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Éducation

Toulouse : les correcteurs du bac grévistes maintiennent la pression

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Occitanie

Ils sont minoritaires, ils le savent mais malgré les doutes les "correcteurs-rétenteurs" des notes réunis en assemblée générale veulent maintenir le bras de fer. Dans l'académie de Toulouse, ils seront encore en grève demain et dénoncent la "pression" mise par le rectorat et le ministre.

Ce mercredi encore plus d'une centaine d'enseignants de l'académie de Toulouse ont participé à l'assemblée générale.
Ce mercredi encore plus d'une centaine d'enseignants de l'académie de Toulouse ont participé à l'assemblée générale. © Radio France - Stéphanie Mora

Toulouse, France

Ce mercredi matin, 112 enseignants ont participé à l'assemblée générale contre les réformes Blanquer dans l'Education nationale au premier rang desquelles la réforme du lycée. La réunion se tenait à la Bourse du travail à Toulouse. Qu'ils soient correcteurs du bac ou pas, qu'ils aient retenu les notes ou pas, ils ont voté le maintien de la grève jusqu'à jeudi 4 juillet. Malgré les doutes et la crainte de sanctions, les correcteurs du bac sont invités à conserver encore les copies corrigées et à ne pas rentrer les notes pour l'attribution du bac. Les résultats sont pourtant attendus vendredi. Mais plus les heures passent et plus l'idée d'un report s'installe. 

25% des bacheliers de l'académie potentiellement impactés

La grève a débuté mardi. Jusque-là, les professeurs qui corrigent les épreuves du bac assurent qu'ils ont fait leur travail normalement. Depuis le 2 juillet, ils n'ont pas validé la dernière étape : saisir les notes sur informatique. "Le mouvement est minoritaire. Pour l'académie de Toulouse, il y a 12% de grévistes chez les correcteurs et cela impacte environ 25% des bacheliers" constate Christophe Manibal, représentant du SNES en Haute-Garonne. 

"On estime que trois ou quatre jours de retard à côté de ce que les générations futures vont perdre ce n'est rien du tout. Tous les jurys ne sont pas bloqués, certains se tiendront d'autres pas . C'est à la rectrice de l'académie de Toulouse de décider si elle proclame les résultats ou pas vendredi. Mais monsieur le ministre peut encore dire qu'il accepte de suspendre sa réforme et d'ouvrir le dialogue. Le ministre de l'agriculture a entendu nos collègues des lycées agricoles, Agnès Buzyn reçoit les syndicats d'urgentistes, il n'y a que le ministre de l'Education nationale qui n'a pas compris qu'il ne pouvait pas diriger tout seul cette maison!" Christophe Manibal représentant SNES Haute-Garonne

La pression et les doutes.

Mardi soir les correcteurs grévistes ont reçu un courrier du rectorat, leur annonçant un délai pour la saisie des notes mais leur demandant aussi de justifier leurs actes s'ils ne le font pas avant ce mercredi soir 19h. Un "coup de pression inacceptable" pour les professeurs réunis en AG qui dénoncent une "absence de dialogue" de la part de la rectrice. Elodie est professeur de philosophie : "nous lui avons écrit toute l'année pour obtenir une entrevue. On n'a jamais eu de réponse, et là il faudrait que l'on réponde à son courrier?!" 

Les débats ont aussi tourné sur la pertinence de conserver encore longtemps les copies corrigées. Certains correcteurs ont fait part de leur "malaise". La plupart sont fatigués. Ils sont mobilisés depuis décembre : nuits au lycée, réunions d'information aux familles, manifestations... Ce mercredi matin, ils ont applaudit à l'annonce de la dernière déclaration du ministre sur le "petit retard" dans les résultats mais... 

"Je n'en dors pas! Je ne sais pas si je ne vais pas finir par rendre les notes ce soir. J'ai un sentiment de culpabilité, d'inutilité... Ce qu'on fait c'est ridicule! Et pourtant que faire d'autre? Ce que l'on fait est légitime mais inaudible. Et puis je pense à nos élèves. C'est compliqué pour eux, ils vont avoir 24 heures de stress supplémentaire et pourtant la première fois qu'on a parlé de nous c'est quand on a enclenché cette grève. Ce n'est pas une victoire à mes yeux. Je fais ça par dépit." Cathy, enseignante et correctrice en philosophie. 

Les jurys doivent se tenir à partir de demain pour arbitrer et valider les dossiers. Si les notes ne sont pas saisies d'ici jeudi soir, il y a de grandes chances que les résultats soient différés dans l'académie de Toulouse. Pour l'instant, le rectorat de l'académie de Toulouse n'a pas répondu à nos sollicitations. 

La FCPE demande l'ouverture du dialogue

Mercredi soir, la fédération de parents d'élèves pourtant hostile elle aussi à la réforme du lycée publie un communiqué dans lequel elle renvoie grévistes et ministère dos à dos. 

"Les parents d'élèves de la FCPE dénoncent le fait que certains enseignants se sentent contraints d’utiliser les notes des bacheliers comme monnaie d'échange dans leurs discussions avec le ministère de l'Education nationale. (...) Les enseignants doivent trouver d'autres moyens pour que le gouvernement prenne leurs revendications en compte. Le gouvernement doit cesser de jouer la stratégie du pourrissement et de délégitimer à outrance le mouvement social pour passer en force des réformes contestées. Nos enfants ne sont en rien responsables de cette absence de dialogue." Communiqué de la FCPE de Midi-Pyrénées.