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Éducation

Visiter un camp de concentration, "ça prend aux tripes" pour ces lycéens sarthois

dimanche 13 mai 2018 à 17:00 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine

Guidés par un ancien résistant déporté sur place en 1944, vingt-cinq lycéens manceaux se sont rendus en Alsace visiter le Struthof, l'unique camp de concentration installé sur le territoire français. Une expérience unique pour approcher au plus près l’horreur du système nazi.

Les lycéens entrent au Struthof guidés par Jean Villeret, un des survivants du camp
Les lycéens entrent au Struthof guidés par Jean Villeret, un des survivants du camp © Radio France - Ruddy Guilmin

Ce que l'on découvrira par la suite l'occultera quelque peu... Mais c'est ici que les alliés, avançant en direction de l'Allemagne suite au débarquement victorieux, ont découvert les premiers éléments du système concentrationnaire nazi. Situé à l'extrémité ouest du Reich (Alsace annexée), sur un des versants du mont Louise, à environ 800 m d'altitude, le Struthof, unique camp de concentration situé en France, a été établi dès 1941. L'objectif des Nazis : exploiter un important gisement du fameux granit rose alsacien grâce à une imposante main d'oeuvre de déportés. Pendant quatre ans, 52 000 résistants et opposants politiques de toute l'Europe y furent internés. C'est avec l'un d'eux que 25 élèves des lycées Touchard-Washington et Sainte-Croix ont visité les lieux lors du 12e voyage pédagogique de l'Aeris.

ECOUTER - Le reportage de Ruddy Guilmin lors de la visite du camp

Malgré ses 96 ans, Jean Villeret a arpenté le camp avec les élèves - Radio France
Malgré ses 96 ans, Jean Villeret a arpenté le camp avec les élèves © Radio France - Ruddy Guilmin

Arrêté en avril 1944 pour résistance, Jean Villeret est arrivé au mois de juillet suivant. Dans le dos de sa tenue rayée, deux lettres : NN pour "Nacht und Nebel". Autrement dit, un prisonnier appelé à disparaître sans laisser de traces, dans "la nuit et le brouillard". Pourtant, plus de sept décennies plus tard, à 96 ans, il vit encore. Et revient même régulièrement sur place. Aujourd’hui, il joue les guides pour expliquer aux lycéens la vie quotidienne dans le camp, les brimades des "kapos", les exécutions ou encore les travaux forcés. Exemple avec la corvée du granit.

On se rend compte que c'est vrai !

Particulièrement marqués par les visites de la prison, du crématoire et de la chambre à gaz de ce camp où 22 000 personnes ont perdu la vie, les lycéens sont ressortis de cette journée un peu chamboulés. "Ça fait flipper", avouent plusieurs d'entre-eux. Il faut dire qu'ici, la réalité historique s’impose à ces jeunes âgés de 16 à 18 ans, comme Yaëlle : "Ça prend un peu aux tripes parce qu'on se met vraiment dans les conditions. C'est pas juste 'on nous a dit ça en cours d'histoire, il paraît que...', non. Là on voit vraiment, on est sur le terrain, on se rend compte que c'est vrai."

ECOUTER - Les impressions de Maleka et Enzo

Une cérémonie pour les vingt-deux Sarthois morts au Struthof

En marge de la visite du camp, les lycéens ont également participé à une cérémonie pour rendre hommage à plusieurs personnes mortes ici en déportation. Notamment vingt-deux Sarthois, dont les noms ont été égrenés.

En compagnie de Jean Villeret, les lycéens ont rendu hommage aux victimes de la déportation, notamment les 22 Sarthois morts au Struthof. - Radio France
En compagnie de Jean Villeret, les lycéens ont rendu hommage aux victimes de la déportation, notamment les 22 Sarthois morts au Struthof. © Radio France - Ruddy Guilmin

Avant de les quitter, Jean Villeret a accordé aux lycéens un dernier d'échange informel pour répondre à leurs dernières questions et leur permettre de comprendre au mieux ce qui s'est passé. Car le but de ces voyages, c'est aussi que ces jeunes deviennent, à leur tour, des passeurs de mémoire, pour que l'histoire de la déportation ne disparaisse pas avec les derniers survivants de l'horreur nazie.