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1430 renards doivent être abattus en Seine-Maritime, les associations se mobilisent contre l'arrêté du préfet

Un arrêté préfectoral vient d'autoriser l'abattage de 1430 renards en Seine-Maritime d'ici fin 2020. L'animal serait en surpopulation dans le département. Argument contesté par les associations, qui reprochent au préfet d'être passé outre le résultat de la consultation publique.

L'arrêté de la préfecture prévoit l'abattage de 1430 renards en Seine-Maritime d'ici la fin de cette année.
L'arrêté de la préfecture prévoit l'abattage de 1430 renards en Seine-Maritime d'ici la fin de cette année. © Radio France - Bleuette Dupin

Les associations de protection de la faune sauvage n'en reviennent pas de la décision du Préfet de Seine-Maritime. Pierre-André Durand vient d'autoriser l'abattage de 1430 renards dans le département, d'ici la fin de l'année 2020. Les renards ne sont plus classés dans la catégorie des "nuisibles" mais leur population serait trop nombreuse dans le département, et susceptible d'occasionner des dégâts, notamment dans les poulaillers.

Des arguments contestés depuis longtemps par les associations de protection des animaux sauvages, comme l'ASPAS, qui a d'ailleurs choisi le renard comme emblème. Ce qui met en colère les militants de la cause de l'animal, c'est aussi que la préfecture a pris cette décision sans tenir compte du résultat de la consultation publique menée entre le 29 mai et le 19 juin. "Il y avait 2468 avis négatifs, contre seulement 832 avis positifs" indique Marc Giraud, le porte-parole de l'ASPAS, l'association pour la protection des animaux sauvages. Un déni de démocratie également dénoncé par les élus du groupe "Rouen, l'écologie en actes". "La consultation réalisée montre clairement une opposition majoritaire à ce que ces renards puissent être abattus, et le préfet n'en a pas tenu compte" regrette Laura Slimani, adjointe au maire de Rouen en charge de la démocratie participative. 

Marc Giraud, le porte-parole de l'ASPAS, l'association pour la protection des animaux sauvages.

A la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, qui gère le dossier, on précise que la consultation ne sert qu'à éclairer le préfet et qu'elle ne portait que sur les modalités de l'abattage des renards, à savoir les tirs de nuit par les lieutenants de louveterie (des chasseurs placés sous l'autorité du préfet), pas sur l'intérêt de la régulation. "Le débat sur le sujet a été tranché l'an dernier", indique Cyril Teillet, chargé de mission à la DDTM. 

Le renard est classé dans les "espèces susceptibles d'occasionner des dégâts" au moins jusqu'en 2022. A cette date, une nouvelle consultation départementale et nationale sera menée sur la nécessité ou pas d'une régulation de l'espèce. En attendant, le renard reste dans le viseur des autorités, pour plusieurs raisons : une population trop nombreuse, de plus en plus proche des habitations, et qui pourrait transmettre des maladies à l'homme "comme la rage ou l'échinococcose" explique Cyril Teillet.

Cyril Teillet, chargé de mission à la DDTM, la direction départementale des territoires et de la mer.

Arguments retoqués par les défenseurs du Goupil : "Les renards, comme tous les prédateurs s'auto-régulent", rétorque Marc Giraud, "la population s'adapte à la quantité de nourriture disponible et s'il n'y a pas assez à manger, les renards ne se reproduisent pas". Quant aux arguments sanitaires, les associations les balaient d'un revers de manche : "L'échinococcose est une maladie rare et qui se guérit très bien". 

Les associations ont décidé de saisir la justice administrative pour faire annuler cet arrêté. D'autant que cet arrêté ne défend pas l'intérêt collectif, selon Christophe Coret, le président de l'AVES à Rouen, une autre association de protection animale, mais bien les intérêts des chasseurs. "Cet arrêté a été pris à la demande des lieutenants de louveterie pour protéger les lâchers de perdrix grises, donc pour protéger leur gibier" explique Christophe Coret. En effet, la population de perdrix grises est en recul et pour continuer à pratiquer leur loisir, les chasseurs relâchent des perdrix dans la nature qui sont parfois mangées par les renards. 

Christophe Coret, le président de l'AVES à Rouen, une association de protection animale.

Certains de ces arrêtés ont déjà été annulés, comme dans l'Eure ou dans la Somme. Le problème, c'est qu'à chaque fois, la décision du tribunal n'intervient qu'après la campagne de régulation. Les associations ont prévu une manifestation ce vendredi 31 juillet, à 14h30, devant la préfecture de Seine-Maritime, dans l'espoir que le préfet revienne sur sa décision. 

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