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Éducation

Toulouse : la nouvelle vie "sans violence" au lycée Gallieni

mercredi 9 mai 2018 à 13:54 Par Olivier Lebrun, France Bleu Occitanie

Quatre mois après la crise dans le lycée professionnel toulousain, le proviseur nommé par le ministre de l’Education pour ramener l’ordre parle d’un climat apaisé et d’un dialogue renoué entre élèves, enseignants et familles.

Au Lycée Gallieni à Toulouse, l'entrée est sécurisée
Au Lycée Gallieni à Toulouse, l'entrée est sécurisée © Radio France - Olivier Lebrun

Toulouse, France

Violences, incivilités, des enseignants à bout de nerf. Quatre mois après la crise au lycée Gallieni à Toulouse, le climat semble redevenu plus serein dans l'établissement. Le ministre de l'Education Nationale Jean-Michel Blanquer s'était personnellement investi en envoyant une équipe de choc pour ramener l’ordre et la sérénité dans l’établissement.  Invité de France Bleu Occitanie, Fabrice Pinteau, le nouveau proviseur du Lycée Gallieni fait le point sur le climat et les nouveaux projets de cet établissement pilote.

"le climat est plus détendu" - Fabrice Pinteau, le proviseur du Lycée Gallieni

France Bleu Occitanie : A l'époque, un hebdomadaire n'avait pas hésité à parler d'un "lycée en état de guerre". Depuis votre nomination à la direction de ce lycée professionnel de 950 élèves, quel est le climat aujourd’hui ? 

Fabrice Pinteau : On travaille tous les jours pour que le climat soit plus serein, plus tranquille pour nos élèves et nos professeurs. Les élèves reconnaissent que le climat est plus détendu, qu’ils arrivent à travailler, que tout n’est pas gagné, tout comme les professeurs, mais pour l’instant on est à nouveau dans un établissement totalement identique aux autres

Vous avez remis de la discipline, des sanctions ?

On a revu et ravivé toutes les procédures disciplinaires qui permettent de suivre les élèves pour leurs absences, leurs retards ou pour leurs incivilités. Tout cela a été travaillé. On est plus réactif, avec plus de liaisons avec les familles et avec les professeurs. Dès la première incivilité, on intervient. On cherche à développer le lien avec les familles et à montrer aux élèves que quand on fait quelque chose dans l’établissement, les familles sont au courant immédiatement.

Que sont devenus les "éléments perturbateurs" qui pourrissaient la vie du lycée ?

Il y a eu des exclusions. Depuis mon arrivée, il y a eu 7 conseils de discipline, quatre ont donné lieu à des exclusions définitives. Les éléments perturbateurs, on ne peut pas forcément les identifier, et c’est tant mieux, car ça leur laisse une seconde chance. Cela permet à ces élèves de redémarrer, et de respecter les règles qu’ils ne respectaient pas jusque-là.

Les 35 caméras vidéo installées dans l’établissement, ça vous aide ?

C’est un outil qui nous permet d’assurer un suivi, de repérer des faits dans l’établissement, c’est très utile pour nous.

La discipline, cela ne suffit pas, il faut redonner confiance aux  élèves ?

Il faut leur permettre d’avoir des projets. Nous avons un lycée spécialisé dans la filière automobile qui a beaucoup d’atouts, avec des projets. Une dizaine d’élèves de Gallieni viennent d’être sélectionnés pour monter en Novembre au parlement européen. Il y a des élèves qui sont très motivés, d’autre qu’il faut motiver. Toute l’équipe pédagogique essaye de chercher de nouvelles façons de faire, pour leur permettre d’avoir cette motivation.

Le Lycée Gallieni est un établissement de pointe sur les métiers de l'automobile, on a forcément un emploi au bout. Des professeurs réclament  un recrutement national, plutôt que des élèves du quartier voisin qui ne savent pas trop où aller, ils ont été entendus ?

On n’a pas que des élèves qui viennent du quartier, on a des élèves des départements voisins, voir même en BTS hors académie. Quant aux CAP, faut-il les répartir sur d’autres lycées ? C’est un travail qui se fera, mais pas du jour au lendemain. On travaille pour 2019/2020.

Jean Michel Blanquer a fait clairement de Gallieni un lycée pilote pour expérimenter le retour à l'ordre, son pari est en passe de réussir ?

On l’espère tous. C’est un lycée pilote dans la façon dont on propose les choses. Les propositions sont faites par les équipes pédagogiques qui travaillent énormément, en collaboration avec les services de l’inspection. Madame la rectrice a des propositions pour la prochaine rentrée. Aux enseignants de les accepter ou de les modifier.

Fabrice Pinteau - proviseur du Lycée Gallieni - Radio France
Fabrice Pinteau - proviseur du Lycée Gallieni © Radio France - Alban Forlot

Les enseignants attendent de voir

Une réunion de négociations a eu lieu ce lundi 7 mai entre l'inspectrice d’Académie Elisabeth Laporte et les syndicats d'enseignants pour présenter les premières mesures afin de réorganiser le lycée et régler définitivement le problème des violences

Les syndicats avaient porté toute une série de propositions, ils sortent globalement déçus de cette réunion. La DASEN Elisabeth Laporte refuse leur principale revendication : pas question de revoir la répartition des CAP prioritaires à Toulouse. Les syndicats souhaitent que certaines de ces filières qui regroupent les élèves les plus difficiles soient transférées vers d'autre lycée. C’est non a prévenu l'inspectrice. Autre déception, la mise en place d'un recrutement sur dossier pour les CAP, l'Académie refuse également. Pas d'annonce concrète non plus en ce qui concerne l'instauration de mini-classes pour aider les élèves en difficultés à rattraper leur retard. A noter tout de même une avancée : l'ouverture à la rentrée d'une classe de seconde générale à Gallieni. Pour les syndicats, cela permettra plus de mixité.

Les syndicats enseignants saluent également des négociations constructives. "Le dialogue est très prometteur" selon un responsable du SNES FSU. D'autres réunions doivent se tenir dans les semaines qui viennent.

Une opération portes ouvertes aura lieu le 18 Mai au Lycée Gallieni - Radio France
Une opération portes ouvertes aura lieu le 18 Mai au Lycée Gallieni © Radio France - Clémence Fulleda