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Val-d'Oise : une enseignante mise en examen pour harcèlement après le suicide d'une collégienne

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Par , France Bleu, France Bleu Paris

Une enseignante a été mise en examen le 4 septembre dernier pour harcèlement sur mineur après le suicide en juin 2019 d'Evaëlle, 11 ans, à Herblay dans le Val-d'Oise. Ses parents avaient porté plainte, dénonçant les agissements de sa professeure de français, mais aussi de certains élèves.

Le 3 juillet 2019 à Paris, 20e. La cérémonie d'obsèques d'Evaëlle, 11 ans, qui a mis fin à ces jours après avoir été harcelée par sa professeure de français et par d'autres élèves
Le 3 juillet 2019 à Paris, 20e. La cérémonie d'obsèques d'Evaëlle, 11 ans, qui a mis fin à ces jours après avoir été harcelée par sa professeure de français et par d'autres élèves © Maxppp - Thibault CHAFFOTTE

L'affaire remonte à juin 2019, Evaëlle, une collégienne de 11 ans, mettait fin à ses jours à Herblay dans le Val-d'Oise. Victime de harcèlement de la part de certains élèves mais surtout de sa professeure de français, la jeune fille a vécu un véritable enfer pendant de long mois.

La professeure, 25 ans d'ancienneté, a été mise en examen le 4 septembre dernier, selon l'avocate de la famille. L'enseignante est poursuivie pour des faits ciblant la jeune fille, mais aussi trois autres élèves. Selon l'avocate de la famille, Maître Delphine Maillet, la collégienne a été prise "comme tête de turc" par l'enseignante, ce qui a ouvert la porte à du harcèlement de la part de certains camarades.

Evaëlle subissait des coups réguliers, des bousculades, des moqueries. Il y a eu aussi deux séances de "vie de classe", où la professeure demandait à la jeune fille de se placer au milieu des autres élèves, et de dire ce qui ne va pas. De quoi faire fondre en larmes la jeune fille, humiliée.

Le harcèlement continue malgré un changement de collège

A l'époque, Evaëlle se confie à ses parents. Ceux-ci décident d'écrire à l'Académie de Versailles et portent plainte contre trois élèves. La collégienne a ensuite été changée d'établissement, pour l'autre collège d'Herblay, où certains jeunes ont appris ce qu'elle avait vécu. Les faits de harcèlement ont alors recommencé. La jeune fille s'est suicidée le 21 juin 2019, en se pendant à son lit.

L'Académie de Versailles a reconnu, selon l'avocate de la famille, une défaillance, "les mesures d'accompagnements mises en place n'ont pas été suffisantes pour éviter le suicide de la jeune fille". Et un protocole transactionnel a été signé. Les parents se sont engagés à ne pas poursuivre l'Etat en échange d'une indemnisation, dont le montant n'a pas été communiqué.

L'enseignante va contester sa mise en examen, son placement son contrôle judiciaire et son interdiction d'exercer le 1er octobre devant la cour d'appel de Versailles.

De nouvelles mesures annoncées dans un mois

Invité ce vendredi matin sur franceinfo, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, refuse de commenter les faits, mais annonce "des mesures nouvelles" dans un mois, consacrées au harcèlement scolaire.  

"La question du harcèlement est une très grande question et vous le savez, nous sommes très mobilisés sur ce sujet de façon à ce que dans chaque école, chaque collège, chaque lycée de France, il y ait des méthodologies anti-harcèlement qui s'appliquent", indique le ministre de l'Education nationale. 

"Dans la formation des professeurs aussi, nous sommes désormais très attentifs, on l'a mis dans la loi pour l'École de la confiance qu'il y ait systématiquement une formation à la prévention du harcèlement."  

S'il refuse de commenter l'affaire de la petite Evaëlle, Jean-Michel Blanquer "prend ce sujet à bras-le-corps" en ajoutant que l'action de son ministère a "fait baisser le nombre de harcèlement dans le système scolaire".  

Le ministre de l'Education Nationale confirme une indemnisation de la famille la part de l'Etat. Un peu plus tôt, l'avocate de la famille indiquait de son côté qu'un accord avait été trouvé. "Il est normal que nous soyons aux côtés de la famille et c'est ce que nous faisons. S'ils me le demandent, bien entendu, je les recevrai et par ailleurs, nous allons les indemniser. C'est ce qui a été prévu par le rectorat de Versailles qui est concerné. En revanche, je ne commente absolument pas les causes profondes et ce qui relève là de la dimension judiciaire. Soyons respectueux de tout le monde dans une telle affaire", conclut Jean-Michel Blanquer.

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