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Éducation

Un enseignant en colère publie une BD après le suicide d'un instituteur dans le Val-d'Oise

lundi 25 mars 2019 à 22:56 - Mis à jour le mardi 26 mars 2019 à 7:00 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Paris et France Bleu

Une minute de silence est respectée ce mardi matin dans plusieurs écoles de France pour rendre hommage à Jean Willot. Cet enseignant du Val-d'Oise s'est suicidé le 15 mars après une plainte pour "violences aggravées" déposée par une mère d'élève. Un auteur de bande dessinée raconte.

Christophe Tardieux, alias Remedium, enseigne à l'école Honoré de Balzac, à Tremblay-en-France.
Christophe Tardieux, alias Remedium, enseigne à l'école Honoré de Balzac, à Tremblay-en-France. © Radio France - Suzanne Shojaei

Tremblay-en-France, France

Dix-huit cases pour retracer les derniers jours de Jean Willot. "J'ai choisi des couleurs froides, pour raconter les faits de manière clinique", précise Christophe Tardieux. Cet enseignant de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, est également auteur de bande dessinée. Quand il dessine, il se nomme Remedium. "Je guéris mes maux par le dessin." Le vendredi 15 mars, un instituteur du Val-d'Oise est retrouvé pendu dans une forêt. L'homme de 57 ans a laissé une lettre pour expliquer son geste. Il n'aurait pas supporté la plainte pour "violence aggravée" déposée contre lui par une mère d'élève.

Christophe Tardieux reprend chaque étape de l'affaire. "Je raconte qu'a priori, l'enseignant aurait réprimandé un enfant et que les parents ne l'auraient pas accepté. Ils auraient constaté des griffures sur le dos de l'enfant et ont donc porté plainte."

Le but de l'auteur est d'expliquer _"comment on en est arrivé là_. Car après la plainte, Jean Willot a reçu des appels de parents lui demandant des comptes. Il n'a pas supporté ces accusations."

"Certains parents d'élèves mettent une barrière entre l'école et leur enfant."

L'enseignant dénonce la relation avec certains parents, "une minorité agissante qui sape et discrédite le travail des enseignants. Donc les enfants ont du mal à intégrer les règles de vie de l'école parce qu'ils savent qu'ils seront toujours soutenus par leurs parents." Selon l'auteur, les enseignants sont de moins en moins respectés. 

Dans le cas de Jean Willot, Christophe Tardieux souligne le manque de dialogue. "Des parents se permettent de judiciariser les faits, en accordant un crédit total à l'enfant, sans confronter les différentes parties."

La consigne du #PasDeVague

Mais pour l'instituteur, le pire reste le silence de la hiérarchie. "Derrière la compassion qu'elle affichait, il y avait cet injonction de ne pas parler pour ne pas que ça se propage." Mais cette parole, "il faut qu'elle sorte"

La bande dessinée est publiée sur la page Facebook de Remedium. La publication a été partagée plus de 78.000 fois. Une pétition est également lancée et a déjà recueilli près de 4.000 signatures, pour appeler le ministère de l'Éducation nationale à réagir.