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Éducation

Toulouse : l'université Jean Jaurès ferme son antenne à Madrid, vingt étudiants se retrouvent sur la paille

vendredi 27 octobre 2017 à 15:34 Par Stéphane Garcia, France Bleu Occitanie

L'université de Toulouse 2 Jean Jaurès ferme son antenne de Madrid. Sur place, une vingtaine d’étudiants ont été obligés de rentrer à Toulouse alors qu’ils s’apprêtaient à passer une année dans la capitale espagnole.

Depuis plusieurs mois, les relations entre l’antenne espagnole et l’université Toulouse 2 Jean Jaurès sont tendues.
Depuis plusieurs mois, les relations entre l’antenne espagnole et l’université Toulouse 2 Jean Jaurès sont tendues. -

Toulouse, France

Le 25 septembre devait être une rentrée normale pour cette vingtaine d’étudiants toulousains, venus de deux cursus différents (Langues, littératures et Civilisations Etrangères et Langues Etrangères Appliquées), qui avaient choisi de faire une année au centre d’étude universitaire de Madrid, pour améliorer leur maîtrise de l’espagnol. Sauf que depuis plusieurs mois, les relations entre l’antenne espagnole et l’université Toulouse 2 Jean Jaurès sont tendues. La faute à des problèmes de dysfonctionnement (retards dans le paiement des salaires, absence de communication, soucis avec l'informatique...). Sans parler du directeur du CEUM Javier Perez Bazo, sur la sellette, menacé de limogeage. Depuis plusieurs semaines, les professeurs sont en grève.

Des frais engagés "pour rien"

Six petites heures de courts en deux semaines, et puis c’est tout. Voilà ce à quoi les expatriés toulousains ont eu droit. Après ? Plus rien, pas une réponse de la part de l’université, jusqu’au vendredi 23 octobre. Dans une lettre qui leur est adressée, le Vice-Président de la commission formation et vie universitaire de l’université Jean Jaurès déplore la situation et acte la fermeture du Centre Universitaire de Madrid pour l’année. "On savait déjà, dès le départ que quelque chose se passait, explique Camille Poix, étudiante en LLCE. Nous avons reçu les dossiers d’inscriptions assez tard, fin août, parce que l’université n’était pas sûre de rouvrir le Centre. Du coup on trouve ça inacceptable qu’ils nous aient quand même envoyé à Madrid en sachant qu’on allait devoir si vite rentrer".

Camille : "On trouve ça inacceptable qu’ils nous aient quand même envoyé à Madrid en sachant qu’on allait devoir si vite rentrer..."

Quelle suite pour leurs études ?

Aujourd’hui, près des trois quart des élèves sont rentrés à Toulouse, faute de solutions adaptées pour eux. Mais pour moins d’un mois dans la capitale espagnole et à peine quelques heures de cours, ils ont dû tout débourser de leur poche raconte Lise. "Beaucoup ont perdu des cautions, parfois même plusieurs mois de loyer. Sans parler des multiples allers retours que nous avons fait depuis cet été pour trouver un logement sur place. L’Université de Toulouse 2 nous a dit de rentrer mais c’était à nous de nous débrouiller".

Lise : "Beaucoup ont perdu des cautions, parfois même plusieurs mois de loyer. Sans parler des multiples allers retours que nous avons fait..."

A cette inquiétude, la vice-présidente propose aux étudiants de constituer un dossier de justificatifs pour se faire rembourser les frais. « Mais nous le dire seulement maintenant, c’est un peu tard », soupire Camille Poix. L'autre inquiétude c'est la suite de leurs études. Quelle place pour ces étudiants en Master, sur sélection de dossiers, si eux n'ont pas eu la chance de partir à l'étranger alors que les autres si ? "On aurait pu faire une année en Erasmus mais nous avons choisi le Centre de Madrid. Aujourd’hui, un mois après, nous sommes déjà de retour, déplore Marion Minguez. On fait une licence d’espagnol et c’est en partant dans le pays qu’on apprend la langue et la culture. En restant à Toulouse, on va garder nos difficultés".

Marion : "C’est en partant dans le pays qu’on apprend la langue et la culture. En restant à Toulouse, on va garder nos difficultés..."

"Une année gâchée"

Camille De Frescheville fait partie de la poignée d’étudiants restés dans la capitale espagnole. Elle a décidé de mettre son année de LEA entre parenthèses pour trouver un travail avant de rentrer dans une école. Elle garde un goût amer de ce qu’on leur avait promis être « une année inoubliable ». "Ils m’ont gâché l’année et je pense que le retard est irrattrapable. Cela m’a profondément dégoûté. Ils ont voulu nous tromper à plusieurs moments, ils nous ont posé des ultimatums (ex: vous avez une semaine pour rentrer à Toulouse maximum si vous voulez des profs) et ils changeaient tout le temps d’avis".

De son côté l'université Toulouse Jean Jaurès a indiqué d'abord ne pas vouloir communiquer sur le sujet avant de publier un communiqué de presse le vendredi 27 octobre.