l'élève, montrant son front : "quand je suis sorti de chez moi, mon frère m'a poussé et j'ai eu cette cicatrice". Comment cette tranche de vie sera-t-elle sublimée dans la danse? "On ne sait pas encore" confie la chorégraphe qui va travailler jusqu'à la fin de l'année scolaire avec les élèves et qui veut "essayer d'apporter la danse, qui est une expression du corps, à un endroit où on leur demande d'être assis à table toute la journée". "C'est une mission de faire entrer l'art au collège" conclut-elle.

Dix collèges de Seine-Saint-Denis accueillent à nouveau des artistes en résidence cette année. Rémi Brancato

"Il y a un acte de générosité important, il faut sortir du narcissisme du metteur en scène et de l'artiste" estime pour sa part Fabien Orsoni, metteur en scène, en résidence à Bondy depuis septembre, au collège Henri Sellier. Pour lui, le rapport aux élèves est différent : "on discute avec eux de manière directe, on casse cette frontalité où les élèves sont d'un côté et le enfants de l'autre (...) on n'est pas là pour les noter, ils ne se sentent pas jugés".

François Orsoni, metteur en scène en résidence à Bondy

Un travail "complémentaire" de celui des enseignants

"On n'a pas cette liberté cette audace cette folie que parfois les artistes apportent dans une classe" confirme Sophie Nobécourt, principale du collège Gustave Courbet de Romainville, qui accueille cette année les musiciens Maud Octallinn, La Féline et Ricky Hollywood, du collectif La Souterraine. Pour elle, c'est un travail "complémentaire" de celui des enseignants.

Et pour célébrer le dixième anniversaire du dispositif, Joséphine Lebard et Bahar Makooi, journalistes et auteures de "Une année à Clichy - la ville qui rêvait qu'on l'oublie", sont en charge d'une résidence "nomade". Elles racontent dans un "feuilleton" chacune des dix résidences d'artistes de l'année scolaire 2016 - 2017.