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Troisième édition du SNU en Creuse : un avant-goût de l'armée recherché par les volontaires

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Deux cents adolescents passent un stage de cohésion au lycée agricole d'Ahun pour leur Service national universel (SNU), depuis lundi et pendant deux semaines. Beaucoup d'entre eux voient dans le SNU un moyen de découvrir les méthodes de l'armée française.

200 adolescents participent du 21 juin au 2 juillet au Service national universel en Creuse. 200 adolescents participent du 21 juin au 2 juillet au Service national universel en Creuse.
200 adolescents participent du 21 juin au 2 juillet au Service national universel en Creuse. © Radio France - Simon Cardona

Des cours sur la laïcité, sur l'environnement et des courses d'orientation au lieu des parcours dans la boue et des exercices physiques. Certains volontaires qui passent leur Service national universel (SNU) pendant deux semaines en Creuse avouent être un peu déçus après avoir découvert le programme. La grande majorité des jeunes volontaires, âgés de 15 à 17 ans, voyaient dans ce stage de cohésion au lycée agricole d'Ahun, du lundi 21 juin au vendredi 2 juillet, une sorte de nouveau service militaire. Pas sûr qu'ils y trouvent leur compte. 

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"On pensait qu'on allait courir dans la boue."

Cent filles et cent garçons venus de la Creuse, la Corrèze, la Haute-Vienne, les Charentes, la Vienne, et la Dordogne participent à cette troisième édition du SNU . Entre "5 et 10% d'entre eux ont été peut-être inscrits d'office par leurs parents", reconnait Bernard Montibus, chef de centre SNU en Creuse, mais le reste de ces adolescents est volontaire. 

Ils sont même avides de découvrir un aspect bien particulier du SNU. "On s'attendait à quelque chose de militaire, sportif," avoue Ilan dans un sourire un peu boudeur. L'adolescent et ses nouveaux copains de chambre de la 1re compagnie marchent vers un étang, pour une sensibilisation à l'environnement. "On pensait qu'on allait courir dans la boue limite." Mais le jeune homme n'en est pas démotivé pour autant, "on découvre des choses, c'est bien aussi." 

Valentin, éducateur à l'environnement, essaie de sensibiliser les adolescents de la 1re compagnie à la biodiversité et à la problématique de l'eau. © Radio France - Simon Cardona

Le même désenchantement se lit sur le visage d'Aurore qui "voulait qu'on nous montre ce qu'ils faisaient avant : faire le parcours, le respect qu'on doit aux adultes, être par brigade, dormir dans des maisonnées...". Bref, l'adolescente souhaitait un vrai service militaire, après être restée sur sa faim avec la journée défense et citoyenneté (JDC). Lutine, elle aussi, "n'imaginait pas totalement ça", alors que la 1re compagnie est en train d'observer des grenouilles et un héron cendré. Elle se figurait plutôt "un truc plus en rapport avec l'armée, mais bon tant pis !" rigole cette fille de parachutiste, qui voulait découvrir les métiers militaires, avant, peut-être, de s'engager.

Le SNU, un bon point dans le CV

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Ilan et bien d'autres volontaires rencontrés, émettent donc la possibilité de travailler pour l'armée française, dans quelques années. Ce SNU "peut clairement être le départ d'une carrière", explique Ilan. Ça peut nous lancer, nous aider pour être militaire." Certains, persuadés d'enfiler un uniforme dans leur vie professionnelle future, utilisent même ce SNU pour bâtir leur CV. 

"Ça peut nous valoriser par la suite, confirme Ilan et ses copains. Ce n'est pas des points, mais si on compare un élève qui a la même moyenne que moi et qu'on veut tous les deux rentrer militaires, un gradé peut très bien regarder les deux diplômes et prendre celui qui a fait le SNU parce qu'il a déjà une aventure à son compteur." Une expérience valorisée chez "les militaires, les pompiers, les gendarmes, les policiers", selon ces volontaires qui se sont bien renseignés avant de s'inscrire au SNU.

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Ce service, né d'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron en 2017, a bien une partie qui s'inspire de l'armée française et de l'ancien service militaire (1798-1997) : le lever des couleurs, la non-mixité des bâtiments où résident les lycéens, répartis en maisonnées, une certaine idée de l'ordre et de la hiérarchie...

"Les jeunes cherchent un cadre"

Mais faire découvrir l'armée à des adolescents n'est pas le but de ce stage de cohésion, assure Bernard Montibus. "Ce n'est pas un séjour de vacances, ni une période militaire, ni un établissement scolaire. C'est un mixte entre tout ça, précise le chef de centre SNU en Creuse, qui "comprend très bien" que certains des volontaires soient attirés par l'armée à travers le service national universel. Si je fais un bilan sur le retour du SNU 2019, que cherchent les jeunes ? Ils cherchent un cadre", et découvrir "une sensibilisation aux valeurs de la République".

Bernard Montibus, chef de centre SNU en Creuse. © Radio France - Simon Cardona

En France, ils sont 18.000 mineurs entre 15 et 17 ans répartis dans 122 centres, à participer à ce stage de cohésion du lundi 21 juin et jusqu'au 2 juillet. Ils étaient 2.000 en 2019, lors de la première édition expérimentée dans 13 départements. Le SNU est entièrement pris en charge par l'État, il coûte 2.200 euros par volontaire. L'objectif du gouvernement étant de le rendre obligatoire pour les 800.000 jeunes de 16 ans chaque année, selon Sarah El Haïry, secrétaire d'État à la Jeunesse et à l'Engagement, même si la date de 2026 "n'est pas consolidée et nécessitera un projet de loi".

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