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Dossier : L'ancien projet Center Parcs à Roybon

Après l'annonce de l'abandon du projet de Center Parcs, les Roybonais, entre résignation et colère

Jeudi matin, les 1200 habitants de Roybon (Isère) ont appris que Pierre et Vacances renonçait à son projet de Center Parcs, lancé en 2007. Près de la statue de la Liberté en miniature -une curiosité- autour de laquelle sont rassemblés les quelques commerces encore ouverts, on ne parlait que de cela.

Roybon, 1200 habitants, n'aura pas son Center Parcs
Roybon, 1200 habitants, n'aura pas son Center Parcs © Radio France - Véronique Pueyo

Roybon, entre colère et résignation ! Ce jeudi matin, en se réveillant, les 1200 habitants de Roybon (Isère), dans les Chambarans, ont donc appris que Pierre et Vacances abandonnait son projet de Center Parcs, lancé en 2007. Le groupe, qui avait acheté 200 hectares pour y construire mille cottages, pouvant accueillir plus de 5000 vacanciers, ainsi qu'une bulle aquatique tropicale, avait promis de créer 700 emplois. Une aubaine pour un village qui se meurt, où les commerces sont presque tous fermés et où de nombreuses maisons sont à vendre.

Nathalie est triste pour son village
Nathalie est triste pour son village © Radio France - Véronique Pueyo

Entre fatalisme et colère

Seulement voilà, les opposants au projet, qu'ils jugeaient trop destructeur pour la nature et la nappe phréatique, se sont battus devant les tribunaux durant 13 ans et Pierre et Vacances a choisi de jeter l’éponge.  D’où la tristesse de Nathalie, cette habitante qui est née et qui vit a Roybon. Elle est fataliste : "J'aime mon village. Je ne veux pas qu'il dépérisse. Comment rayer d'un trait de plume 700 emplois, quand on connait le niveau du chômage en France. Ce qui m'agace aussi, c'est que ce ne sont pas des Roybonais qui se sont opposés au projet, mais des gens qui ne vivent pas ici. Après, cela faisait 13 ans que çà durait. On s'attendait un peu que ca capote !"

Curiosité de Roybon, une statue de la Liberté en miniature
Curiosité de Roybon, une statue de la Liberté en miniature © Radio France - Véronique Pueyo

L’épicier de Roybon est, lui aussi, en colère : "C'est un _désastre pour notre commune_. Cela aurait drainé des touristes, cela aurait donné du travail à plein de gens ! Je ne comprends pas."  Son collègue, qui tient le tabac-presse renchérit : "Maintenant, c'est tout passé écolo. Donc, fallait s'y attendre. On va essayer de faire comme avant, sans Center Parcs."

De nombreux commerces ont fermé leurs portes, comme cette ancienne boucherie
De nombreux commerces ont fermé leurs portes, comme cette ancienne boucherie © Radio France - Véronique Pueyo

Pour certains, le projet devait être abandonné

En revanche, cet habitant se réjouit de l'abandon du Center Parcs, un projet touristique, selon lui, d'un autre âge. "Il y a d'autres moyens pour redynamiser les petits villages de campagne, que d'abîmer la nature. Il faut faire revenir les jeunes, pour qu'ils créent de la richesse et pas faire venir des touristes, qui ne font que passer, sans se préoccuper de l'impact écologique que cela implique."

Une vieille pancarte, du temps où Roybon rêvait encore de son Center Parcs
Une vieille pancarte, du temps où Roybon rêvait encore de son Center Parcs © Radio France - Véronique Pueyo

Ce cycliste ne veut pas trop le crier sur les toits : "Mais je suis content que cela ne sa fasse pas. Je peux comprendre les habitants, mais moi, je préfère préserver la biodiversité. Je ne veux pas trop le dire car je sais quand dans le village, je suis en minorité."

Evacuer la ZAD, une priorité pour le maire de Roybon

Le maire Serge Perraud, dont c'est le deuxième mandat, est amer. Mais il s'y attendait : "quand il y a un an, la loi sur les zones humides a changé, j'ai su que c’était fichu" dit-il. Aujourd'hui, il demande au Préfet de l'Isère de faire évacuer au plus vite la ZAD, la Zone à Défendre, installée dans trois maisons forestières, appartenant à l'Etat et où vivent depuis six ans une vingtaine d'opposants. "C'est la priorité. et c'est une question sanitaire. C'est sale, il y a plein de carcasses de voitures, tout un tas de bazar. En plus, ils vivent avec des chiens qui sont malades et qui contaminent les autres. Tout cela n'a que trop duré. On a été patient, mais maintenant faut que ca s'arrête, puisqu'il n'y a plus de Center Parcs, ils doivent partir."

Une des entrées de la ZAD
Une des entrées de la ZAD © Radio France - Véronique Pueyo

Le dindon de la farce

La mairie de Roybon veut maintenant regarder vers l'avenir qui ne se construira pas autour du Center Parcs. Elle va être labellisée station verte dans les semaines à venir et espère ainsi faire attirer des touristes. Mais il a tiré la leçon de cette aventure malheureuse : "Je me sens un peu comme le dindon de la farce. Pour moi, on a attiré toutes les oppositions au concept de Center Parcs sur Roybon. Tout s'est cristallisé là et pendant ce temps, on en ouvrait un dans la Vienne chez l'ancien ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, un autre à Paris, ou un prochainement dans le Lot-et-Garonne."

Le maire de Roybon, Serge Péraud, est amer, mais veut relancer son village, malgré tout
Le maire de Roybon, Serge Péraud, est amer, mais veut relancer son village, malgré tout © Radio France - Véronique Pueyo
Le non au Center Parcs l'a donc emporté
Le non au Center Parcs l'a donc emporté © Radio France - Véronique Pueyo

Les zadistes prépareraient un rassemblement pour fêter leur victoire

Sur le site de la Marquise, les quelques zadistes présents éconduisent les journalistes, venus recueillir leur réaction. Mais un rassemblement serait en préparation pour fêter ce qu'ils considèrent comme leur victoire. Une victoire qu'ils partagent avec les associations de défense de la nature qui ont multiplié les recours devant la justice, pendant 13 ans. Comme l'association Pour des Chambarans sans Center Parcs : "Franchement, on ne s'attendait pas à ce que Pierre et Vacances laisse tomber l'affaire. On se préparait à d'autres combats. Mais c'est une très bonne nouvelle !" s'enthousiasme Stéphane Peron, membre de l'association.

Ecoutez le reportage à Roybon après l'annonce de l'abandon du projet

Quant aux 200 hectares, propriété de Pierre et Vacances, que vont-ils devenir ? Il est encore trop tôt pour le savoir. Aucun des acteurs concernés, en tous cas, ne veut en parler pour l'instant.

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