Élections

En Limousin, "c'est la gauche de la gauche qui joue le rôle de challenger", analyse Pascal Plas

Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin lundi 19 juin 2017 à 10:19

Pour le politologue de France Bleu Limousin, le PS va devoir s'interroger même s'il occupe encore un certain nombre de places localement.
Pour le politologue de France Bleu Limousin, le PS va devoir s'interroger même s'il occupe encore un certain nombre de places localement. © Radio France - Régis Mazabraud

La République en marche rate de peu le grand chelem en Limousin. Seule la 2e circonscription de la Corrèze, celle de Brive, lui échappe. Le politologue Pascal Plas était l'invité de France Bleu Limousin ce lundi pour analyser le scrutin.

La victoire de la République en marche est moins large que prévue au second tour des législatives en Limousin : cinq circonscriptions sur six. Et surtout des écarts qui se sont resserrés. Pascal Plas, du Centre d'études politiques de l'Université de Limoges, était à 8h20, l'invité de Françoise Pain sur France Bleu Limousin pour analyser ces résultats.

Jusqu'ici, le Limousin se singularisait lors des élections, il est cette fois dans la norme nationale, c'est selon Pascal Plas parce que "les citoyens disposent d'assez de moyens d'informations pour s'affranchir des consignes locales". La région se distingue toujours en revanche sur la participation, un peu meilleure, aux alentours de 50%, mais il y a, remarque le politologue, "une tendance inquiétante".

À Brive, l'échec de Patricia Bordas

Concernant la défaite de Patricia Bordas à Brive, battue par l'UDI-LR Frédérique Meunier, après être arrivée en tête au 1er tour, il note que l'ex-adjointe au maire PS "représentait l'ancien monde, alors que les candidats d'En Marche! devaient avoir deux caractéristiques : être nouveaux et présenter un caractère para-politique". Ajoutons à cela les reports de voix qui ne se sont pas faits à gauche : "on lui a fait payer son transfert vers En Marche!", conclut Pascal Plas.

Le PS remplacé par les Insoumis

Autre caractéristique de ce second tour, la bonne tenue des candidats de la gauche de la gauche. Sur la 1ère circonscription de la Haute-Vienne, Danielle Soury, de la France insoumise, réalise un score très honorable. "Non seulement il y a encore une place pour la gauche de la gauche, mais on voit bien que c'est elle qui a assuré le rôle de challenger", note Pascal Plas, et d'ici les prochaines élections, les européennes en 2019, "on voit bien qu'elle a le temps de prendre le leadership par rapport au parti socialiste, qui semble un peu effondré". Cela dit, le politologue modère aussitôt, ajoutant que le PS occupe toujours de nombreuses positions (conseil départemental, mairies) et que tout ça ne s'effondre pas d'un coup. Mais "le parti va devoir se demander si les hommes et les femmes et le système qu'il a mis en place peuvent tenir dans les années à venir".