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VIDÉO - Quotas dans les IUT : "Une rupture d'égalité entre les lycéens"

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Par , , France Bleu Isère

Laurence Billard, directrice de l'IUT2 de Grenoble (carrières sociales, juridiques, informatiques, information et communication et commerciales, etc.) était l'invitée de France Bleu Isère ce mardi matin.

France Bleu Isère : Tous les directeurs des IUT de France ont écrit à Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, à propos de son intention d'imposer 50 % de bacheliers venus des bacs technologiques dans les IUT dès la rentrée prochaine. Qu'est ce qui vous pose problème? Est ce qu'on ne pourrait pas se dire que bac technologique et IUT technologique, c'est logique, finalement ?  

Laurence Billard : Tout à fait. On pourrait se dire cela. Il faut savoir que chaque année, on travaille avec le recteur ou la rectrice d'académie pour définir justement ces fameux seuils. Savoir quelle est la capacité d'accueil des IUT, et dans ces discussions, on intègre les spécificités territoriales puisque chaque IUT est différent, ne va pas proposer les mêmes spécialités (on a des IUT qui sont en ville, d'autres qui sont sur des territoires plus ruraux). Donc, il y a une discussion qui s'établit chaque année et à l'issue de cette discussion, on intègre bien évidemment les pourcentages. C'est à dire : quand on a 10% candidats issus des bacs technologique, on comprend bien qu'on ne peut pas en prendre 50% dans une promotion. Donc aujourd'hui, avec ces seuils qui tout d'un coup de manière très centralisée puisque ça serait une décision nationale qui s'imposerait à tout le réseau des IUT, ce que l'on dénonce, c'est la rupture d'égalité entre les étudiants, entre les lycéens. Un lycéen qui sortirait d'un bac général,  on en a un sur 12 qui pourrait intégrer l'IUT aujourd'hui avec ces seuils, contre 1 sur 4 issus de la filière technologique.    

C'est que c'est presque un excès de discrimination positive... En gros, vous n'êtes pas contre promouvoir la filière technologique, mais il faut y aller pas à pas... 

Il faut y aller pas à pas. Il y a toujours eu un petit peu, comme vous le dites, de discrimination positive. On a toujours donné un coup de pouce aux bacheliers technologiques, mais là c'est trop. Et surtout ce qui est problématique dans cette précipitation , parce que là c'est une information qui vient de nous arriver alors que les lycéens ont confirmé leurs vœux sur Parcours Sup... ils n'avaient pas ces informations à disposition..    

On a changé les règles entre le moment où ils ont fait leurs vœux et maintenant ? En fait, on n'annonce pas de changement de règle, c'est ce qui nous pose problème. 

On demande aux IUT, à travers Parcours Sup, de paramétrer différemment pour que ça passe on va dire ni vu, ni connu. Et de dire voilà:  les règles du jeu ont changé, mais on ne le dit pas.   

Donc un lycéen qui aurait choisi, par exemple, de se spécialiser dans l'informatique - parce qu'avec le nouveau bac, on peut prendre plusieurs options - dans la perspective de rejoindre un IUT d'informatique. Aujourd'hui, on pourrait lui dire bah non, on n'a pas de place pour vous parce qu'on les réserve à d'autres. C'est ça l'enjeu ?  

Tout à fait. Alors en informatique, puisque c'est une spécialité de mon IUT, on a à peu près 25% de bacheliers technologiques qui candidatent chez nous, contre 75% de bacheliers généraux. Donc oui, ça va arriver : dire à l'étudiant à qui on a conseillé (parce qu'on travaille aussi beaucoup en amont comme lors des journées portes ouvertes), on lui a peut-être conseillé de prendre mathématiques, de prendre la spécialité numérique, et  finalement, on se rend compte qu'on aurait dû lui conseiller de s'orienter vers un bac STI2D  pour avoir vraiment une chance de rentrer à l'IUT.  

En clair, vous dites qu'il y a un biais et que ça crée une rupture d'égalité parce qu'en plus, on change les règles en cours. Comment vous allez vous faire entendre? Parce que faire changer la ministre du jour au lendemain, est-ce possible ?  

Et bien là pour nous ce qui est important, c'est déjà d'alerter déjà, de prévenir, d'expliquer que les règles changent, elles ne sont pas posées sur la table. On demande aussi à la ministre d'expliquer sa politique, mais ça ne sera pas le fait de l'IUT de revenir sur ce qui a été dit, de changer des procédures de recrutement. Et là, aujourd'hui, on a même des lycéens qui ont fait leur choix pour la première et la terminale, sur la base encore d'informations qui ne sont plus adaptées à la situation.    

Un mot sur le climat général. Les étudiants on sait souffrent beaucoup de la situation depuis un an. Il y a des bacheliers et des lycéens qui ont préparé le bac aussi à distance via le contrôle continu. Comment vous le ressentez, vous ?  

Alors, on a tout fait à l'IUT pour pouvoir accueillir nos étudiants en présentiel quand on en a eu la possibilité, donc depuis le mois de janvier-février, nos étudiants sont là. Dans des circonstances particulières : pas plus de 20% d'étudiants à la fois dans les bâtiments, mais ils sont là. Ils passent leurs épreuves en présentiel, en réel. Aujourd'hui, 80% de nos étudiants ont trouvé un stage. Donc voilà, c'est mieux que l'année dernière. Mais ce qu'on retient vraiment de la période, c'est que ce qui est très important, au-delà de la transmission des connaissances, c'est le lien. C'est le lien entre les étudiants, c'est la relation avec les enseignants, et c'est pour ces raisons-là qu'on a tout donné, on a tous les moyens pour pouvoir les faire revenir régulièrement. Toutes les semaines ils reviennent. C'est notre fierté et ça nous fait vraiment plaisir d'avoir nos étudiants en présentiel.

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