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Régionales : Yannick Neuder plaide pour l'union à droite et au centre face à la confusion de la gauche

Invité de la matinale de ce jeudi 24 juin, Yannick Neuder, vice-président sortant du conseil régional et chef de file en Isère de la liste de Laurent Wauquiez, défend le bilan du président sortant. Il invite les électeurs à renouveler leur soutien lors du second tour, ce dimanche.

Cardiologue – Chef de pôle au CHU de Grenoble, adjoint à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, Président de Bièvre - Isère Communauté, conseiller régional sortant, Yannick Neuder est tête de liste de Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes et il était notre invité ce jeudi matin sur France Bleu Isère. Le président sortant a obtenu dimanche dernier 43,8 % des voix, contre 14,5% pour la liste Europe Ecologie les Verts emmenée par Fabienne Grébert.

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Nicolas Crozel - D'abord, avec 44% au premier tour et à peu près 30 points d’avance sur votre premier concurrent, pour Laurent Wauquiez ça paraît facile. Vous êtes sereins à trois jours du second tour ?

Yannick Neuder - Alors on est sereins mais il faut toujours rester vigilant. Il y a eu beaucoup d’abstention dimanche qu’on peut tous regretter collectivement et qui donnera lieu à des réflexions. Il y a un deuxième tour dimanche, donc moi j’appelle surtout les gens à se mobiliser et à venir voter dimanche.

L’abstention c’est le vrai problème de ce premier tour. Ça concerne tout le monde, mais peut-être un peu plus ceux qui étaient aux manettes. Est-ce qu’on peut se dire qu’ils ont une responsabilité dans cette abstention avec les électeurs qui se sont détournés des urnes ? Est-ce que vous faites un peu de mea culpa ?

Alors je pense qu’il y a probablement une discussion qui est sociétale sur l’usage du numérique. Je pense que la crise sanitaire a renforcé l’usage du numérique où avec quelques clics on peut tout obtenir, notamment pour les nouvelles générations. Donc je pense qu’il y a une réflexion plus globale à venir, quels que soient les scrutins, sur des votes numériques sur plusieurs jours. On voit une fracture avec des gens âgés qui préparent leur bulletin la veille. D'ailleurs on n’a pas reçu les professions de foi, ça pose un véritable problème, si l’Etat n’est pas capable d’organiser correctement un scrutin. Et par ailleurs, il faudra possiblement réfléchir sur des modes de votes numériques, électroniques, sécurisés dans un contexte apaisé. Je crois qu’on est en sortie de crise sanitaire et qu’il y avait beaucoup d’éléments expliquant l'abstention.

Vous dites quand même qu’on est à l’ère du numérique, l’argument des professions de foi dans la boîte aux lettres, ce n'est pas un peu léger ?

En tout cas, c’est un peu léger si effectivement on avait prévu autre chose. Vu que pour l’instant on était restés sur les professions de foi dans la boîte aux lettres, la moindre des choses c’est au moins de permettre à chacun de pouvoir avoir l’information à la veille d’un scrutin. Dans une république démocratique il faut pouvoir permettre à chacun d’avoir l’information pour le scrutin.

Moi j’appelle fortement les électeurs de la droite, du centre, tous ceux qui nous ont fait confiance, au-delà des clivages politiques, sur la bonne gestion de la région par le président Wauquiez. Après, sur la fusion de la gauche, moi je n'appelle pas ça une fusion, j’appelle ça une confusion.

Alors vous avez, je le disais, beaucoup d’avance, mais la gauche s’est réunie dans cet entre-deux-tours. Si on additionne, même si la politique c’est un peu autre chose que des mathématiques, la gauche fait à peu près 32-33 % au premier tour, est-ce qu’il y  a une petite menace quand même, est-ce que vous redoutez cet élan de gauche réunifiée ?

Mais, je l’ai dit, le deuxième tour n’est jamais joué. Donc moi j’appelle fortement les électeurs de la droite, du centre, tous ceux qui nous ont fait confiance, au-delà des clivages politiques, sur la bonne gestion de la région par le président Wauquiez. Après, sur la fusion de la gauche, moi je n'appelle pas ça une fusion, j’appelle ça une confusion. On retrouve en Isère Gabriel Amard, le gendre de Mélenchon, associé au Parti socialiste, associé aux écologistes. Ils n’étaient d’accord sur rien, ça a été une des causes d’échec du mandat de Jean-Jack Queyranne, ancien président PS de la Région Rhône-Alpes. On peut prendre des exemples connus en Isère sur lesquels vous m’avez déjà beaucoup interviewé : le Center Parcs, le Lyon-Turin… Ces gens n’étaient d’accord sur rien et, magie de la politique, en une journée, tout le monde se réconcilie sur un programme. Je pense que tout ça, ce n’est pas crédible, on ne peut pas gérer une région de 8 millions d’habitants sur des accords électoraux de coin de table le dimanche soir. Je crois que surtout ce qu’il faut dire, et c’est notre force, je pense que la région c’est un échelon de proximité extrêmement important. On l’a bien vu dans cette crise sanitaire. Il y avait des décisions difficiles à prendre, qu’on a prises au bon moment avec les campagnes de masques, de tests, la vaccination. 

Le Lyon-Turin, Yannick Neuder, ça permet de vous démarquer ? Parce que Laurent Wauquiez était justement en campagne en Maurienne ces jours-ci ?

Mais bien sûr ! Parce que tout le monde a bien compris la nécessité de pouvoir décarboner notamment la vallée de l’Arve. Et de façon générale, la qualité de l’air est un vrai sujet : les microparticules, ça tue 48 000 personnes annuellement, c’est devenu la troisième cause de mortalité. Le médecin que je suis le connaît par cœur. Par contre, faire croire qu’on va pouvoir mettre quelques camions sur des trains et qu’on va régler le problème, c’est une ineptie. Ça permet de transporter 5 millions de tonnage matériel alors que les enjeux sont à 40 millions, donc le Lyon-Turin il est nécessaire naturellement.

Dernière question, qu’est-ce que vous répondez à ces enseignants de l’IUT de l’Isle-d’Abeau qui s’inquiètent ? Vous étiez vice-président à la recherche et à l’enseignement supérieur. Ce ne sont pas les enseignants qui s’inquiètent, c’est celles et ceux qui voulaient le retour de cet IUT à l’Isle-d’Abeau qui visiblement est reporté, alors que vous aviez annoncé que vous le feriez.

Moi je crois surtout que c’est encore une manœuvre électorale. Moi je suis très content de ce qui a été fait sur l’Isle-d’Abeau.

Donc si vous êtes réélus dimanche, vous le ferez ou pas ?

Mais bien sûr qu’on le fera puisque c’est voté. On a déjà fait 6 millions sur la réparation et la mise aux normes de l’internat du lycée Philibert Delorme. Il y a 6,5 millions qui sont effectivement prévus. Il y a eu des contextes municipaux de votes à la Communauté d’agglomération Porte de l’Isère (CAPI). En plein accord et en lien avec la CAPI, nous allons restructurer ce site qui va accueillir 200 élèves. Ça sera 6,5 millions et puis je voudrais rappeler aussi les quasiment 5 millions que la région vient de mettre sur le nouveau quartier Saint-Hubert dans la politique de réaménagement urbain. Je crois qu’il y a eu d’ailleurs un petit lancement de projet cette semaine et la région finance beaucoup la ville nouvelle et particulièrement l’Isle-d’Abeau. 

Interview retranscrite par Juliette Meulle

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