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Municipales à Lisieux : découvrez les six candidats et les enjeux de l'élection

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Le 15 mars prochain les Lexoviens auront le choix entre six candidats au premier tour des élections municipales 2020 et peut-être sept. Présentation de chacun d’entre eux et des enjeux majeurs dans la capitale du Pays d’Auge.

Six candidats en lice pour l'élection municipale de Lisieux
Six candidats en lice pour l'élection municipale de Lisieux © Radio France - Didier Charpin

Un maire sortant installé depuis dix-neuf ans, un député et une ancienne Secrétaire d’État. La bataille pour les élections municipales ne manque pas de relief à Lisieux. Trois autres candidats espèrent peser sur le scrutin dans cette ville réputée pour ses premiers tours indécis : les deux dernières municipales s’étaient jouées lors de quadrangulaires au second tour. 

Chiffres clés et enjeux :

  • 23 % de la population sous le seuil de pauvreté (source INSEE) dans cette ville frappée par de nombreux naufrages industriels lors des dernières décennies.
  • Un peu plus de 13 000 emplois salariés. Lisieux n’est plus confrontée à un chômage de masse. Mais plutôt à de grandes difficultés de reconversion pour les chômeurs de longue durée.
  • 20 318 habitants au dernier recensement (2017). La ville ne parvient pas à enrayer la baisse de la population. Elle a perdu près de 4 000 habitants en quarante ans. 
  • Rénovation de l’avenue Victor Hugo terminée, un axe stratégique pour inciter les visiteurs de la Basilique à venir en centre-ville.
  • Vaste rénovation du quartier Hauteville : 645 logements détruits / 340 reconstruits (25 hors de Lisieux - Mezidon, Orbec, Livarot) sur la période 2022-2030.
  • Un sujet brûlant : le futur multiplexe destiné à remplacer les deux cinémas vieillissants et mal sonorisés. Après dix ans de discussions, le choix du maire (implantation Place de la République) est unanimement dénoncé par tous ses adversaires.
La mairie de Lisieux, occupée depuis 2001 par Bernard Aubril - Radio France
La mairie de Lisieux, occupée depuis 2001 par Bernard Aubril © Radio France - Didier Charpin

Six candidats en lice

Bernard Aubril - Maire sortant - candidat sans étiquette

Maire depuis 2001, réélu en 2008 et en 2014 lors de quadrangulaires, le retraité de l'Éducation nationale souhaite repartir pour un quatrième mandat. “Ce serait le dernier”, précise-t-il. Âgé de 71 ans, il voudrait “finir le travail." 

"J’ai initié de nombreux projets comme la rénovation du centre-ville et du quartier Hauteville. J’aimerais assister à leurs réalisations avec ceux qui ont aussi tant travaillé dessus”, indique-t-il. Hauteville, sur les hauteurs de l'hôpital, se démarque avec ses tours de quatorze étages symboles de l'urbanisme des sixties, mais “le quartier a vieilli et la rénovation est aujourd’hui indispensable. 645 logements seront détruits, dont 300 aujourd’hui vacants. Et 340 seront reconstruits. Un plan d’un montant de 150 millions d’euros, dont 27 à la charge de la ville de Lisieux”, détaille le maire sortant. Une rénovation polémique : certains adversaires lui reprochent des déménagements forcés d’habitants qui ont passé quarante ans dans ce quartier populaire. “Les locataires auront au moins trois choix de relogement”, assure Bernard Aubril.

Au-delà d’Hauteville, le maire depuis (quasiment) le début du siècle doit affronter une grogne sur les stationnements devenus payants en centre-ville. “Il fallait trouver des solutions pour en finir avec les voitures ventouses, y compris celles de certains commerçants”, explique l’élu, qui traîne le sujet comme un indécollable sparadrap dans la capitale augeronne. Il se dit prêt à retoucher les tarifications en cas de réélection. 

Clotilde Valter - candidate PS-DVG

Battue par Bernard Aubril en 2008 puis élue députée quatre ans plus tard, elle n’avait pas dirigé la liste socialiste en 2014. Elle revient cette année pour mener une liste de la gauche après un accord passé en décembre avec EELV. Accord brutalement rompu avec les écologistes début février . “J’ai hésité, c’est le mouvement des Gilets Jaunes qui m’a incitée à me lancer, parce que la démocratie est bousculée”, confie l’ex-Secrétaire d'État sous le quinquennat de François Hollande. 

Rapidement, elle porte le débat sur l’une de ses spécialités : la formation professionnelle. “Lisieux compte 62 % d’adultes qui n’ont pas le Bac, dont 20 % qui n’ont pas le brevet. Il faut un plan Marshall pour mettre en place les formations qui collent aux besoins des entreprises”. La responsabilité de l’IUT, du lycée professionnel ou des filières BTS n’entre pas dans le rayon d’action de la municipalité mais elle considère que “le maire doit être le chef d’orchestre, celui qui fédère les énergies, celui qui provoque les changements”. 

La candidate socialiste, arrivée à Lisieux il y a vingt ans pour soutenir l’ex-maire Yvette Roudy, n’a quasiment connu que Bernard Aubril a la tête de la ville. “Il termine son troisième mandat avec une méthode de gouvernance qui n’a jamais évolué : il décide seul ou uniquement avec son équipe ! Moi je préfère une vraie concertation citoyenne”. Clotilde Valter cite le choix d’implantation du multiplexe de cinéma “place de la République, où personne n’en veut !” et la rénovation d’Hauteville “qui ne correspond pas au souhait des habitants. Si je suis élue il y aura moins de destructions”, tranche cette femme de 57 ans, approchée par LREM pour les Législatives 2017 mais qui a préféré rester selon sa formule “une femme de gauche”. 

Sébastien Leclerc - candidat Les Républicains

Je suis né à Lisieux, j’y suis allé au lycée, je ne suis pas un parachuté”, répond Sébastien Leclerc, interrogé sur son choix de se lancer dans la capitale augeronne plutôt qu’à Livarot, ville dont il a été le maire de 2008 à 2017. “Mais depuis que je suis député beaucoup me demandent de venir à Lisieux. Ma candidature répond à leur souhait”, dit celui qui représentera donc la droite ‘officielle’ contre un maire sortant qui a pris ses distances avec l’UMP lors du précédent scrutin municipal (Bernard Aubril n’avait pas accepté l’investiture d’Eric Lehéricy). 

La campagne fratricide entre la droite augeronne s’annonce musclée. Sébastien Leclerc estime que l’actuel premier magistrat “a peur du monde économique. Il n’a pas envie d’un développement équilibré et il faut créer des synergies entre les entreprises et les collectivités”. Il dresse un constat sévère d’un centre-ville peu attractif “avec tous ses logements vétustes et inoccupés. C’est là qu’il faut faire revenir les habitants”, tacle celui qui a travaillé dans les assurances puis dans l’immobilier. 

S’il est élu, il remettra le stationnement en zone bleue, augmentera les caméras de vidéo-protection et lancera des activités pour les jeunes : “Pourquoi pas du paint-ball dans les tours d’Hauteville avant leur destruction ? Pourquoi pas une équipe d’e-gamers pour qu’ils soient fiers de représenter leur ville dans un domaine qui leur plaît ?” Le député dit venir avec des propositions innovantes sur tous les thèmes. 

Les candidats se retrouvent parfois côte à côte, comme lors de l'inauguration de l'espace Victor Hugo le 7 février - Radio France
Les candidats se retrouvent parfois côte à côte, comme lors de l'inauguration de l'espace Victor Hugo le 7 février © Radio France - Didier Charpin

Mélissa Lebreton - candidate sans étiquette

Cette Lexovienne qui a grandi à Hauteville connaît bien le conseil municipal. Elle y siège dans les rangs de l’opposition depuis 2008. Passée par le PRG et le PS, elle se dit désormais indépendante de tout parti politique. “Je n’ai d’ailleurs aucun soutien financier contrairement à d’autres candidats. J’ai fait un emprunt pour mener ma campagne”, précise cette femme de 46 ans, pour se décoller l’image de candidate soutenue par LREM qui lui vaut quelques tourments : une manifestation d’opposants à la réforme des retraites le jour de l’inauguration de son local de campagne, puis des tags hostiles à Emmanuel Macron deux semaines plus tard. “Non je ne suis pas la candidate investie ou soutenue par La République en Marche” s’agace-t-elle. 

Mélissa Lebreton préfère clairement parler de son diagnostic sur Lisieux. “J’ai passé le bac en 1991 et on est très peu à être encore là”, observe-t-elle en évoquant le problème local : les jeunes quittent Lisieux pour leurs études supérieures et n’y reviennent pas. Elle a d’ailleurs longtemps travaillé à l’étranger (Niger, Luxembourg, Portugal) avant de rentrer au bercail en 2006. 

Actuellement employée au Rectorat et spécialisée dans les formations professionnelles, elle veut par exemple “créer une école des métiers du numérique” à Lisieux pour doter la ville de formations porteuses sur le marché de l’emploi. 

Bernard Aubril a isolé la ville des chefs d’entreprises. Il n’a pas soutenu certains projets”, critique la candidate, également déterminée à revoir le projet de rénovation urbaine d’Hauteville. “Il faut plus d’accompagnement social auprès de ceux qui y vivent depuis quarante ans”. 

Sylvie Grandin - candidate sans étiquette

Comme Mélissa Lebreton, elle est sortie des partis politiques “parce qu’on doit trop souvent suivre la ligne officielle et pas forcément dire ce qu’on pense”, déplore l’ex-élue UDI au conseil départemental (suppléante d’Eric Lehéricy, elle a siégé un an en 2014/2015). Battue de peu aux cantonales 2015 par Bernard Aubril, elle se lance pour la première fois dans la course à la Mairie

Je suis infirmière libérale. Je vais chez les gens depuis 40 ans, je connais chaque quartier de la ville. Et j’ai longtemps œuvré dans le monde associatif et fait des maraudes”, détaille l’ancienne administratrice nationale de la Croix Rouge. Sensible à la carence de médecins, elle veut “faciliter leurs conditions d’accueil à Lisieux, pour qu’ils aient envie de venir et surtout de rester”. 

Elle veut ainsi multiplier les dispositifs d’aides ciblées “en jouant sur le foncier pour attirer de nouveaux commerçants en ville. Au début leur taxe serait calculée en fonction de leur chiffre d’affaires. Et pourquoi pas préempter aussi les locaux commerciaux que les propriétaires veulent louer à des tarifs prohibitifs ?”. Comme les autres candidats, elle estime que Bernard Aubril “manque de sens économique pour porter sa ville”.

Sylvie Grandin fera valoir ses droits à la retraite une semaine avant le premier tour. Elle affirme avoir les compétences pour embrasser une nouvelle vie à la tête de Lisieux. “J’ai dirigé des équipes de 300 personnes, j’ai eu des formations de management” affirme celle qui a connu une expérience contrariée dans la commune voisine de Beuvilliers. Première adjointe, elle a été démise de sa fonction en 2017 après des tensions avec le maire. 

Pascal Chapelle - candidat EELV 

Pascal Chapelle, c'est  la candidature surprise du scrutin. Sa liste, composée en une semaine,  a été déposée au dernier moment.  Aux cotés des écologistes qui s'étaient engagés dans un premier temps avec la socialiste Clotilde Valter [avant de rompre leur alliance début février ] on trouve des membres du  parti communiste, de la France insoumise,  de Génération.s et des Gilets Jaunes.  Une liste intitulée " _La Gauche écologiste, sociale et citoyenne" .  Pascal Chapelle, qui préfére le qualificatif de porte-parole plutôt que celui de tête de liste, fait évidemment de l'écologie la priorité de son programme. Mais pas seulement. Une écologiste, membre de la liste, explique que la défense du pouvoir d'achat est, par exemple,  un thème de campagne qui rapproche EELV des Gilets Jaunes lexoviens. L'idée d'un RIC (référendum d'initiative citoyenne) à l'échelle locale a d'ailleurs été intégrée au projet. Un programme qui "n'exclut personne" . Il  défend la place des quartiers. Exige un "hôpital  performant"_ et propose la gratuité des transports en commun. 

Six listes seront en lice pour les élections municipales à Lisieux  - Maxppp
Six listes seront en lice pour les élections municipales à Lisieux © Maxppp - maxpp

Six listes sont donc officiellement déclarées à Lisieux pour le premier tour. Combien seront qualifiés pour le second tour ? Lisieux s'est fait une spécialité lors des derniers scrutins (2008, 2014) : des quadrangulaires le deuxième dimanche. Dans les deux cas Bernard Aubril a été largement réélu.

Les municipales 2020 à Lisieux - Radio France
Les municipales 2020 à Lisieux © Radio France - Jade Peychieras
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