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Université de Bourgogne : le conseil d'administration adopte le budget 2017 sur fond de mobilisation

Par Véronique Narboux, France Bleu Bourgogne mercredi 19 octobre 2016 à 17:32

© Radio France - Véronique Narboux

Alain Bonnin, le président de l'Université de Bourgogne, a fait adopter, pour 2017, un budget prévoyant un déficit de 2,8 millions d'euros. Il estime avoir fait des efforts pour maintenir au mieux l'offre de formation. Pas de quoi convaincre ses opposants, qu'ils soient étudiants ou enseignants.

20 voix pour, 6 voix contre et 5 abstentions : ce 19 octobre, le conseil d'administration de l'Université de Bourgogne a voté le budget 2017. Par rapport au budget proposé début septembre, le déficit est creusé de 730 mille euros. Ce qui permet selon Alain Bonnin, le président de l'Université, de consacrer 300 mille euros supplémentaires à la formation. Cet effort représente 14.600 heures de plus par rapport aux prévisions initiales.

Le président estime qu'aller au-delà de ce effort serait dangereux. Dorian Colas des Francs, partage cette analyse. Le vice-président étudiant de la CFVU (Commission Formation et Vie Universitaire) à l'Université de Bourgogne est élu sous la bannière des Associatifs et Indépendants. Il juge qu'on "est en-dessous des attentes qu'on a tous sur la qualité de la formation" mais ajoute que "si on vit au-dessus des moyens octroyés par l'Etat, ce serait l'Etat qui ferait des arbitrages encore plus drastiques, à notre place. Dans d'autres universités, ça été baisse généralisée des heures de cours, fermetures de filières et gels de postes."

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Le président fâche (presque) tout le monde

Ce choix qui semble ménager la chèvre et le chou, mécontente à droite comme à gauche. A droite, le syndicat étudiant UNI reproche à Alain Bonnin d'aggraver le déficit et dénonce "un marchandage pour acheter la paix sociale". Pour Geoffrey Ricard, responsable de l'UNI en Bourgogne, "il faut aller chercher de nouveaux financements, pas en augmentant les droits d'inscription mais auprès des entreprises, comme le permet la loi LRU, en développant le mécénat à l'anglo-saxonne."

A gauche, qu'il s'agisse de l'UNEF côté étudiants ou du SNESUP, côté enseignants, on estime qu'il aurait fallu voter un budget déficitaire de 3,5 millions d'euros pour maintenir l'an prochain l'offre actuelle de formation, sachant que celle-ci a déjà largement été amputée ces dernières années. Certains étudiants, notamment en Histoire de l'art, s'inquiètent de décrocher des diplômes au rabais voire non reconnus. Ils auront 13 mille heures de cours durant les trois ans de leur cursus en Licence. Or, les normes européennes en prévoient 15 mille.

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