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Très grandes vacances pour Patrick Bezault, le patron de la FSU de l'Eure

Une page se tourne pour Patrick Bezault. Le secrétaire de la FSU dans l'Eure part en retraite ce vendredi soir, après 37 ans à enseigner dans les écoles du département et 25 ans à la tête du syndicat. Retour sur son engagement militant.

Après 25 ans à la tête de la FSU de l'Eure et 37 ans comme professeur des écoles, c'est le départ à la retraite pour Patrick Bezault
Après 25 ans à la tête de la FSU de l'Eure et 37 ans comme professeur des écoles, c'est le départ à la retraite pour Patrick Bezault © Radio France - Laurent Philippot

Patrick Bezault s'est retrouvé pour la dernière fois de sa vie devant ses élèves lundi dernier. Ce vendredi, c'est sa dernière journée à l'école maternelle de Saint-Sébastien-de-Morsent, en tant que directeur, même si administrativement, l'heure de la retraite ne viendra que le 1er septembre à zéro heure. La fin de 37 ans d'enseignement dans les écoles de Marcilly-sur-Eure, Graveron-Sémerville et de Saint-Sébastien, où il est arrivé en 2000 mais aussi  de 25 ans à la tête de du syndicat FSU. 

25 ans à la tête de la FSU de l'Eure

Patrick Bezault s'engage dans le syndicalisme dès son admission à l'École normale en 1979 et prend les rênes du syndicat en 1995 : "je suis arrivé en septembre et à l'automne il y avait le plan Juppé" se souvient Patrick Bezault" et "en 2020, je clôture ma carrière syndicale et professionnelle avec une réforme des retraites qu'on a combattue et qu'on combattra encore, la boucle est bouclée !". Un premier succès collectif estime l'enseignant "Juppé, droit dans ses bottes, est quand même reparti avec son projet" suivi de l'abandon du CPE (contrat première embauche) "mais "le véritable enjeu maintenant, c'est que le syndicalisme se fasse entendre et soit entendu, on assiste sur ce sujet à une régression depuis plusieurs années" estime Patrick Bezault. 

De plus en plus, on a des gouvernants qui écoutent de moins en moins les salariés -Patrick Bezault

Portrait de Patrick Bezault par Laurent Philippot

Le syndicalisme en mutation

Les Français se détournent de plus en plus du syndicalisme et des syndicalistes, mais Patrick Bezault n'y voit ni méfiance, ni défiance : "on constate quand même que dans certaines circonstances, le réflexe de beaucoup de salariés est de se tourner vers le syndicat quand ils sentent qu'ils ont un intérêt à défendre" justifie-t-il tout en le reconnaissant "on est dans un pays où la syndicalisation est difficile, même chez les enseignants". De trente ans de syndicalisme, Patrick Bezault retient "la richesse des rencontres" mais tient à rappeler que son métier, c'est enseignant "le syndicalisme, c'est un militantisme, un choix dans lequel je suis tombé petit dedans". Patrick Bezault continuera à promener sa barbe blanche sur les manifestations dans le département "à chaque fois que je pourrai être présent, je serai présent, plus dans la banderole de tête mais dans le cortège FSU".

Les temps changent estime Patrick Bezault à l'heure de raccrocher les gants

Deux femmes pour lui succéder à la tête de la FSU

Patrick Bezault pensait à sa succession depuis plusieurs années et la transmission se prépare depuis des mois. Il n'a aucun souci pour céder sa place car "on n'est pas là ad vitam æternam".  Celui qui n'a jamais eu de téléphone portable, "un hasard de la vie, j'avais déjà les poches pleines de choses", le dit, "les moyens de communication ont changé et d'autres que moi et des plus jeunes seront plus à même d'intervenir". Pour succéder à la figure presque iconique du syndicalisme eurois de 61 ans, deux femmes : Cécile Chandavoine, professeure de français au collège de Gravigny et Mathilde Marnière, professeure des écoles à Val-de-Reuil, "un renouvellement des générations et une féminisation à la FSU" se réjouit Patrick Bezault car confesse-t-il "j'ai une tête barbue et je ne suis plus représentatif aujourd'hui même physiquement de la profession enseignante et de l'Éducation nationale" tout en assumant son look d'instit des années 70 "on ne se refait pas".   

Deux générations de syndicalisme : les nouvelles secrétaires de la FSU dans l'Eure, Cécile Chandavoine et Mathilde Marnière entourent leur prédécesseur Patrick Bezault
Deux générations de syndicalisme : les nouvelles secrétaires de la FSU dans l'Eure, Cécile Chandavoine et Mathilde Marnière entourent leur prédécesseur Patrick Bezault © Radio France - Laurent Philippot

Pendre la succession de Patrick Bezault "ce n'est pas facile, il incarne la FSU depuis tellement longtemps et il le fait vraiment très bien" reconnaît Mathilde Marnière. Mais pas de quoi justifier qu'elles seront désormais deux à occuper le poste de secrétaire du syndicat dans l'Eure, c'est "juste syndicalement plus facile de porter les responsabilités à deux" ajoute la jeune femme de 31 ans, engagée dans le mouvement depuis le lycée puis à la fac. 

Le syndicalisme, ce n'est pas ringard, c'est vraiment porter des valeurs collectivement - Mathilde Marnière

Son homologue Cécile Chandavoine, 43 ans, "issue d'un milieu enseignant syndiqué" est venue "naturellement" au syndicalisme et entend bien mettre en avant "la défense des intérêts des agents, avec une réflexion et une aide que notre ministère n'est pas forcément capable de donner à ces agents" et "porter une vision du système scolaire qui soit bien plus émancipateur pour les enfants". Patrick Bezault peut leur laisser les clés tranquille et partir à la retraite rassuré. Il a déjà des projets "essayer de voyager, utiliser son temps pour aider le secours populaire français en tant que bénévole pour être utile aux autres et aussi, ne rien faire et ça, ça prend souvent beaucoup de temps !"

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