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Un projet de loi pour améliorer le statut des directeurs d'école à l'Assemblée nationale

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Par , France Bleu

L'Assemblée nationale examine, ce mercredi, un projet de loi qui vise à améliorer la situation des directeurs d'école. Ils bénéficieraient d'une véritable fonction de directeur, et seraient totalement déchargés de la classe pour les écoles de plus de huit classes. Leur indemnité serait revalorisée.

Les directeurs doivent gérer de nombreuses tâches au sein de l'école et à l'extérieur.
Les directeurs doivent gérer de nombreuses tâches au sein de l'école et à l'extérieur. © AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Des journées avec mille tâches à assurer, de l'accueil des enfants aux relations avec les parents et les collectivités en passant par les tâches administratives et l'enseignement devant les élèves, sans la reconnaissance qu'ils méritent. Le quotidien des directeurs d'école, déjà compliqué, a été rendu encore plus difficile avec la crise du coronavirus. Ils sont en effet particulièrement sollicités avec les fermetures et réouvertures d'école, accompagnées d'un protocole sanitaire au départ extrêmement strict, et qui évolue régulièrement. Une proposition de loi déposée par La République en marche et destinée à améliorer leur sort est discutée ce mercredi à l'Assemblée nationale.

Beaucoup de responsabilités, peu de reconnaissance 

Ce texte, "créant la fonction de directeur d'école" est examiné en première lecture par les députés trois jours après la reprise des cours obligatoire pour tous les élèves. La proposition se veut une "première étape" pour leur faciliter la tâche, selon la rapporteure Cécile Rilhac (LREM). Cette ex-principale adjointe de collège pointe leurs "nombreuses responsabilités" mais un manque de "reconnaissance institutionnelle" et financière.

Une profession marquée par le suicide de la directrice de Pantin 

Le suicide à l'automne dernier d'une de leurs collègues, Christine Renon, dans le hall de son école maternelle à Pantin, en Seine-Saint-Denis, avait mis en lumière les difficultés des directeurs d'école. Elle avait expliqué dans une lettre son geste en raison de son "épuisement", sa "solitude" dans la fonction. Après ce drame, le ministère de l'Education avait notamment lancé des concertations avec les syndicats, mais les mesures se font encore attendre.

"Reconnaissance, simplification, soutien et revalorisation"

Jugeant le "statu quo plus possible" et sans "nier les concertations en cours", la rapporteure de la loi avance quatre objectifs avec ce texte : "reconnaissance, simplification, soutien et revalorisation des directeurs".

Une vraie fonction de directeur 

La proposition de loi fait notamment du directeur le "délégataire de l'autorité académique", et entend reconnaître la spécificité de la fonction en en faisant un "emploi fonctionnel", un terme renvoyant à des postes de direction, sans obligation toutefois de mobilité ni durée déterminée. Il s'agit de reconnaître qu'un directeur n'est "pas un enseignant comme les autres", a affirmé en commission Cécile Rilhac. Elle a assuré que le texte ne créé pas de statut dédié de directeur d'école, comme elle l'avait un temps envisagé et ce que la profession, attachée au collectif de l'école, ne souhaite pas, et "n'instaure pas un lien hiérarchique" entre le directeur et ses collègues enseignants.

Décharge totale pour les écoles à plus de huit classes 

La proposition prévoit également un seuil au-delà de huit classes par école, où la "décharge" des heures d'enseignement sera totale.

Une aide des collectivités pour certaines tâches 

Le texte permet aussi aux collectivités de mettre à disposition une aide de conciergerie ou administrative, alors que les directeurs doivent aujourd'hui gérer des tâches qui "polluent leur quotidien": surveillance des couloirs, distribution de courriers, accueil des livreurs...

Augmentation de l'indemnité de direction 

Ces mesures devront être complétées par décret. La rapporteure préconise  aussi une augmentation de l'indemnité de direction d'école graduée, de 150 euros brut par mois pour les directeurs d'écoles comptant moins de trois classes à 300 euros brut dans celles comptant plus de treize classes.

Accueil mitigé des syndicats

Olivier Flipo, directeur d'école à Cergy, dans le Val-d'Oise et délégué SE-UNSA, estimait sur franceinfo ce mercredi que la limite de huit classes par école pour bénéficier d'une décharge totale d'enseignement devrait être abaissée. "Dans les petites écoles, où il y a trois ou quatre classes, les missions sont exactement les mêmes. Sauf qu'il y a moins d'enfants. En gros, la différence, c'est le nombre de photocopies à faire", a-t-il expliqué. Le délégué syndical salue néanmoins des avancées retenues dans le texte, citant "la délégation de l'autorité académique" qui "va permettre aux directeurs de prendre des initiatives et des décisions en lien avec leurs missions définies par le référentiel métier des directeurs". Mais pour lui, "cela ne va pas assez loin".

Le Snuipp, principal syndicat des enseignants du primaire, réclame également une décharge totale pour tous les directeurs, quelque soit la taille de leur école. Le syndicat dénonce également la création de la délégation d'autorité de l'académie, qui implique "plus de prérogatives aux dépens du conseil des maîtres et davantage de pressions hiérarchiques". Pour le syndicat, qui ne veut pas que les directeurs aient un pouvoir hiérarchique sur leurs collègues enseignants, cette délégation "conduirait à un transfert d’autorité de l’Inspecteur de l'éducation nationale vers le directeur ou la directrice d’école."

Certains députés dénoncent les décrets

En commission parlementaire, l'idée d'apporter un meilleur soutien aux directeurs a semblé faire consensus, des élus de différents groupes soulignant leur "rôle primordial" et leur "mal-être", illustré par la vacance de "près de 4.000 postes" chaque année au sein des 44.900 écoles publiques. Mais des divergences sont apparues sur la méthode, certains soulignant que le texte renvoie pour beaucoup de ses mesures à des décrets.

La socialiste Michèle Victory s'est ainsi interrogée sur son "efficacité". Valérie Bazin-Malgras (LR), qui avait mené une mission avec Cécile Rilhac sur le sujet des directeurs, a notamment critiqué un texte "incomplet", déplorant un "revirement" sur la question du statut. Elle a aussi reproché à la proposition de "faire peser la charge des aides administratives sur les collectivités locales en leur offrant une possibilité qu'elles ne saisiront légitimement pas". Des critiques ont également été formulées à gauche sur ce sujet de l'aide administrative : Elsa Faucillon (PCF) estime notamment que c'est à l'Etat de la supporter. L'insoumis Michel Larive s'est dit "fermement opposé" à la proposition de loi, jugeant qu'elle revient à la charge sur un statut du directeur, via une "pirouette sémantique".

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