Élections

Présidentielle : les candidats et la Corse

Par Hélène Battini, France Bleu RCFM et France Bleu jeudi 20 avril 2017 à 8:55

Affiches de campagne des 11 candidats à l'élection présidentielle 2017
Affiches de campagne des 11 candidats à l'élection présidentielle 2017 © Maxppp - maxppp

J-3 avant le premier tour de l’élection présidentielle. La campagne s'achève ce vendredi à minuit et sur les onze candidats, cinq seulement ont fait le déplacement en Corse. Retour sur les prises de position de chacun à trois jours du scrutin.

La Corse ne fait vraisemblablement plus partie des enjeux forts de l’élection présidentielle comme elle a été par le passé, et notamment en 2002. Des propositions, ont néanmoins été faites. Des propositions, ou plutôt des prises de positions par rapport aux chantiers déjà ouverts ou aux problématiques déjà posées maintes fois.

Les principaux favoris

En premier lieu, la collectivité unique. Si Benoît Hamon et Emmanuel Macron n'entendent pas remettre en cause sa création au 1er janvier 2018, c'est moins clair pour les autres. François Fillon est favorable à une loi spécifique pour la Corse, ce qui pourrait retarder l'avènement de cette collectivité. Marine Le Pen, qui souhaite au plan national supprimer les régions au profit des départements, évoque la création d'un département unique aux contours flous.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, c'est au peuple de décider. Pour lui, l'organisation territoriale n'est pas une priorité. Le candidat de la France Insoumise ne veut pas entendre parler de coofficialité de la langue corse, tout comme Marine Le Pen. Les autres aussi, mais avec des positions plus nuancées. Les candidats socialiste et d'En Marche proposent de ratifier la charte européenne des langues minoritaires , alors que le candidat Les Républicains prône le développement du bilinguisme.

On note également l’opposition franche de ces cinq principaux candidats au statut de résident, anticonstitutionnel selon eux. Une Constitution qu'Emmanuel Macron n'écarte pas de réviser pour y faire une place à la Corse. Idem pour Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon dans le cadre d'une 6ème République qu'ils appellent de leurs vœux.

Rien d'original enfin sur la question des prisonniers. Le rapprochement oui, mais l'amnistie non.

Les "petits" candidats

Un seul de ces six "petits" candidats a fait le déplacement en Corse, Jean Lassalle. Le candidat berger est favorable à la collectivité unique, à la coofficialité, au statut de résident et même à l'amnistie.

La tournée de Jean Lassalle à Ucciani - Radio France
La tournée de Jean Lassalle à Ucciani © Radio France - Thibault Quilichini

Très ouvert aussi, Philippe Poutou, le candidat du NPA, se prononce pour la reconnaissance juridique du peuple corse et son droit imprescriptible à l'autodétermination.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, sans surprise, dit non à la coofficiliaté et au statut de résident, mais se range derrière la collectivité unique, à certaines conditions.

Jacques Cheminade, candidat pour la troisième fois, n'a toujours pas fait escale en Corse, mais, dit-il, s'en préoccupe. Il prône un statut particulier pour la Corse pour donner un contenu à la collectivité unique et donner davantage d'autonomie à la Corse. Sur la même longueur d'ondes, François Asselineau, le candidat du Frexit, défend la nécessité d'un régime spécifique pour l'île.

Enfin, difficile de connaître les positions de Nathalie Arthaud. La rédaction n’a pu joindre la chef de file de Lutte Ouvrière, et sa délégation corse est rattachée à celle de la région PACA... c’est dire.

Vous pourrez entendre les 11 candidats à la présidentielle et leurs propositions pour la Corse dans notre magazine de la rédaction, de 12h10 à 12h30 ce jeudi. Une émission préparée et présentée par Patrick Vinciguerra.