Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Éducation

Terre de Cévennes : la classe unique

vendredi 7 septembre 2018 à 14:26 Par Saïd Makhloufi, France Bleu Gard Lozère

Chaque semaine la rédaction de France Bleu Gard Lozère revient sur un sujet d'actualité illustré sous forme de reportage en immersion. Cette semaine, Terre de Cévennes retourne sur les bancs de l’école.  

L’école compte 14 élèves de 4 niveaux différents du CE1 à la  CM2. Pour la maitresse qui va devoir naviguer entre chaque programme c’est une vraie gymnastique.
L’école compte 14 élèves de 4 niveaux différents du CE1 à la  CM2. Pour la maitresse qui va devoir naviguer entre chaque programme c’est une vraie gymnastique. © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Antrenas, France

Préparez votre cartable, votre cahier et votre stylo ! Plus de 12 millions d'élèves ont repris ce lundi 3 septembre le chemin de l'école. Cette semaine, Terre de Cévennes, le magazine de la rédaction, vous propose de retourner sur les bancs de l’école. À l’occasion de la rentrée des classes, Saïd Makhloufi s’est intéressé aux écoles rurales. Notre reporter a passé la semaine dans la classe unique du petit village d’Antrenas (340 habitants) en Lozère.

 Sophie Victor-Serrano l’institutrice de la classe unique d’Antrenas découvre sa classe.  - Radio France
Sophie Victor-Serrano l’institutrice de la classe unique d’Antrenas découvre sa classe. © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Quatre classes en une

Il est 8h. Sophie Victor-Serrano, l’institutrice de la classe unique d’Antrenas, découvre sa classe. Une petite pièce de 30 mètres carrés divisée en quatre. Un espace pour les CE1, un autre pour les CE2, encore un pour les CM1 et un dernier coin pour les CM2.  Sophie a le sourire aux lèvres. Elle jette un coup d’œil sur le nouveau tableau noir installé la veille par le seul agent de la commune : " Il est beau mon tableau, je suis contente c’est important d’avoir de bons outils de travail." 

Nouveau tableau, nouveau rétroprojecteur et un ordinateur, Sophie prépare son matériel avant l’arrivée des élèves. L’école ouvre ses portes à 9h.    

Fleurine est en CE1. Dans sa classe elle aura 13 camarades - Radio France
Fleurine est en CE1. Dans sa classe elle aura 13 camarades © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Les premiers enfants arrivent, Fleurine 7 ans est accompagnée ce matin par son papa. Fleurine est en CE1. Dans sa classe elle aura 13 camarades : Paulin, Chloé, Louise, Lucas, Maya, Mathilde, Gabin, Noé, Lola, Elliott, Thibaut, Elsa et Lucas. L’école compte 14 élèves de 4 niveaux différents du CE1 à la  CM2. Pour la maitresse, qui va devoir naviguer entre chaque programme, c’est une vraie gymnastique.     

"Il faut avoir quatre cerveaux et c’est pas facile. Il faut aménager le temps pour pouvoir alterner sur un groupe afin d’aider les enfants tout en s’assurant que les autres élèves sont autonomes. Ça demande énormément de travail pour proposer aux élèves un enseignement individualisé."     

La maitresse doit redoubler d’effort pour que la classe fonctionne mais Sophie compte aussi beaucoup sur ses élèves. "L’idée de la classe unique à plusieurs niveaux c’est de s’entraider. Les CM2 doivent apporter quelque chose aux CE1, les CE2 doivent pouvoir s’appuyer sur les CM1 et les plus grands ont toujours à apprendre des plus petits " Une philosophie qui séduit parents et enfants. 

Lola est en CM1, la petite fille a 7 ans - Radio France
Lola est en CM1, la petite fille a 7 ans © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Lola est en CM1, la petite fille a 7 ans, bavarde, pleine de vie, intelligente. Lola a tout de l’élève qui peut tirer le groupe vers le haut. C’est le genre d’élève qui fait mouche dans une petite classe et qui a vite trouvé sa place.  

"Je considère cette classe comme ma famille, Elsa qui est en CM2 c’est comme sœur et en plus elle m’aide quand je suis en difficulté."   

Avant, Lola allait à l’école de Marvejols, dans sa classe il n’y avait que des élèves du même niveau et pour elle la différence est bien réelle. "Dans la classe unique, on est beaucoup moins que dans mon ancienne classe de Marvejols, du coup ici j’ai plus la maitresse pour moi et on travaille mieux mais surtout tout le monde aide tout le monde ". 

Entraide et solidarité

Le papa de Lola a très vite été séduit, Nicolas Mourgues explique : "Le fait d’avoir des CE et des CM dans une même classe pour moi c’est une force. Ça permet aux plus petits d’avoir un œil sur ce qu’ils vont découvrir dans les prochaines années et aux plus grands de consolider les bases.  Et puis ça permet de jouer sur des valeurs de solidarité, d’entraide. Ce sont des valeurs vu le contexte actuel qu’il faut promouvoir."   

La solidarité, l’entraide, des valeurs importantes dans ce petit village de 340 habitants qui doivent sans cesse se battre pour maintenir cette école. Les parents ont par exemple tous participé aux travaux de rénovation de la classe durant l’été. Un coup de main et une mobilisation appréciés par le maire de la commune, Gilbert Fontugne :

"L’école est très importante pour nous. Sans école, pas de parents. Sans parents, pas d’enfants. Et sans enfants, plus d’école. Si l’école disparait, c’est la mort du village. L’école c’est de la vie pour le village."

La journée de classe se termine, Sophie l’institutrice est soulagée :"Une rentrée, c’est toujours très stressan. Il faut dès le début que les enfants prennent de bonnes habitudes. C’est important de ne pas rater sa rentrée." 

Malgré la difficulté du job, Sophie est heureuse dans son travail surtout en Lozère : "C’est comme ça que j’ai toujours rêvé mon métier. Je suis venue en Lozère pour travailler dans une petite école rurale. Je ne voulais pas travailler avec de gros effectifs, j’avais envie de trouver un cadre travail familial et puis la Lozère c’est un cadre de vie exceptionnel. Je suis très heureuse ici et je ne partirai pas, même si les hivers sont longs et rudes."

Terre de Cévennes : la classe unique