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Éducation

Stains se mobilise contre la violence au lycée Maurice Utrillo

lundi 9 avril 2018 à 6:06 Par Adrien Toffolet, France Bleu Paris et France Bleu

Ces derniers jours, professeurs, élèves et parents d'élèves ont lancé un appel au secours au rectorat et aux pouvoirs publics face à la montée de violence à l'intérieur et aux abords du lycée.

Parents, professeurs et élus locaux, mobilisés contre la violence.
Parents, professeurs et élus locaux, mobilisés contre la violence. © Radio France - Adrien Toffolet

Stains, France

La situation toujours tendue à Stains en Seine-Saint-Denis. La semaine dernière, des élèves ont été agressés par des individus armés d'un hachoir et d'un marteau, devant le lycée Maurice Urtillo, à plusieurs moments de la journée. 

Les enseignants ont donc fait jouer leur droit de retrait, plusieurs surveillants se sont mis en arrêt maladie. Rapidement, ils ont été rejoints par les élèves qui ont fait grève et les parents d'élèves qui ont fait le choix d'occuper l'établissement.

Une inquiétude grandissante

Hier matin, ils étaient une bonne centaine devant le lycée, décoré pour l'occasion de banderoles "+ de moyens" et "+ de sécurité". Parmi eux des élèves, encore choqués les multiples agressions des derniers jours. Max et Basma* ne sont plus tranquilles à l'idée de venir en cours.

Franchement c'est beaucoup de peur quand on voit qu'il y a du sang dans les couloirs en allant d'une classe à l'autre. 

"On est perturbé, précise l'adolescent, ça a un impact sur notre scolarité." Même constat chez la jeune fille : "j'ai peur de venir en cours la plupart du temps. Si je viens en cours et risque de me prendre des coups de marteau, c'est dangereux. Surtout qu'on voit personne devant le lycée pour nous mettre en sécurité. J'ai vraiment une boule au ventre quand je viens."

Une situation qui inquiète les parents, comme Katia, dont les 2 enfants sont au lycée : "c'est des coups de marteau sur la tête. C'est un gamin qui a été hospitalisé, C'est un autre qui s'est pris des coups de bâton. C'est des assistants d'éducation qui vont séparer des jeunes qui se battent ou qui vont confiner les élèves à l'intérieur et du coup sont menacés. On ne peut pas laisser une telle violence impunie."

Des réponses insuffisantes

Pourtant, les équipes de l'établissement ont alerté le rectorat depuis plusieurs semaines. Le temps pour la situation de se dégrader et de démoraliser surveillants et professeurs. Sabrina, enseignante, s'alarme de "la fatigue et de lassitude" grandissantes. "On a des surveillants qui sont en arrêt maladie toute la semaine parce qu'ils ont assisté à des scènes très difficiles depuis le début de l'année. Il y a des collègues enseignants qui se demandent toujours ce qu'il va se passer dans la journée donc il ne viennent pas sereins au lycée", ajoute t-elle.

Devant le mécontentement grandissant, le rectorat a donc annoncé jeudi l'organisation le lendemain d'un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Les équipes pédagogiques, les parents d'élèves et les élus locaux, ont notamment obtenu que les patrouilles de police devant le lycée soient renforcées aux horaires de début et de fin des cours.

De l'avis de tous, c'est insuffisant. Sabrina : "On nous a promis la mise en place d'une cellule de veille, chose sur laquelle on est très très sceptique puisque de toute façon on sait que le commissariat de Stains n'a pas assez de moyens et d'effectifs. On ne voit pas comment cette solution va être réellement mise en place. Pour nous, nous sommes face à un problème de fond et ce qu'on nous propose, c'est un pansement sur une jambe de bois."

Toujours mobilisés

L'occupation de l'établissement par les parents d'élèves débutée vendredi continuera donc toute la semaine, comme l'explique Valérie, la maman d'une élève de terminale.

Les jours prochains, avec les parents, on vient de décider de continuer à occuper le lycée. 

"On avait des revendications bien plus grandes que celles que nous avons obtenues. On sera sur place pour qu'à l'intérieur du lycée les enfants aient l'équipe éducative nécessaire pour pouvoir continuer à travailler sereinement."

Mais à quelques semaines du BAC, tous espèrent un véritable engagement de l'Etat. Pour que cesse la violence au lycée, mais aussi pour qu'elle soit combattue partout dans le département.

Katia : "moi j'ai vraiment le sentiment que ce bassin est complètement délaissé, qu'on nous enlève des moyens en Seine Saint-Denis au lieu de nous en donner. On nous enlève des policiers, on nous enlève des médiateurs, on nous enlève tout le monde alors que c'est ici qu'on en a besoin."  

*Les prénoms ont été modifiés