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Éducation

Surcharge de travail des directeurs d'école : "On est multitâche"

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Le syndicat d'enseignants SE-UNSA lance une semaine d'action pour dénoncer la surchage de travail des directeurs d'école. Exemple à Fraize (Vosges), avec le témoignage de Guillaume Lalevée. A 34 ans, il gère une classe de CM2 mais aussi toutes les autres missions de directeur. Sur un rythme effréné.

Selon une enquête SE-UNSA, le temps de travail moyen des directeurs d'école est de 46h par semaine
Selon une enquête SE-UNSA, le temps de travail moyen des directeurs d'école est de 46h par semaine © Maxppp - Olivier Corsan Le Parisien PQR

Fraize, France

"On est un peu l'homme à tout faire." A 34 ans, Guillaume Lalevée est à la fois, enseignant en CM2 et directeur de l'école Jules Ferry à Fraize, dans les Vosges. Il est également adhérent au syndicat SE-UNSA. Le syndicat d'enseignants lance une semaine de mobilisation nationale pour dénoncer la surchage de travail des fonctionnaires. Une pétition sera envoyée au gouvernement et une étude sur "le moral des directeurs d'école" est en cours. 

"C'est pas possible"

Guillaume Lalevée bénéficie de deux demi-journées de décharge de direction. Autrement dit, ses collègues prennent le relais dans sa classe de CM2 pour lui laisser le temps d'accomplir ses missions de directeur : administratif, informatique, relations avec les parents etc. Problème, avec une classe en mois l'an prochain, ce temps de décharge sera sérieusement réduit.

"On ne peut pas faire tout le travail de directeur sur une journée, c'est pas possible," explique le trentenaire. Il y a des enquêtes à rendre, des logiciels à utiliser, des réponses à donner rapidement. Donc, je suis obligé d'intervenir le temps de midi, après la classe, et même pendant la classe : on laisse les élèves en autonomie et on leur donne un exercice pour partir au bureau ou pour ouvrir au livreur."

"On est multitâche. Alors, ce ne sont pas les tâches qui me gênent. Faire des choses très variées, c'est aussi pour ça que j'aime le métier de directeur d'école. Mais ce que je demande, c'est d'avoir le temps de le faire correctement." 

Selon une récente enquête du syndicat SE-UNSA : le temps de travail moyen des directeurs d'école est de 46 heures par semaine.

Responsabilité et niveau de recrutement

La situation ne devrait pas s'arranger dans les mois et les années à venir, estime Guillaume Lalevée. "Réduire le nombre de classes et réduire les décharges de direction (en tout cas, ne pas les augmenter) : cela va dans le mauvais sens. Il faut qu'on reconnaisse le métier de directeur, avec le salaire qui va avec, évidemment." 

Un enseignant et directeur d'école de huit classes avec une dizaine d'années d'expérience touche 2.200 euros nets par mois (prime de direction incluse). Il n'y a pas de prime au travail supplémentaire. Le salaire reste basé sur le point d'indice. Une rémunération qui reste inférieure à plusieurs autres voisins européens, comme la Belgique ou les Pays-Bas par exemples (tous les chiffres à la page 16 de cette étude de la Commission européenne).

Guillaume Lalevée insiste également sur la notion de "responsabilité" du directeur d'école. "C'est une notion de plus en plus importante dans notre métier," poursuit-il. "Tout comme le niveau de recrutement exigé pour devenir enseignant, ce qui peut aider à faire comprendre les revendications salariales. Parce qu'aujourd'hui, dans l'opinion publique, les enseignants ont beaucoup de vacances et sont suffisamment payés pour leur temps de travail."

Mauvaise nouvelle à la rentrée

Enfin, comme si cela ne suffisait pas, un poste en contrat aidé lui a été supprimé l'été dernier. "On m'a donné cette mauvaise nouvelle à la rentrée. Désormais, j'effectue seul la mission de directeur d'école." 

"Je n'ai plus d'aide administrative. Cette personne qui manque, ça pèse sur une journée."

Selon le syndicat SNUipp-FSU, le gouvernement a supprimé 23.000 contrats aidés dans l'Education nationale cette année. Avec pour conséquence, selon eux : "une baisse drastique des missions d'aide administrative avec, à court terme, une quasi-disparition de l'aide aux directrices et directeurs d'écoles."

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