Élections

"C'est une parodie de présidentielle" : des agriculteurs mayennais s'expriment sur la campagne

Par Claudia Calmel, France Bleu Mayenne jeudi 20 avril 2017 à 8:29

Eric Debeaudrap, éleveur au Pas, ne sait pas encore pour qui il va voter
Eric Debeaudrap, éleveur au Pas, ne sait pas encore pour qui il va voter © Radio France - Claudia Calmel

France Bleu Mayenne a voulu savoir comment les mayennais perçoivent la campagne. Coup de projecteur aujourd'hui sur le monde agricole.

Où iront les votes du monde agricole pour la présidentielle ? Cet électorat, traditionnellement ancré à droite, semble plus que jamais indécis cette année. Eric Debeaudrap, agriculteur au Pas dans le nord Mayenne, fait partie de ceux qui hésitent à quelques jours du scrutin : "Je pense que j'irai voter. Mais honnêtement, pour qui ? Je ne sais pas encore. Les extrêmes me tentent bien. Je pourrais aussi bien voter pour Marine Le Pen que pour Jean-Luc Mélenchon. J'ai été utopique à une époque à vouloir penser que le centre, ce serait la solution. Mais hélas, j'ai l'impression que ça revient à se voiler la face : qui arrivera à gouverner avec des gens de droite et de gauche ? On voit bien qu'à chaque alternance, les uns et les autres ne veulent pas voter les propositions de l'autre parti, même si l'idée est bonne."

Et tout cas, Eric aimerait bien plus d'exemplarité en politique : "Moi, quand j'ai eu une suspension de permis, les gendarmes sont venus à 3 chercher mon permis de conduire. J'ai quand même l'impression qu'il y a deux poids, deux mesures entre les hommes politiques et la population."

Jean-Marie Pilorge est éleveur bovin à Landivy et il préfère sourire quand il évoque cette campagne présidentielle : "Je crois que cette année, tout le monde va être à peu près d'accord, c'est plus une parodie de présidentielle qu'une vraie présidentielle. Dès qu'on arrive dans les hautes sphères, ils sont totalement déconnectés de la vie."

Olivier Huet, lui, élève des vaches à Pré-en-Pail et il aurait plusieurs messages à faire passer aux differents candidats à l'élection : "Mon grand souci ? C'est l'harmonisation de l'Europe. On sait très bien qu'aujourd'hui, le lait est payé à peu près partout uniformément dans les autres pays. Mais le problème, c'est la masse salariale qui est différente d'un pays à l'autre. C'est un grand enjeu économique et il faut vraiment que les politiques fassent quelque chose sur ce point.

Etienne Huet, le fils d'Oliver, a 18 ans. Il est encore étudiant et va voter pour la première fois ce dimanche.

Etienne Huet, 18 ans, va voter pour la première fois - Radio France
Etienne Huet, 18 ans, va voter pour la première fois © Radio France - Claudia Calmel

Il a déjà choisi son candidat. Ce qu'il voudrait ? Ce sont des prix équitables pour tout le monde dans le monde agricole : "Des mois sans se verser de salaire, pour un agriculteur, c'est pas vivable. C'est vivable pour personne, d'ailleurs. Il faudrait des hausses de prix. Mais il faudrait aussi que le monde extérieur prenne conscience que pour nous, c'est vraiment la crise."

Si on compte les actifs, les retraités, les familles d'exploitants et les salariés du secteur, on estime que le monde agricole réprésente 8% du corps électoral.