Éducation

Vigilance renforcée dans les écoles mayennaises depuis la rentrée

Par Marion Dambielle-Arribagé, France Bleu Mayenne lundi 17 octobre 2016 à 20:08

Le ministère de l'Education Nationale avait annoncé des mesures pour renforcer la sécurité des écoles
Le ministère de l'Education Nationale avait annoncé des mesures pour renforcer la sécurité des écoles © Maxppp - Sami Belloumi / la Voix du Nord (photo d'illustration)

Fin août, le gouvernement a présenté toute une série de mesures pour faire face à la menace terroriste et renforcer la sécurité des écoles. Un mois et demi après la rentrée, où en est-on ?

Parmi les mesures annoncées fin août par Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation Nationale, il y a celles qui relèvent du bon sens, et qui sont assez simples à mettre en place : interdiction de s'attrouper devant l'entrée, accueil systématique des enfants et des familles à l'entrée par un membre du personnel, fermeture du portail à clé pendant la journée (en dehors des heures d'entrée et de sortie de classe)... Et il y a aussi les mesures qui demandent des travaux de sécurisation (cela va de la pose d'un visiophone, à la réfection des clôtures, en passant par la rénovation des fenêtres donnant sur la rue par exemple). Des travaux, qui forcément, ne se font pas du jour au lendemain. Chaque établissement doit mettre à jour son PPMS, Plan Particulier de Mise en Sureté, en y intégrant le risque d'intrusion ou d'attentat. Il faut ensuite déterminer les travaux nécessaires, déposer un dossier de demande de subvention, trouver le budget nécessaire...

Développer une culture de la vigilance

A l'Immaculée Conception, à Laval, par exemple, tous les parents d'élèves viennent de recevoir une note expliquant les nouvelles mesures de sécurité mises en place au sein de l'école. "Nous leur rappelons que le stationnement est interdit sur le trottoir en face de l'école, nous leur expliquons qu'il y aura systématiquement un adulte de l'établissement pour accueillir les enfants à l'entrée, et que progressivement, nous allons fermer à clé le portail, en dehors des heures d'ouverture officielles (matin, midi et soir, pour l'entrée en classe et la sortie). Il y aura une sonnette grâce à laquelle nous déciderons, ou non, de déclencher à distance l'ouverture du portail", explique Michel Raimbault, le directeur de l'établissement.
Des mesures plutôt bien accueillies par cette maman, rencontrée à la sortie des classes : "Je pense que c'est nécessaire pour assurer lé sécurité des enfants et des enseignants. C'est justifié, avec tout ce qui se passe, il vaut mieux en faire plus, que moins."
Rassurer, oui, mais pas question de créer une psychose insiste Philippe Paré, le directeur diocésain de l'enseignement catholique : "Nous sommes entrés dans un vaste chantier de sécurisation de nos établissements, qui va prendre du temps. Nous ne devons pas pour autant transformer nos écoles en bunkers, mais développer ce que j'appelle une culture de la vigilance."

Des travaux coûteux

Car effectivement, ces travaux de sécurisation vont demander du temps..et de l'argent. En ce qui concerne l'enseignement public, la mairie de Laval doit assurer la mise en sécurité de 19 sites ! Impossible donc de tout faire en une année, et a fortiori en quelques semaines... Il faut d'abord établir un diagnostic, pour chaque école, et estimer les travaux nécessaires au cas par cas. "Cela se fera sur un délai de 2 à 3 ans, on ne peut pas le faire en une année, ce n'est pas possible", confirme Bruno de Lavenère-Lussan, l'élu en charge des bâtiments. "Nous avons déjà commencé avec le cas d'une école : la clôture ne faisait qu'1m25 de haut, donc était trop facilement franchissable. Nous avons commandé un devis : il y en a pour 52 000 euros, juste pour refaire la clôture d'une seule école ! Ce n'est pas rien... Alors imaginez cela multiplié par 19..."

Le gouvernement a annoncé la mise en place d'une enveloppe de 50 millions d'euros au niveau national, pour aider les collectivités à effectuer les travaux de sécurisation nécessaires dans les établissements scolaires. Des établissements qui doivent aussi mettre en place cette année 3 exercices de sécurité, dont un simulant une intrusion terroriste.

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