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TÉMOIGNAGE - "On perd l'essence même de notre métier", déplore Jeanne, directrice d'école à Pantin

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

À Pantin (Seine-Saint-Denis), le malaise grandit parmi les directeurs d'école. Quatre d'entre eux, au moins, étaient en arrêt de travail, la semaine dernière. Les multiples réorganisations demandées pendant la crise sanitaire liée au Covid-19 ont fait craquer certains d'entre eux.

Jeanne, directrice d'école en Seine-Saint-Denis
Jeanne, directrice d'école en Seine-Saint-Denis © Radio France - Hajera Mohammad

Après le suicide de Christine Renon, en septembre 2019, à Pantin (Seine-Saint-Denis), le malaise des directeurs et directrices d'école avait fait la Une des médias. Alors qu'une proposition de loi est présentée, ce mercredi 24 juin 2020 à l'Assemblée nationale, pour créer officiellement, la fonction de directeur d'école, le malaise semble persister. La crise sanitaire liée au Covid-19 n'a pas arrangé les choses.

Solitude du poste

D'après les informations de France Bleu Paris, au moins quatre directeurs et directrices d'école de Pantin étaient encore en arrêt de travail, la semaine dernière. Parmi eux, Jeanne. Elle enseigne depuis 34 ans et elle est directrice d'école depuis 18 ans Elle est en arrêt depuis trois semaines, après une énième rentrée à devoir organiser à la demande du ministère et du gouvernement, en pleine crise du Covid-19. 

"On avait travaillé avec l'équipe, un mercredi, pendant quatre heures, on a proposé une nouvelle organisation et j'ai reçu un coup de fil de l'inspecteur académique qui a dit non, que ça n'allait pas du tout".  C'est à ce moment-là, que Jeanne, craque. Le manque d'autonomie, le sentiment de ne pas être entendue par la hiérarchie et la solitude du poste, tout cela est devenu difficile à supporter.

C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, oui, je me suis dit "stop", je ne peux plus aller travailler".

Mais avant même le coronavirus, ça n'allait plus. "On passe tellement de temps à remplir des tableaux, à répondre au téléphone, à faire 1001 choses qui nous dévient de l'essence de notre métier, à savoir les élèves et leur réussite". 

"C'est comme si on avait fait quatre rentrées en l'espace de trois semaines" - Jeanne, directrice d'école

Une proposition de loi présentée ce mercredi

Mettre fin aux tâches chronophages des directeurs, revoir leurs primes à la hausse éventuellement, les décharger de leur classe, autant de pistes proposées par le texte présenté, ce mercredi, à l'Assemblée nationale. Mais Jeanne veut des avancées concrètes. Pour elle, créer "une fonction", ne sert à rien, si les moyens humains et matériels ne suivent pas, ainsi que la reconnaissance de la part de l'institution et de la population. 

Une meilleure reconnaissance du métier

La directrice a très mal vécu le_"prof-bashing"de ces dernières semaines. "On ne voit  que la partie émergée de la profession, les 24 heures de travail officielles sur le poste, mais en réalité, je travaille 50 heures par semaine", notamment depuis chez elle. "C'est facile de casser du sucre sur notre dos. Moi j'invite ceux qui le veulent à passer une semaine dans mon école, dans les classes, dans mon bureau. S'ils veulent prendre ma place, il n'y a pas de problème"._

TÉMOIGNAGE - Jeanne, directrice d'école à Pantin : "je me suis sentie dépossédée de mes compétences"

Jeanne est en arrêt jusqu'à début juillet, elle ne sera pas là pour les derniers jours d'école de ses élèves. Et si elle revient en septembre dans son établissement, ce sera seulement en tant qu'enseignante. Pour le poste de directrice, elle préfère passer le relais. En France, 4 000 postes de directeurs d'écoles ne trouvent pas preneur, chaque année. 

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