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Éducation

Tarnos : soirée débat sur le harcèlement scolaire

dimanche 8 avril 2018 à 17:09 Par Lisa Melia, France Bleu Gascogne

Une cinquantaine de collégiens, parents, éducateurs spécialisés se sont retrouvés la semaine dernière à Tarnos pour échanger sur la question du harcèlement scolaire.

Un jeune sur dix serait victime de harcèlement - image d'illustration
Un jeune sur dix serait victime de harcèlement - image d'illustration © Maxppp - Lionel VADAM

Tarnos, France

Dans la salle, le public est diversifié : des collégiens, des parents, des psychologues, des éducateurs spécialisés, des policiers municipaux, plusieurs élus de la Ville de Tarnos, des surveillants scolaire et les comédiens de Courant d'être, une association de prévention par le théâtre.  

Tous sont venus pour assister au "pizza-débat" organisé par la mairie : une soirée gratuite dont l'objectif est d'échanger, de débattre, d'informer... et les pizzas sont fournies par la mairie !  

Insultes et cyber-harcèlement

"Ce genre de représentation permet de libérer la parole, de voir d'autres angles, explique Sophie Bedouck, de la compagnie Courant d'être. On dédramatise, on met de la distance, car c'est un sujet sur lequel la parole est verrouillée aussi bien pour les victimes que pour les témoins."

Sophie Bedouck, compagne Courant d'être

Sur scène, les trois comédiens interprètent des exemples de harcèlement entre jeunes. Insultes, moqueries, cyber-harcèlement... en quelques minutes et en quelques gestes, ce sont des scènes familières qui se déroulent sous les yeux des collégiens.

Sophie Bedouk interpellent ensuite les jeunes : "Qu'en avez-vous pensé ?". Réponse : "c'était gênant." Les ado assurent que s'ils se trouvaient dans cette situation de témoins, ils interviendraient. "Tu l'as déjà fait", demande Sophie Bedouk à l'un d'eux. Le garçon a l'honnêteté de répondre : "non".  

Empathie de groupe  

C'est bien le coeur du problème, pour le psychologue Marc Rodriguez, du centre médico-psycho pédagogique de Bayonne :  

Individuellement, chacun est capable d'empathie. Mais quand ils se retrouvent en groupe, les jeunes ne réagissent plus du tout de la même manière. C'est bien la difficulté, d'ailleurs. Parce que la théorie, ils la connaissent déjà par cœur. - Marc Rodriguez

A force de discussion, Sophie Bedouk amène les collégiens à aborder les questions de confiance en soi, d'auto-mutilation, de dépression, de phobie scolaire, de suicide. Autant de conséquences du harcèlement dont les jeunes sont parfaitement conscients.  

Un jeune sur dix victime  

Le harcèlement n'est pas un phénomène nouveau. On estime qu'un enfant scolarisé sur dix le subit, avec de légères différences entre les filles et les garçons : davantage de cyber-harcèlement pour les premières, plus de violence physique pour les seconds. 700 000 jeunes en seraient victime au moins une fois au cours de leur scolarité.  

Ce n'est pas non plus un phénomène de ville ou de campagne. "Ça arrive partout, confirme Isabelle Dufau, adjointe au maire de Tarnos à l'éducation et à la jeunesse. Ça arrive aussi assez tôt dans l'enfance. Ce sont des phénomènes auxquels nous devons pas rester insensibles. Il faut tout un village pour éduquer un enfant, nous devons aussi intervenir dans ce processus de co-éducation."

Isabelle Dufau, adjointe au maire de Tarnos

En tant que parent et en tant qu'infirmière scolaire, c'est forcément un sujet de préoccupation. J'ai choisi d'en parler avec mon fils, en espérant qu'il ne soit ni victime de harcèlement, ni harceleur lui-même. - Marie-Caroline, Tarnosienne et parent

Facebook, déjà dépassé  

La plupart des parents ont l'impression de marcher sur des oeufs, d'autant plus qu'une partie non négligeable de cette violence psychologique se déroule sur les réseaux sociaux, un domaine qui échappent totalement aux adultes

La preuve : au cours de la réunion, les adultes évoquent Facebook, avant de se faire reprendre par les jeunes qui leur indique, hilares, que personne sous l'âge de 16 ans utilise encore Facebook. S'ensuit un "cours" sur les dernières tendances en matière de communication entre ados. Les jeunes ont leurs propres réseaux, auxquels les parents, les éducateurs, les professeurs, comprennent peu de choses. 

"La différence, c'est que désormais, il n'y a plus de répit, poursuit Marie-Caroline. De notre temps, la maison était un refuge. Aujourd'hui, aussi bien eux que nous sommes en permanence accrochés à nos portables. On n'a jamais de pause." Le harcèlement ne cesse donc jamais non plus.

Marie-Caroline, parent et infirmière scolaire à Tarnos

"Je ne me sens pas touché personnellement, parce que je n'ai jamais harcelé personne et je n'ai jamais été harcelé, assure Matthéo, 14 ans, collégien à Langevin-Wallon à Tarnos. Par contre, j'ai déjà signalé à des surveillants que quelqu'un dans ma classe qui en était victime."  

Matthéo, 14 ans, collégien à Tarnos

La sensibilisation de ces dernières années a en tout cas fait son oeuvre : tous les jeunes sont conscients du problème. Depuis trois ans, l'éducation nationale organise ainsi, en novembre, une journée "Non au harcèlement."

Campagne de sensibilisation "non au harcèlement" - Aucun(e)
Campagne de sensibilisation "non au harcèlement" - Education nationale