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Après la pollution du canal de l'Escaut, les Belges reprochent à la France un manque de transparence

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Après la pollution du canal de l'Escaut, le 9 avril dernier, qui a entraîné la mort de plusieurs tonnes de poissons, la Belgique accuse la France d'avoir tardé à transmettre les informations. En France, le parquet de Cambrai enquête, et les écologistes réclament la transparence.

Des tonnes de poissons ont été asphyxiés par la matière organique qui s'est déversée dans le canal de l'Escaut. La pollution s'est propagée jusqu'aux Pays-Bas. Des tonnes de poissons ont été asphyxiés par la matière organique qui s'est déversée dans le canal de l'Escaut. La pollution s'est propagée jusqu'aux Pays-Bas.
Des tonnes de poissons ont été asphyxiés par la matière organique qui s'est déversée dans le canal de l'Escaut. La pollution s'est propagée jusqu'aux Pays-Bas. - Capture d'écran Facebook Fédération du Nord pour la pêche

Presque trois semaines après la fuite sur un bassin de stockage d’eau de lavage de betteraves à Thun-Saint-Martin, près de Cambrai, nos voisins belges sont en colère contre les autorités françaises. Le 9 avril, 100 000 mètres cubes d’eau noire, chargée de matière organique, se sont répandus depuis l’usine sucrière Téréos d’Escaudœuvres

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Des tonnes de poissons sont morts asphyxiés dans le canal de l’Escaut. La pire pollution dans le Nord depuis 20 ans selon certains observateurs sur place, qualifiée de marée noire par les médias belges. Car la pollution ne s’est pas arrêtée à la frontière, elle a touché 36 km de canal de l'autre côté

Silence radio du côte de la France

La région wallonne reproche aux autorités françaises d’avoir tardé à transmettre l’information : selon Nicolas Yernaux, son porte-parole, elle n'a été transmise que le 20 avril, une dizaine de jours après l’incident : "on entend faire la lumière sur ce qui s'est passé, car ni la Wallonie, ni la Flandre, ni les Pays-Bas n'ont été prévenus par la France. C'est extrêmement dommageable. De notre côté, on a immédiatement prévenu nos homologues flamands, qui ont réussi à sauver 90 à 95% des poissons. C'est bien la preuve que ces processus d'alerte sont pertinents. C'est silence radio du côté de la France. Avoir des explications serait la moindre des corrections".

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Des amendes jusqu'à un million d'euros

Les derniers relevés côté belge ont montré que le taux d’oxygénation du canal de l’Escaut était quasiment revenu, aujourd'hui, au niveau d’avant l’incident. Mais cela ne veut pas dire que la pollution est terminée, et que la colère est apaisée : "il n'y a pas d'euphémisme, c'est une catastrophe écologique. C'est le principe du pollueur-payeur qui s'applique dans ces cas-là. Il y a, à tout le moins, une négligence en terme de gestion des déchets. Des PV seront dressés à notre échelle. Rien que du côté wallon, ce sont des amendes qui peuvent aller jusqu'à un million d'euros".

Enquête ouverte

Dans le viseur, Téréos, donc, qui transforme la betterave en sucre. Dans un communiqué , l’entreprise estime qu’il est encore "trop tôt" pour faire le lien entre la rupture du bassin et la pollution. Le parquet de Cambrai a ouvert une enquête, des prélèvements ont été effectués sur place. 

Thomas Frémond, membre du bureau régional d’Europe Ecologie les Verts, futur conseiller municipal à Escaudœuvres où il a été élu le mois dernier, prévient qu’il sera vigilant : "on en appelle à la transparence. L'idée n'est pas d'incriminer des gens, mais que l'enquête ait lieu, que des analyses soient faites, pour déterminer s'il y a eu des négligences. Ensuite, quelles substances il y avait dans le bassin de décantation, pour savoir quels impacts à long terme il peut y avoir sur les écosystèmes de l'Escaut". Les écologistes craignent notamment une prolifération des algues vertes dans le canal.

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