Élections

FFR : "Moi, je n’arrive pas du monde politique", Pierre Camou répond à Bernard Laporte

Par Mathias Kern, France Bleu Gironde et France Bleu Périgord mardi 20 septembre 2016 à 21:11

Pierre Camou, président de la Fédération de Rugby, en campagne pour sa réélection dans le Sud-Ouest.
Pierre Camou, président de la Fédération de Rugby, en campagne pour sa réélection dans le Sud-Ouest. © Radio France - Mathias Kern

Le président sortant, Pierre Camou, candidat à sa réélection à la Fédération française de rugby, le 3 décembre, est dans le sud-ouest, en Gironde ce mardi, puis en Dordogne ce mercredi. A Bordeaux, il a répondu aux attaques de Bernard Laporte, mais ne souhaite pas "mettre de pièces dans le buzz".

Les élections se suivent et ne se ressemblent pas pour le président sortant de la FFR, Pierre Camou. En 2012, il était le seul candidat en lice, mais cette fois, il doit faire face à plusieurs adversaires, dont le très médiatique Bernard Laporte.

L'ancien sélectionneur du XV de France, manager de Toulon et secrétaire d'Etat aux Sports bat le pavé depuis un an. Avec un thème principal de campagne: son opposition au Grand Stade que Pierre Camou souhaite construire pour 581 millions d'euros à l'horizon 2021 à Ris-Orangis en Essonne, afin d'augmenter les ressources financières de la Fédération.

Bernard Laporte a aussi largement attaqué Pierre Camou, dans un entretien au Figaro cette semaine, où il évoque un « milieu mafieux », celui des « menaces » et des « mensonges ». Pour France Bleu, Pierre Camou répond et évoque sa vision du rugby pour les prochaines années.

France Bleu : - Bernard Laporte dénonce les pressions que vous utiliseriez dans cette campagne à la présidence de la FFR, que lui répondez-vous ?

Pierre Camou : - Il dit ce qu’il veut. Je n’arrive pas du monde politique. Et s’il en a peut-être l’habitude, qu’il parle de ses habitudes. Je ne fais pas ma campagne là-dessus. Je la fais sur mes valeurs, sur mes propositions. Si certains n’en ont aucune, ce n’est pas mon problème. Je ne remettrai pas de pièces dans le buzz.

Est-ce difficile de faire accepter l’idée de la nécessité d’un Grand Stade pour la Fédération ?

- C’est pour les générations futurs, ce n’est pas pour moi, je ne serai pas là, mais il faut de l’ambition. Il n’est pas là pour mon égo, mais dans une stratégie générale. C’est à moi d’essayer de faire comprendre le pourquoi des choses.

Le Grand Stade, on s’en sert beaucoup comme un écran de fumée.

Je ne vois pas pourquoi un club professionnel a besoin d’une enceinte, souvent payée par la collectivité, et pourquoi une fédération ne pourrait pas, et devrait être toujours dépendante.

Concernant l’Equipe de France, la nouvelle convention va s’appliquer en novembre, c’est un premier chantier ?

- Cette nouvelle convention, c’est un outil. Et ensuite il faut les joueurs, mais il y a un outil pour permettre un travail meilleur, une préparation meilleure. Mais le résultat ne sera peut-être pas immédiat. Les résultats sportifs sont ceux qu’ils sont.

Comment comptez-vous gérer la professionnalisation du rugby, sans tuer l’esprit même de ce sport ?

- C’est évident que ce n’est pas simple. Je ne dirais pas que c’est la dérive des continents. Mais comment construire pour ne pas qu’il y ait cette dérive. Alors là, c’est l’éthique. Ne pas céder sur l’éthique, qui nous appartient, que ce soit l’arbitrage, et peu importe le niveau, en Top 14, en Pro D2 ou en séries, que tout le monde soit traité de la même façon, avec la même rigueur. Pour ne pas laisser un esprit se dégrader.

Sur le Grand Stade : "il faut bien se créer des ressources nouvelles, sans mettre qui que ce soit en péril."

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