Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Algues vertes : élus bretons et agriculteurs demandent davantage de moyens

Des magistrats de la Cour des comptes se sont déplacés mardi à Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor) pour présenter leur rapport d'évaluation des politiques publiques de lutte contre les algues vertes, publié début juillet. Ses conclusions critiques sont largement partagées par les acteurs locaux.

Sur la baie de la Lieue de la Grève, environ 15.000 mètres cubes d'algues vertes seront ramassés cet été.
Sur la baie de la Lieue de la Grève, environ 15.000 mètres cubes d'algues vertes seront ramassés cet été. © Radio France - Nicolas Olivier

Les mesures prises depuis dix ans pour tenter d'enrayer la prolifération des algues vertes en Bretagne n'ont eu qu'un "impact limité", estime la Cour des comptes dans son rapport de 277 pages rendu public le 2 juillet. Des conclusions sévères que la juridiction financière est venue présenter ce mardi à Saint-Michel-en-Grève, village côtier confronté au fléau des marées vertes depuis 1971.

Certes, les échouages ont légèrement diminué ces dernières années sur les huit baies sableuses concernées dans le Finistère et les Côtes-d'Armor, mais la tendance est à la hausse dans les vasières du Morbihan. Le rapport préconise la promotion d'une "agriculture à faibles fuites de nitrates".

Les magistrats des juridictions financières ont échangé avec des élus locaux, des représentants de la Chambre d'agriculture et des responsables d'associations environnementales.
Les magistrats des juridictions financières ont échangé avec des élus locaux, des représentants de la Chambre d'agriculture et des responsables d'associations environnementales. © Radio France - Nicolas Olivier

Il faut une mobilisation de tous les acteurs

ECOUTEZ Sophie Bergogne, présidente de la Chambre régionale des comptes de Bretagne

Des moyens financiers insuffisants

Les objectifs des deux plans de lutte contre les algues vertes (PLAV) initiés par les pouvoirs publics à partir de 2010 étaient "mal définis" notent les magistrats, qui insistent surtout sur la faiblesse des montants investis : 109 millions d'euros en dix ans, une enveloppe qualifiée de "dérisoire" au regard des quelque 500 millions d'euros annuels d'aides de la politique agricole commune (PAC) dans la région. 

Une critique qui met tout le monde d'accord. "109 millions, c'est rien par rapport à l'enjeu, reconnaît le président de Lannion Trégor Communauté, Joël Le Jeune. Si on veut changer la façon de travailler de l'agriculture en général et la façon de produire, il faudra mettre effectivement beaucoup d'argent."

Des aides directes pour les agriculteurs ?

Les représentants du monde agricole sont sur la même ligne. Edwige Kerboriou, éleveuse à Plouzélambre et vice-présidente de la Chambre régionale d'agriculture en charge du dossier algues vertes, avoue partager la plupart des constats de la Cour des comptes. Et insiste sur les efforts déjà mis en œuvre par les exploitants pour réduire l'utilisation de nitrates : "80% d'agriculteurs qui se mobilisent, qui sont d'accord d'évoluer dans leur pratique, ce n'est pas rien. Mais s'il faut aller plus loin, il faudra des aides directes. Si on veut des résultats, il faut mettre les moyens en face."

Outre l'absence d'implication de la filière agroalimentaire, le rapport épingle aussi le manque de contrôles des exploitations et l'absence de leviers incitatifs au changement de pratique agricole. Dans ses conclusions, la Cour des comptes appelle à "poursuivre, renforcer et étendre les actions menées", tout en rappelant que le temps de réaction des bassins versants est long : il faut cinq à huit ans pour mesurer les effets des politiques. Les algues vertes ne sont donc pas près de disparaître du paysage. Cela fait cinquante ans qu'elles empoisonnent nos côtes, mais comme l'a souligné lundi Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne, "la bataille n'est pas gagnée".

Choix de la station

À venir dansDanssecondess