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Environnement
Dossier : Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen

Après Lubrizol, le futur méthaniseur de Prey inquiète les riverains

Le futur méthaniseur de Prey présente-t-il un risque pour l'environnement et pour la santé des riverains ? Les porteurs du projet PN Biogaz affirment que toutes les précautions sont prises mais une association demande l'abandon de l'unité de méthanisation.

Le futur méthaniseur de Prey est "une catastrophe écologique" estime Stéphane Bruneaux, le président de l'association NAMAP
Le futur méthaniseur de Prey est "une catastrophe écologique" estime Stéphane Bruneaux, le président de l'association NAMAP © Radio France - Laurent Philippot

Prey, France

Le permis de construire a déjà été accordé, la consultation publique s'est achevée dimanche 6 octobre et "on espère que le préfet va s'opposer au projet, en raison des nuisances, du risque d'explosion et des risques sanitaires et bactériologiques tout autour du village" explique Stéphane Bruneaux. Dans le collimateur du président de l'association NAMAP (Non À la Méthanisation À Prey), le futur méthaniseur dont les travaux devraient débuter courant 2020 pour une entrée en service au printemps 2021.  Sur un tract de l'association, une liste de symboles chimiques NH3, N2, H2S (ammoniac, azote, hydrogène sulfuré) :  "Il y aura production de ces gaz-là" reconnaît Damien Auclaire, un des trois agriculteurs porteurs du projet, mais "c'est très contrôlé et loin de tout" justifie-t-il. Pour l'agriculteur, également vice-président de la FNSEA27, aucune comparaison possible avec Lubrizol, usine classée SEVESO seuil haut et leur projet, en termes de produits ou de volumes stockés. "On sera installé sous les vents dominants" avance Damien Auclaire "on est dans un endroit où aucune population ne sera concernée par une fuite de gaz ou des fumées". Le président de l'association dénonce lui une trop grande proximité " 250 mètres" avec la zone industrielle et les premières habitations, dont celle du maire de Prey, opposé au projet. Le conseil municipal rendra son avis ce jeudi sur l'installation de l'unité de méthanisation. 

On peut se faire peur de tout. En démarrant sa voiture, on peut aussi avoir des émanations de gaz" - Damien Auclaire, agriculteur

Dans le village, à chaque carrefour ou presque, des pancartes comme celle-ci expriment leur hostilité au projet de méthaniseur - Radio France
Dans le village, à chaque carrefour ou presque, des pancartes comme celle-ci expriment leur hostilité au projet de méthaniseur © Radio France - Laurent Philippot

Quelle sécurité en cas de fuite de gaz ou d'explosion ? 

La capacité du méthaniseur doit permettre de produire 4000 mètres cube de gaz,_"_un des plus gros méthaniseurs de France implanté à côté d'un village de 900 habitants" s'emporte Stéphane Bruneaux. Le président de l'association l'affirme "ce genre d'installation représente un risque énorme en cas de fuite de gaz" et d'avancer que "la moindre petite fuite va représenter une catastrophe écologique au niveau des gaz à effet de serre". Pour assurer la sûreté de l'installation, les agriculteurs ont prévu des capteurs de fuite. Un prestataire est prévu mais "il est situé à plus de 300 kilomètres de Prey, à au moins cinq heures de route" peste Stéphane Bruneaux. "Un problème de maillage" lui rétorque Damien Auclaire, "plus il y aura de méthaniseurs, plus les prestataires seront prêts à délocaliser un service après-vente dans la région, en Normandie" et selon Damien Auclaire, "il n'y a pas de nécessité d'avoir une surveillance sur site en permanence"

Dans le Lot-et-Garonne, un méthaniseur a pris feu, ils ont mis plus d'une semaine pour l'éteindre" - Stéphane Bruneaux, président de la NAMAP

"Il n'y a pas de risque d'explosion, car il n'y a pas de stockage sur place", estime Damien Auclaire, le biogaz étant injecté directement dans le réseau gazier : "il y a des éléments de sécurité sur le site, une torchère qui n'est pas là pour brûler, mais qui est là pour quand la capacité de stockage de méthane est atteinte, on rebrûle du gaz en CO2, qui est un gaz à moins d'effet de serre que du méthane". Actuellement, Il n'y a pas de point d'eau à proximité de l'unité, un réservoir devra donc être créé, "il est estimé à pouvoir être utilisé pendant deux heures" trop peu pour le président de la NAMAP qui s'interroge aussi sur la capacité des pompiers à prendre en charge un tel incendie. 

"Il y a des astreintes, des alarmes téléphoniques, tout est automatisé " - Damien Auclaire, agriculteur

Du bout des lèvres, le porteur du projet reconnaît "ça peut brûler, mais on est dans un périmètre suffisamment loin de tout risque pour la population". D'ailleurs, suite à l'étude de dangerosité et les interrogations de la NAMAP, l'installation de l'unité de méthanisation a été reculée de deux cents mètres par rapport au projet initial. 

Objectif 1000 méthaniseurs en France

"Notre projet s'inscrit dans une attente sociétale de transition écologique et énergétique" avance Damien Auclaire, "un atout pour décarboner l'économie française" selon le ministère de la Transition écologique et solidaire. Le président de la NAMAP n'est pas convaincu par l'argument : "on dit que c'est du biogaz, en fait c'est une catastrophe écologique" et d'avancer l'appauvrissement des sols, les nuisances sonores et olfactives ainsi qu'un ballet incessant de camions. "Le dossier laisse la porte ouverte aux sous-produits animaux et aux déchets organiques" croit savoir Stéphane Bruneaux. Faux lui répond Damien Auclaire, "il y a un certain nombre de méthaniseurs qui fonctionnent avec des effluents d'élevage ou des déchets de l'industrie agro-alimentaire, ce n'est pas notre cas". Pas de lisier ou de fumier à Prey," le méthaniseur fonctionnera à partir de déchets végétaux qu'on cultivera en inter-cultures sur nos exploitations (300 hectares environ)" précise l'agriculteur, et aussi à partir de pulpe de betterave, très cultivée sur le plateau de Saint-André. Le plan "Énergie Méthanisation Autonomie Azote" lancé en 2013 par Stéphane Le Foll et Delphine Batho, prévoit 1000 méthaniseurs à la ferme d'ici 2020

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