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Municipales à Grenoble : la ville au bord de la faillite, info ou intox ?

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Par , France Bleu Isère

À quelques heures du débat France Bleu Isère / Le Dauphiné Libéré sur les municipales à Grenoble, et alors que les candidats s'exprimeront sur les questions économiques, deux spécialistes nous livrent leurs regards sur la réelle situation financière de la ville et son attractivité.

La bataille des municipales à Grenoble fait rage avec ce grand débat France Bleu Isère - le Dauphiné libéré
La bataille des municipales à Grenoble fait rage avec ce grand débat France Bleu Isère - le Dauphiné libéré © Radio France - Laurent Gallien

"Non, Grenoble n'est pas au bord de la faillite !" affirment conjointement Véronique Montvoisin, docteur en sciences économiques, plutôt keynésienne dans son approche, et Michel Albouy, professeur de finances, plutot libéral, tous deux enseignants à GEM, Grenoble école de management.

Une dette plus lourde que dans d'autres villes comparables

Premier sujet souvent évoqué : le poids de la dette. Michel Albouy compare, chiffres à l'appui, le fait qu'à Grenoble, la capacité d'autofinancement de la ville permettrait de "rembourser la dette en onze ans aujourd'hui contre douze ans en 2014 à l'arrivée de l'actuelle majorité, quand il faut en moyenne six ans dans les villes de même strates." Mais la situation ne s'étant pas fortement dégradée depuis l'arrivée d'Eric Piolle aux affaires en 2014, "_il est faux -_selon lui- d'attribuer la responsabilité de cette situation à l'équipe actuelle".

"C'est vrai que la dette de la ville augmenté" pointe de son coté Virginie Montvoisin, "mais la ville reste à flot et surtout la dette ça peut être quelque chose de positif, ça dépend ce qu'on en fait". La spécialiste rappelle par exemple qu'il a fallu plus de trente ans pour effacer l'ardoise des Jeux olympiques de 1968, mais grâce à ces jeux, la ville s'est transformée pour une période beaucoup plus longue. "On a fait la gare, l’hôpital, rénover les canalisations d'eau, l'acheminement de l'électricité, construit des quartiers entiers. La dette c'est en quelque sorte la rançon des investissements."

1711 euros par habitants alloués au fonctionnement de la ville

Autre sujet de controverse durant cette campagne, les frais de fonctionnement de la ville, qui pèsent chaque année quelques 1711 euros sur chaque tête grenobloise, quand la dette moyenne par habitant dans les villes de même taille se situe à 1282 euros. "C'est le fruit de la tradition sociale des politiques publiques à Grenoble" rappelle Michel Albouy. "Une tradition renforcée, selon Virginie Montvoisin, par le fait qu'à Grenoble, il reste de réelles poches de pauvreté au cœur même de la ville, (Villeneuve, Alma, Bajatière...) à la différence d'autres villes comme Lyon ou les populations fragiles sont installées sur les communes voisines de Bron, Vaux-en-Velin, Villeurbanne ou Vénissieux."  Ces populations représentent un coût réel pour la ville dont le CCAS est l'un des plus gros de France. 

Mais là encore la situation ne remonte pas à l'arrivée d'Eric Piolle aux manettes il y a six ans. "Ce n'est pas nouveau, c'est même historique détaille Michel Albouy qui rappelle que "lorsque l'actuelle équipe a voulu serrer un peu la ceinture, en réduisant le nombre de bibliothèques, il y a eu une levée de boucliers." Et pour les six prochaines années : "la ville pourra difficilement s'endetter d'avantage, pourra difficilement augmenter les impôts qui sont parmi les plus hauts de France et aura du mal à diminuer ses dépenses de fonctionnement sauf à gréver le service public municipal." D'où cette conclusion pas très enthousiasmante du professeur de finances : "la future majorité quelle qu'elle soit aura de toutes façons de très faibles marges de manœuvre." Se pose alors la question du financement du programme des uns et des autres.  Le débat de ce mercredi soir éclairera sans doute un peu les choses

"Ce n'est pas Piolle qui fait fuir les entreprises, ce sont les bouchons."

Et puis, quid de l'image de Grenoble auprès des milieux économiques ?  Ecologie punitive, décroissance, repli sur soi, les critiques fusent sur la majorité sortante. Alors Eric Piolle a-t-il fait fuir les entreprises ? "Il n'a rien fait pour les accueillir mais il n'a rien fait non plus qui les fassent fuir" estime Michel Albouy, pour qui le principal problème c'est "l'enclavement" de la ville. "Grenoble n'a plus d'aéroport, pas de réelle ligne TGV, et les embouteillages quotidiens sont un véritable frein à l'installation d'une entreprises industrielle, à une époque ou la mobilité est le critère numéro 1." 

Eric Piolle épouvantail des patrons ? "C'est totalement excessif" selon Virginie Montvoisin, qui note qu'il incarne "le grenoblois type : un ingénieur à vélo et en tenue de sport." Par ailleurs, "Grenoble reste un pole d’excellence de recherche, d'innovation et de compétitivité." En revanche, ce qui impacte la ville selon elle "c'est la réputation concernant la criminalité et la délinquance et ça c'est très récent, c'est apparu sous ce mandat-là depuis deux ou trois ans" conclu l’économiste qui explique qu'elle connait des étudiants en économie qui ont renoncé à venir s'installer à Grenoble à cause de l'explosion des faits de violence.

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