Éducation

Une semaine d'ateliers en Vaucluse pour prévenir la violence à l'école

Par Aurélie Lagain, France Bleu Vaucluse lundi 16 janvier 2017 à 11:19

Violences scolaires (illustration)
Violences scolaires (illustration) © Maxppp - Pascal Brocard

Six collèges et écoles élémentaires de Vaucluse s'engagent pour la semaine de prévention de la violence à l'école.

Ce lundi démarre la semaine nationale de prévention des violences scolaires à l'initiative de l'assureur MAE.

Six établissements y participent en Vaucluse. Des enseignants animent des ateliers dans les écoles élémentaires et dans les collèges, pour parler des violences scolaires aux enfants.

"Ça part d'un jeu, ça finit en bagarre." - Sanaa Meziane, enseignante

L'école primaire de la Trillade à Avignon, près de la Rocade, est particulièrement engagée dans la démarche depuis deux ans, à la suite de sérieux problèmes de violences. "Les enfants étaient particulièrement violents verbalement et physiquement entre eux", précise Marianne Schneider, co-directrice de l'école.

Reportage de Mathieu Charré

Et tous ne se rendaient pas forcément compte de la violence : "C'était des petites embrouilles, entre copines ou entre copains, on jouait au foot...", explique un élève de CM2.

Sanaa Meziane, également co-directrice de l'école, détaille ces débordements: "Ça part d'un jeu, ça finit en bagarre. Violences verbales, violences physiques... Cette violence se transpose dans la famille, car les enfants se sentent mal, donc ils en parlent aux parents. Les parents qui sont énervés arrivent dans l'école et s'en prennent aux enfants."

"Ça apprend à résoudre les problèmes entre nous." - Une élève de CM2

Dans toutes les classes, du CP au CM2, des ateliers sont montés pour apprendre à travailler ensemble, ou à s'occuper des plus petits. La semaine est banalisée. Et l'an dernier, des groupes de parole sur la violence ont vu le jour pour les CM1 et CM2. C'est une façon d'endiguer les problèmes rencontrés à l'école. "Ils sont pris en tout petits groupes pour qu'il n'y ait pas de honte", précise Marianne Schneider, "soit parce qu'ils ont honte de voir que ce sont eux qui sont à l'origine de la violence, soit parce qu'ils ont honte de dire qu'ils sont harcelés."

Reportage de Mathieu Charré

Et visiblement, ces groupes de paroles ont leurs effets : "Ça permet aux élèves qui sont harcelés de pouvoir en parler et aux élèves harceleurs de se rendre compte de la gravité de leurs actes", estime Sanaa Meziane. Les élèves sont du même avis, comme cette fillette de CM2 : "Ça apprend à ne pas faire de bêtises, à résoudre les problèmes entre nous."

Difficile pour les familles de s'en rendre compte

Ces ateliers permettent donc de libérer la parole à l'école, mais cela doit aussi être fait en famille. Pourtant, la communication peut parfois être très difficile, surtout au collège. Valérie l'a subi alors que son fils était en sicième : "Des insultes, des crachats ou éventuellement des baffes."

Valérie, mère d'un garçon harcelé en 6e

Le problème, c'est que son fils ne lui disait rien. Ou pas clairement. Heureusement, il était aussi bien entouré. "Ce n'est pas mon fils que me l'a dit, ce sont ses camarades qui m'ont alertée. J'ai de la chance que mon fils ait des amis. Souvent la victime ne communique pas, par peur de représailles encore plus violentes."

"Des petites phrases qui paraissaient anodines." - Valérie, mère d'une adolescent harcelé

Valérie ajoute, au micro de Mathieu Charré : "Il nous a dit que c'était très dur de nous en parler, parce que c'est paradoxal : un enfant protège ses parents."

Ce sont parfois de petites choses, répétées régulièrement, qui peuvent alerter. Traîner des pieds, subitement, au moment d'aller à l'école, se souvient Valérie : "J'ai repensé à certaines phrases que me disaient mon fils, qui paraissaient anodines au départ, mais à force de les répéter, je me suis dit que j'aurais dû aller chercher plus loin. Pourquoi d'un coup il ne veut plus aller à l'école ?"