Élections

Le débat télévisé: un passage obligé pour les candidats, mais des styles différents en Europe

Par Anja Vogel, France Bleu mardi 21 mars 2017 à 11:46

Débat d'avant-législatives le 11 mars 2017 aux Pays-Bas, entre six candidats dont le Premier ministre Mark Rutte
Débat d'avant-législatives le 11 mars 2017 aux Pays-Bas, entre six candidats dont le Premier ministre Mark Rutte © Maxppp - Maxppp

Des candidats debouts, assis, alignés ou en cercle: les débats télévisés s'adaptent aux cultures médiatiques des pays. Si le mode anglo-saxon se généralise en Europe, il est parfois contre-productif pour les politiques. Et ne fait pas forcément recette auprès des chaînes.

La télévision est le reflet de notre société; depuis qu'elle est entrée dans les foyers européens, largement relayée désormais sur internet, elle est un passage obligé en principe pour tous les candidats, et donc un casse-tête pour les organisateurs des débats. En réalité, cela dépend de l'élection, de la culture politique et médiatique, et de la priorité pour les chaînes: veulent elles contribuer au débat démocratique et faire de la pédagogie, ou plutôt de l'audience, donc de l'argent? Car les deux ne vont pas toujours de pair. En 2014, lors des dernières européennes, les télévisions avaient été réticentes à diffuser ce qui était pourtant une grande première: un débat entre les 5 Spitzenkandidaten, en lice pour la présidence de la Commission européenne.

Le débat à l'anglo-saxonne domine, y compris en France

Des candidats debout derrière des pupitres, alignés en un léger arc de cercle, débattant par l'intermédiaire des journalistes, comme on l'a vu lors des primaires: une formule à l'anglo-saxonne déjà utilisée du temps de Kennedy-Nixon, mais avec un style beaucoup plus rentre-dedans qu'en France, en Allemagne ou en Belgique. Il ne réussit pas toujours aux candidats: en 2010 au Royaume-uni, David Cameron avait accepté d'affronter Nick Clegg et Gordon Brown, d'habitude les candidats étaient cuisinés séparément: il avait fait une si piètre performance, comparée à celle de son adversaire libéral, qu'il avait été obligé de faire alliance avec lui... Pendant qu'en France les candidats continuaient à débattre, assis, et généralement seulement à l'entre - deux tours.

La spécificité de l'élection présidentielle française

Dans la plupart des autres pays européens, le scrutin le plus important sont les législatives, à un tour, d'où la nécessité d'organiser les débats en amont, mais rarement avec l'ensemble des candidats. Aux Pays-Bas par exemple ils se sont fait par groupe de 6 parfois de 4 avant le débat final Rutte-Wilders. En tout cas pour ce premier débat d'avant présidentielle, TF1 a souhaité une disposition en cercle. Pour, nous dit-on, favoriser les échanges et la confrontation.

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