Éducation

Tremblay-en-France : huit personnes interpellées après l'agression de la proviseure d'un lycée

Par Samuel Aslanoff, France Bleu Paris Région et France Bleu lundi 17 octobre 2016 à 13:19 Mis à jour le mardi 25 octobre 2016 à 13:26

Le lycée Hélène Boucher de Tremblay-en-France
Le lycée Hélène Boucher de Tremblay-en-France - capture d'écran Google Street View

La proviseure d'un lycée de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) avait été frappée le lundi 17 octobre, à la grille de son établissement. Des cocktails molotov avaient été lancés. Huit personnes dont des mineurs ont été interpellées ce mardi matin.

Huit personnes, dont plusieurs mineurs, ont été arrêtées ce mardi matin après les violences survenues au lycée Hélène Boucher de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Saint-Denis, le 17 octobre dernier. Plusieurs personnes s'en étaient prises à la proviseure de l'établissement, l'une d'elle l'avait frappé alors qu'elle se trouvait à la grille de l'établissement. En dix jours, c'était la troisième fois que le lycée est le théâtre de violences. Parmi les personnes interpellées, figurerait l'auteur des coups.

Tirs de mortiers artisanaux

Retour sur les faits du 17 octobre. "La proviseure, présente à la grille, a essayé de raisonner ces individus, de calmer la situation", a ajouté le rectorat. Légèrement blessée au visage par quatre d'entre eux, la proviseure a été transportée à l'hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois, ainsi que la gardienne de l'établissement, victime d'un malaise, a précisé une source policière. Quatre cocktails molotov ont été lancés sur la façade sans faire de dégâts, et trois autres bouteilles contenant du liquide inflammable ont été retrouvées à proximité du lycée, a ajouté cette source. Alors que les forces de l'ordre avaient été appelées sur place, ces "jeunes" s'en sont alors pris aux policiers, qui ont essuyé des tirs de mortiers, confectionnés artisanalement afin de propulser des projectiles, ont raconté des sources policières.

Troisième épisode de violences en quelques jours

Au total, 80 jeunes seraient impliqués dans ces incidents, dont une dizaine se sont montrés particulièrement virulents. Les faits ont été filmés par la vidéosurveillance de la ville, en cours d'exploitation. Le parquet de Bobigny a confié une enquête à la Sûreté territoriale. C'est le troisième épisode de violences qui se produisent aux abords de cet établissement. Le 10 octobre, une trentaine de jeunes munis de barres de fer s'étaient affrontés devant l'enceinte du lycée où, quatre jours plus tôt, deux véhicules avaient été incendiés.

En septembre, un surveillant avait été frappé devant un lycée à Saint-Denis pour avoir refoulé un jeune extérieur qui souhaitait rentrer dans l'établissement. Jeudi, un proviseur et son adjointe ont été roués de coups par un élève de seconde professionnelle à Saint-Denis qui n'avait pas supporté de se voir rappeler à l'ordre parce qu'il était arrivé en retard.

"Il faut déposer plainte"

François Asensi, député-maire (FDG) de Tremblay-en-France a condamné dans un communiqué un acte de violence "parfaitement inadmissible", ajoutant que la ville porterait plainte, tout comme le rectorat. De son côté, Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile-de-France, a condamné "avec la plus grande fermeté les agressions intolérables commises depuis la rentrée".

"C'est vrai, il y a en Seine-Saint-Denis et dans le Val d'Oise depuis quelques jours une montée des violences à l'égard des fonctionnaires - parce que ça vise aussi bien les policiers que les enseignants et les proviseurs - qui commence à faire beaucoup, et donc il faut condamner absolument chacun de ces actes", a déclaré mardi la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem sur RTL. Quand les personnels de l'Education sont touchés, "il faut absolument déposer plainte, je le dis car certains peuvent considérer que ce n'est pas si grave et qu'il faut reprendre le travail aussitôt".

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