Éducation

Toulouse : la FCPE dénonce des préfabriqués insalubres dans l’école Olympe de Gouges

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse mardi 20 septembre 2016 à 1:14

Julie Pagès et Linda Djouaher, déléguées FCPE et mobilisées depuis de longs mois contre les algécos insalubres à l'école Olympe de Gouges de Toulouse
Julie Pagès et Linda Djouaher, déléguées FCPE et mobilisées depuis de longs mois contre les algécos insalubres à l'école Olympe de Gouges de Toulouse © Radio France - Stéphanie Mora

Ce mardi matin la FCPE organise un rassemblement à partir de 8h devant l'école primaire Olympe de Gouges. Les parents d'élèves de cette école du nord de Toulouse réclament depuis plusieurs mois des salles de classes décentes pour les CP et un vrai espace cantine.

De la moisissure et même des crottes de souris. Le groupe scolaire Olympe de Gouges, situé à quelques encablures de Launaguet, est quasiment tout neuf puisqu'il n'est ouvert que depuis 2008. Mais faute de place, dans ce quartier à l'urbanisme galopant, deux classes sont installées dans les algécos. Des préfabriqués devenus au fil du temps particulièrement insalubres : les déléguées FCPE racontent, photos à l'appui, les moisissures sur les murs, le revêtement de sol des sanitaires imbibé d'urine, les climatiseurs en panne et même l’an dernier des crottes de souris...

"Y'a de la colère chez les parents, certains se demandent s’ils ne vont pas enlever leurs enfants de là" commente Linda Djouaher, secrétaire de section FCPE à Olympe de Gouges, cette maman a ses trois enfants scolarisés dans cette école.

Les parents d'élèves montrent des photos des nouveaux préfabriqués avec encore des traces de moisissures. - Radio France
Les parents d'élèves montrent des photos des nouveaux préfabriqués avec encore des traces de moisissures. © Radio France - Stéphanie Mora

Algécos remplacés cet été mais rien n’a changé

Je ne suis pas satisfaite de la qualité des nouveaux algécos. — Marion Lalanne de Laubadère, adjointe en charge de l’éducation.

Reçus en juin par l’adjointe au maire en charge de l’éducation, les parents d'élèves d'Olympe de Gouges avaient obtenu l'assurance que les bungalows préfabriqués seraient remplacés durant l'été. Promesse tenue par la municipalité mais le résultat n'est pas à la hauteur : les nouveaux algécos sont loin d’être neufs et Marion Lalanne de Laubadère l'adjointe au maire en charge de l'éducation en a conscience : "Ce ne sont pas des bungalows neufs et les parents s’attendaient à des algécos neufs. Le marché que l’on a avec le prestataire ne stipule pas qu’ils soient neufs et je ne suis pas satisfaite du tout du résultat. Néanmoins il n’y a plus les problèmes de moisissures, les climatiseurs ont été changés, les huisseries ont été changées et tous les jours les services techniques sont dans l’école et travaillent à une autre solution, il n’est pas question de laisser des algécos comme cela".

La ville de Toulouse réfléchit notamment à une extension en dur de l'école et l'adjointe au maire promet de faire des propositions rapidement aux parents...

Marion Lalanne de Laubadère, l'adjointe au maire de Toulouse, assure que les services de la ville sont mobilisés pour trouver une solution durable.

Les algécos de l'école Olympe de Gouges sont situés derrière les bâtiments neufs mais dès le départ trop petits. - Radio France
Les algécos de l'école Olympe de Gouges sont situés derrière les bâtiments neufs mais dès le départ trop petits. © Radio France - Stéphanie Mora

Les parents d'élèves eux n'ont vu aucune amélioration, Linda Djouaher : "On voit les camions de la mairie mais ce ne sont que des états des lieux qui sont faits. On n’est pas satisfait, rien n’a changé. Les photos qu’on a de juin et de septembre ce sont les mêmes traces de moisissures, le même lino tâché d’urine. Accueillir encore des enfants dans ces conditions je trouve ça déplorable !"

La secrétaire locale de la FCPE doute aussi de la rapidité de la ville à agir, elle montre alors un courrier daté d’avril 2015 où Marion Lalanne de Laubadère promet déjà des études et la réflexion sur un agrandissement de l’école : "Ca voudrait dire que depuis 2015, ils sont sur une réflexion… Ca fait un peu peur, mes enfants seront peut-être en faculté quand les choses bougeront à Olympe de Gouges ?"

"On voit les camions de la mairie, mais rien n'a changé!" Linda Djouaher secrétaire locale FCPE

Une cantine sous dimensionnée. Des élèves vont manger ailleurs

Les parents d'élèves demandent des algécos neufs et un espace cantine adapté pour la rentrée des vacances de Toussaint. Actuellement le réfectoire serait prévu pour 120 enfants mais recevrait chaque midi deux services de 78 écoliers, selon la FCPE. Et cette année une trentaine d'autres sont carrément transportés en bus jusqu'à l'école Alphand pour pouvoir manger. Julie Pagès, une autre maman d’élève, raconte des repas sous tension : "les plats sont souvent froids, les enfants se bousculent faute de place, on leur demande de chuchoter car il y a trop de brouhaha. Cette année ma fille va à Alphand pour manger. Elle est sous tension ,elle pleure".

La rénovation de l'école Olympe de Gouges devrait coûter plusieurs millions d'euros. Mais les travaux semblent d'autant plus inévitables que juste en face du groupe scolaire un programme de 300 logements sera définitivement mis en location avec potentiellement des dizaines de nouveaux élèves à accueillir.

Reportage à l'école Olympe de Gouges