Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Changements climatiques : les secrets de Rombas pour conserver ses 4 fleurs

-
Par , France Bleu Lorraine Nord

Avec les aléas climatiques, les communes doivent déployer des trésors d'imagination pour maintenir des espaces verts impeccables. Exemple à Rombas, commune de 10.000 habitants, qui s'en sort remarquablement, sans avoir les moyens d'une grande ville comme Metz.

Rombas possède 4 fleurs, sans discontinuer, depuis 1999.
Rombas possède 4 fleurs, sans discontinuer, depuis 1999. © Radio France - Julie Seniura

On l'a tous constaté : le climat est bouleversé. Moins d'hivers rudes en Lorraine, et davantage d'épisodes de canicule et de sécheresse en été. Ca a des conséquences pour les communes,  qui doivent s'adapter pour maintenir leurs espaces verts attrayants. Rombas, un peu moins de 10.000 habitants, tire son épingle du jeu : cette ancienne ville sidérurgique - son dernier  haut fourneau a été démoli en 2001 - est pourtant l'une des rares à afficher ses quatre fleurs au concours des Villes et villages fleuris de France ! Il n'y en a que 265 sur tout  le territoire. Alors quels sont ses secrets ? 

Nouvelles habitudes, nouveaux rythmes de travail

D'abord, il a fallu changer les habitudes, au sein du service Espaces Verts, qui compte une douzaine de personnes. Régis Perrin, son responsable, en témoigne : "On a adapté nos horaires d'arrosage, avant 8h le matin et après 20h le soir." Et ce même quand il n'y a pas d'arrêté préfectoral lors des épisodes de sécheresse. "Si on arrose en journée, la moitié de l'eau s'évapore". L'eau est prélevée dans le plan d'eau de la commune, le Fond Saint-Martin, plutôt que sur le réseau d'eau. 

Tout est pensé en amont, anticipé : "Il faut bien enrichir sa terre au départ. Une plante qui est bien nourrie passera mieux l'été, elle aura des réserves plus importantes." Il ne faut donc pas hésiter à apporter de l'amendement, du compost, des engrais naturels qui vont enrichir la terre et apporter tout ce dont les plantes ont besoin pour bien se développer.

Autre point essentiel, le paillage : les déchets verts (branches, arbustes, tonte de pelouse) sont broyés et répandus au sol. Il a un triple avantage : il limite les mauvaises herbes, il permet de conserver l'humidité de la terre et donc d'espacer les arrosages, et il permet aussi de réutiliser les déchets verts qui partent normalement à la déchetterie. "On paille énormément, systématiquement. Ca n'est plus possible, aujourd'hui, d'avoir des massifs de plantes vivaces sans paillage. A Rombas, on produit entre 300 et 400 tonnes de paillage par an. Et ça nous suffit tout juste !". Régis Perrin conseille d'ailleurs aux particuliers amateurs de jardinage de s'équiper d'un petit broyeur : "c'est un bon investissement".

Il faut aussi privilégier la pleine terre, plutôt que les jardinières, les petits pots : la terre s'assèche beaucoup plus vite. Si on n'a pas de jardin mais qu'on souhaite verdir son balcon ou sa terrasse, mieux vaut opter pour de grands contenants.

Variétés méridionales

Le climat impose aussi de se tourner vers d'autres variétés de plantes. Moins d'annuelles, qui nécessitent beaucoup d'eau et de soins, pour préférer les plantes vivaces, qui résistent mieux aux variations de températures. Des graminées aussi : "Les graminées, elles sont intéressantes pour les volumes : au printemps, vous avez de grands feuillages, puis en été de grands épis qui montent, parfois jusqu'à 2 mètres !".

Et on trouve même, à Rombas, des plantes beaucoup plus méridionales. "On a fait l'acquisition de deux oliviers, qui viennent du Portugal. On a commencé à mettre des lauriers roses, des choses qu'on ne voyait pas avant. J'ai _des lauriers roses, en ville, qui ont passé trois hivers en pleine terre ! Avant, c'était impensable_. Mais attention : un hiver fort et puissant pourrait tout laminer." Le risque est toujours là dans nos contrées lorraines.

Privilégier les plantes vivaces, les graminées, plutôt que les annuelles.
Privilégier les plantes vivaces, les graminées, plutôt que les annuelles. © Radio France - Julie Seniura

Vingt ans de récompense

Rombas est fière de ses 4 fleurs, détenues depuis 1999. Ca passe aussi par l'installation de ruches, des fauchages tardifs... L'abandon total des produits phytosanitaires, aussi, il y a trois ans : les mauvaises herbes, sur les 40 km de routes et les 80 km de trottoirs de la ville, sont arrachées ou brûlées. Le débroussaillage est réalisé deux à trois fois par an. "Nos outils ? Pioche et huile de coude ! Une mauvaise herbe, ce n'est pas sale, il faut changer de regard, l'accepter aussi."

Avec plus de 1.100 communes "4 fleurs", le Grand-Est est la région la mieux représentée au concours des Villes et villages fleuris de France.

Rombas arbore ses 4 fleurs depuis 1999.
Rombas arbore ses 4 fleurs depuis 1999. © Radio France - Julie Seniura
Choix de la station

À venir dansDanssecondess