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EN IMAGES - Suppressions de postes d'enseignants en Soule : "Sans école, le village est mort"

Les mobilisations se multiplient en Soule pour sauver des postes d'enseignants et des écoles menacés dans la prochaine carte scolaire que la direction départementale de l'éducation nationale doit présenter ce jeudi 4 mars. Les élus souletins ont signé une motion pour demander un moratoire de 5 ans.

Une centaine de parents, élus et habitants se sont regroupés devant l'école de Garindein pour sauver un poste d'enseignant
Une centaine de parents, élus et habitants se sont regroupés devant l'école de Garindein pour sauver un poste d'enseignant © Radio France - Thibault Vincent

"Nos enfants ne sont pas des moutons, arrêtez de les compter", "Parents en colère" ou encore "La qualité plutôt que la quantité". Avec l'approche du printemps, les banderoles fleurissent sur les grilles de l'école publique de Garindein. Malheureusement elles n'annoncent pas les beaux jours. Une semaine après le groupe scolaire de Mauléon, menacé de perdre un demi-poste d'enseignant, une centaine de personne a manifesté ce mardi 2 mars devant l'établissement du village voisin.

Les banderoles ont fleuri sur les grilles de l'école publique de Garindein
Les banderoles ont fleuri sur les grilles de l'école publique de Garindein © Radio France - Thibault Vincent

"Conséquences dramatiques pour les élèves"

Avec la perte de 4 élèves à la rentrée prochaine, le groupe scolaire de Garindein est en effet menacé de perdre un de ses deux postes. Il ne resterait plus qu'un enseignant pour s'occuper de 22 enfants de la petite section maternelle au CM2, aujourd'hui répartis sur deux bâtiments séparés. L'inquiétude des parents est vive. "On se pose beaucoup de questions sur le temps que l’enseignante pourra passer sur chaque niveau", s'interroge Emilie Marcarie, mère de 3 enfants scolarisés au village. 

Les élèves y sont aussi allé de leur soutien à leurs enseignantes
Les élèves y sont aussi allé de leur soutien à leurs enseignantes © Radio France - Thibault Vincent

"Cela va laisser les élèves de CM, par exemple, en autonomie, renchérit Sabrina Othatceguy, présidente de l'association des parents d'élèves. Elle ne pourra pas s’occuper de 8 classes et, en même temps, tenir son rôle de directrice d’école avec tout ce qu’il implique, toute la paperasse. _Non ! On est pas d’accord."Pour Anastasia, citadine arrivée avec sa famille il y a deux ans et demi, "les conséquences seraient dramatiques pour les élèves". Sa fille aînée s'épanouit dans la petite école familiale, dit-elle, dans "les grandes écoles, ils sont en surnombre, elle n'était pas très bien."_

Toutes les petites écoles menacées

L'inspection d'académie a bien proposer aux parents et à la mairie un arrangement : transférer les cours moyens (CM1, CM2) à Mauléon, qui pourrait ainsi sans doute sauver son demi-poste. "On est solidaire avec les autres écoles alentours, dit Sabrina, mais il faut nous comprendre, si on transfert les CM à Mauléon, d'ici 2022 il n’y a plus d’école à Garindein". Et le village y tient. "Sans école, le village est mort." D'où la forte mobilisation au-delà des parents et des élus.

Panneau d'avertissement autant que d'information aux abords de la manifestation pour l'école de Garindein
Panneau d'avertissement autant que d'information aux abords de la manifestation pour l'école de Garindein © Radio France - Thibault Vincent

Ils sont nombreux, les anciens, à s'être déplacés ce mardi. Anne-Marie, 70 ans, n'a plus de petits enfants dans l'école. La dernière est rentrée en 6e en septembre. Mais elle tient à défendre l'école : "c'est très important. Il y a _cette joie de vivre qu’il y a là avec ces gosses, leurs cris… Si il n’y avait pas cela, ce serait mort, triste."Non loin, Appien, professeur des écoles à la retraite et ancien conseiller municipal de Garindein qui a milité il y a 30 ans pour l'ouverture du 2e poste d'enseignant : "pour le village ce serait une grosse perte, et le problème se pose pour toutes les petites écoles, tant qu'on est sur une réflexion comptable."_

"On se sent de plus en plus isolés"

La mobilisation des élus des villages alentours montre que ces derniers en sont bien conscients. Quelques uns sont venus au rassemblement de Garindein. C'est le cas de Ruben Gomez, le maire de Laguinge-Restoue. Son école, qui accueille uniquement des CP, fait partie d'un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) avec Licq-Athérey (qui accueille les maternelles), Sainte-Engrâce,  Haux et Etchebar. A la rentrée, seuls 15 élèves son inscrit. Le RPI risque de perdre un demi-poste et entrainer la fermeture de l'école de Laguinge-Restoue. "Petit à petit, tous les services publics de proximité ferment. On se sent de plus en plus isolés, affirme Ruben Gomez. On continue à aller vers une désertification."

De nombreuses petites écoles communales sont menacées dans les villages notamment en Soule
De nombreuses petites écoles communales sont menacées dans les villages notamment en Soule © Radio France - Thibault Vincent

L'ensemble des maires du pôle Soule Xiberoa de la communauté d'agglomération pays basque ont signé une motion pour demander un moratoire de 5 ans sur la suppression de postes d'enseignants en Soule. "Le temps pour nous Souletins de monter nos projets pour pouvoir fixer notre population et faire en sorte que les jeunes arrêtent la migration vers la côte ou ailleurs", explique le maire de Garindein.

"Où est la cohérence ?"

Alain Arla le reconnait, la Soule a perdu des habitants ces dernières années, quand la côte, dans le même temps, en gagnait. "Mais _on fait tout pour qu’il y ait un rétablissement d’un équilibre entre le pays basque intérieur et le littoral"_. Ambition notamment affichée par la communauté d'agglomération et son programme local de l'habitat en cours d'adoption. 

La manifestation de Garindein a rassemblé bien au-delà des parents d'élèves et même du village
La manifestation de Garindein a rassemblé bien au-delà des parents d'élèves et même du village © Radio France - Thibault Vincent

Le problème c'est que si, dans le même temps, l'Etat ferme les écoles des villages, ces actions sont vouées à l'échec. "Une classe ou une école en moins dans un village cela veut dire que les jeunes ne vont plus se fixer. On supprime tout, on enlève la Poste, on va bientôt perdre la perception peut-être, je me demande où est la cohérence dans tout cela", s'indigne le maire de Garindein.

Il ne lui reste plus qu'à espérer être entendu à Pau. Les derniers arbitrages de la carte scolaire, après négociations avec les syndicats, doivent être rendus ce jeudi 4 mars, par le directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) et adopté la semaine prochaine en commission départementale de l'Éducation nationale (CDEN). On sait déjà que la mission fixée par le Ministère est de supprimer 13 postes dans le département à la rentrée prochaine.

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